Lexicologie du Joggeur Qui Râle

Les maux du Running 2.0


B comme ...

Barbe : ustensile capillaire du trailer baroudeur. Ou comment s’acheter une épaisseur par le poil.


Bâtons : matériel de l’ultra-trailer de montagne à fort D+ et pentes abruptes. Usurpés par le trailer urbain en quête de supplément d’âme.


Bobologie : le runner 2.0 court mal, aussi il a bobo ici et bobo là. Pour se rassurer il aime donc se selfie-pied avec indication de la zone bobologique afin de quérir sur les réseaux sociaux du running quelques informations nécessairement optimistes (un biais cognitif lui permet de ne pas voir les messages raisonnables). (Voir doctissimo, selfie-pied).


Bref : repère d’histrioniques, de névrosés et de pseudo-trailers très au fait d’eux-mêmes.


C comme ...

CamelBak : matériel utile pour les ultra-traileurs et abusivement accaparé par les amateurs de course nature 12km-150 D+.


Censure : le runner 2.0 revendique la Liberté mais est dénué d’auto-dérision. De cette lutte endogène naît un goût de la censure anonymisée et de la délation. Certains modérateurs de réseaux sociaux du running sont spécialisés dans cet art.


Chicane mobile : runner obstacle qui usurpe une place avec les meilleurs au départ d’une course et qui se mue dès lors en véritable danger en forme de plot sur jambes. Mériterait un bannissement pour 5 ans.


Code (promo) : le runner mué en icône aime vendre son image au service des marques (qui veulent bien de lui). Pour feindre d’octroyer des priviléges à sa communauté, il balance régulièrement des codes promos à ses followers. Attention, bien lire les «conditions».


Color (run) : enième concept de running où les participants se font barioler de poudres colorées sous un déluge de mauvaise musique volume maximum et en se traînant sur un parcours de 5km facturés outrageusement. Parfois sponsorisée par macdo et servant la lutte contre la diabète des enfants.


Course à pied : il s’agit du sport, de la pratique pure, déliée de l’enfer running 2.0


Cross-country : Course à pied hivernale se déroulant dans les labours et faisant appel aux qualités fondamentales du coureur à pied (mental, combativité, rate, relance …). C’est l’anti-running 2.0 (ravito symbolique, pas de t-shirt, de médaille ni de goddies).


D comme ...

Déclin (cognitif) : L’idiot est-il venu au running, ou le running fabrique-t-il de l’idiot ? Manichéenne, la question appelle salutairement la subtilité. Le running et son univers egotripé ne nivelle assurément pas vers le haut. Le déclin cognitif autorise le consumérisme, le matérialisme, la paresse, la triche et les petits arrangements avec la réalité. Le running 2.0 n’existerait en tout cas pas sans ce déclin.


Déguisement : le runner 2.0, pour attirer l’attention à lui autrement que par la performance, aime se déguiser. Souvent malaisant et peu drôle hélas. Mais le coté festif de la démarche empêche, par humanité élémentaire, de leur dire. Un volontaire ?


Doctissimo : les réseaux sociaux du running se sont mués en un énorme forum de spécialiste et de médecins du sport compétents œuvrant bénévolement entre deux selfies. Diagnostic on line et consultations gratuites 24/24 7/7. Le Bac+8 décline toute responsabilité.


E comme ...

Écologie : bagage à pathos du runner/trailer 2.0, la sensiblerie écologique lato sensu est une arnaque bienpensante pour cajoler la bonne conscience. Le runner n’hésitera jamais à carboniser du kérosène pour satisfaire son « moi je » vais courir sous le soleil selfie à l’appui onglet partage sur Facebook. Faire chier les animaux la nuit avec sa frontale au nom d’un impérieux besoin de faire corps avec Gaïa etc etc etc. Le runner est un piège à loup pour la faune.


Ego : Le runner 2.0 a trouvé dans le running (plus salutairement dans la course à pied) une façon d’exister et d’étaler cette existence aux autres via les réseaux sociaux. Le runner 2.0 exige une validation auprès d’une foule abstraire par la reconnaissance factice numérique. L’Ego est vorace et pousse le runner à casser la pudeur et la dignité pour se nourrir. Le runner 2.0 victime de l’emprise de l’Ego est souvent un névrosé en puissance. (voir reconnaissance, névrosé).


Égrégore : esprit de groupe, ici running 2.0 alimenté par la convergence des pathos indigents de la runningosphère. Visiblement, cet esprit est malin tant il tend à abrutir la masse vulgarisée. (voir runningosphère, déclin cognitif).


Émotions : matière première du pathos du runner 2.0. En faire trop pour susciter l’empathie dévoyée et récolté un max de pouces bleus. L’impudeur catalyse le processus.


F comme ...

Finisher : Diplôme de courage et brevet d’honneur du marathonien initialement, du coureur longue distance ensuite puis de n’importe quel runner 2.0 ayant le mérite méritocratique d’achever son parcours y compris hors délais ! (voir marathon).


Frontale : lumière subjective pour courir la nuit et accessoirement aller emmerder la faune la nuit quand elle a pourtant vocation à retrouver son écrin débarrassé de cette pourriture d’être humain.


G comme ...

GPS : gadget hors de prix pour ce que le runner 2.0 peut en tirer de données. Le runner 2.0, surtout revendiquant le « run for fun » ne peut sortir sans. Une sortie sans GPS ne compte pas.


H comme ...

Hashtag : extrait de pensée creuse résumée en un mot afin de fondre son néant instantanée dans le tout des néants différés. Le runner 2.0 étant instable et non synthétique (bien qu’il soit une synthèse), il aime joindre à son selfie une cascade de hashtags afin de glaner de la reconnaissance numérique factice (voir reconnaissance).


Histrionisme : trouble de la personnalité pathologique poussant la personne sous son empire à attirer l’attention à elle, en sexualisant si possible le propos, en montrant aisément son cul, en changeant d’humeur quand le débat ne tourne pas (assez) autour d’elle … selon les critères du DSM-V (voir Bref),


I comme ...

Icône : personnage du sport ralliant la foule des followers, admirateurs et consommateurs de dérivés (voir Martine, Kilian Jornet)


Influenceur / influenceuse : le créneau est féminisé. L’art de montrer son cul entre deux « performances » sportives en forme de niche et bien scriptées afin de vendre de la camelote et de la poudre de perlimpimpim. Synonyme : homme-sandiwch. (voir Code promo & Martine).


K comme ...

Kilian Jornet : l’idole ultime des trailers 2.0 qui manie la communication numérique avec pragmatisme. Le moindre article le concernant indigent autorise le buzz. Le Martine (talentueux) de l’Ultra.


K-Tape : Bandelette aux couleurs souvent funky pour la jouer élite diminuée pendant une course saucisson.


L comme ...

Lecture : Born ton run et autres niaiseries poussant le runner 2,0 à … borner pour épater la gallerie et finir en TFL ! (voir TFL).

Licorne: Créature légendaire dont la corne unique est sciée par des runners 2.0 afin de faire les sympas en vidéo sur les réseaux sociaux. La Licorne à serre-tête de carnaval ne finit pas toujours ses courses et s'affichent dans la colonne des disqualifiés.


M comme ...

Marathon : le Graal du runner 2.0, le rituel initiatique pour entrer dans la communauté des finishers. Quitte à y mettre 6h ou plus. Le runner 2.0 est prêt pour ce faire à débourser des euros.


Marques : facteur identitaire pour le runner en crise de consumérisme aiguë. Le runner est en perpétuelle recherche de chaussures qui vont vire lol


Martine : icône et influenceuse des réseaux sociaux brassant énormément de vent et s’étant assise sur la dignité et la pudeur. Martine, en réalité, Marine, ou Anne ou Géraldine, nous narre ses aventures quotidiennes avec frénésie, le vide comblant le néant d’une communauté conquise d’avance. Ramollie, cette communauté achètera la camelote via code promo savamment distillée.


Matériel : initialement vendue comme activité peu onéreuse, la course à pied s’est faite running. Le running postule quant à lui un matériel exhaustif pour la moindre sortie insignifiante qu’il conviendra d’étaler par matérialisme décomplexé. Le running est un défilé d’avoir.


Médaille : l’élu corrompu à sa légion d’honneur. Le runner 2.0 corrupteur du bon sens a sa médaille. Astuce : le porter le lendemain de son « achat » au bureau pour intriguer (ou pas) le service comptabilité. Se revend sur leboncoin.


Minimalisme : contre-pied du runner/trailer 2.0 en réaction au consumérisme. En réalité arnaque ostensible et onéreuse, astuce de l’Ego pour sur-exister et se démarquer des manœuvres normalisées. (voir reconnaissance).


N comme ...

Narcisse : Narcisse est le runner pathologique ayant abandonné le manche à l’Ego.

No Pain No Gain: philosophie du runner en quête provisoire de motivation entre deux eructations de "run pour le plaisir". Mène généralement à la blessure.

Natation : pratique alternative du runner 2.0 pour parfaire sa piètre condition et prendre des selfies en petite tenue (voir Histrionisme).


Névrose : état pathologique du runner 2.0 ne trouvant plus dans son grand déballage la matière pour combler son vide existentiel. D’où des manœuvres délirantes et une sensiblerie maladive et malaisante y compris pour la runningosphère.


P comme ...

Pathos : déclinaison littéraire du néant communicationnel du runner 2.0 en recherche de reconnaissance. Effet barnum et niaiserie de rigueur. Le propos s’habille de dénominateur très commun et superficiel (voir reconnaissance, superficiel). Le runner aime verser dans le slogan #nopainnogain qui interdit l’abandon ! Le chantage affectif et émotionnel est l’antichambre de la névrose du runner 2.0.



Presse : chaque mois, le runner 2.0 s’achète du boost dans une presse spécialisée indigente. Plan training, publicités et les recettes miracles au goût de déjà vues.


R comme ...

Reconnaissance : ce après quoi court le runner 2.0. Une reconnaissance via les réseaux sociaux et pour laquelle il renonce bien souvent à la pudeur et à la dignité (chantage émotionnel, utiliser ses gosses, afficher ses larmes …). Le selfie est l’outil privilégié de capture de reconnaissance factice numérique et croisée qui consiste à se « liker » mutuellement sans apprécier la matière sous-jacente. Du Ponzi émotionnel.


Running : nom donné à la course à pied vulgarisée et ...vulgaire. Anglicisme. La nomenclature fédéral a validé l’appellation, entérinant le constat de nivellement vers le bas.


Runningosphère : le petit monde des acteurs du running 2.0, entretenant l’esprit running et l’égrégore de l’effondrement du niveau de performance et cognitif.(voir déclin cognitif, running).


S comme ...

Sas : position sur la zone de départ d’une course en rapport avec le chrono potentiel du jour très utile pour éviter les cohues et les chicanes mobiles. (voir chicane mobile).


Superficiel : le runner 2.0 en crise ne se « prend pas la tête » et se contente de niaiserie et de contenu creux et vide. L’hédonisme du runner 2.0 qui justifie sa lenteur et son pathos.


Selfie : instantanée graphique de « moi je » à partager avec une abstraction afin de glaner de la reconnaissance à partir de rien. Un must do du runner 2.0 pour mieux décliner pathos et #Hashtags.


Selfie-pied : photographie de pied à poster sur les réseaux sociaux du running afin de se faire mousser et solliciter les bac+8 bénévole sans titre pour guérir plus vite (en pleine préparation marathon dans 15j).


Story : média de communication en temps réel / frénétique qui permet de gaver sa « communauté » de dociles #Followers de contenu vide et aliénant.


T comme ...

Talon : arme de destruction massive pour les genoux boudinés du runner à l’écoute que de lui-même et du pathos à #hashtags qui va avec. A l’opposé, le dogmatique de l’avant-pied érudit mais qui ne pratique pas.


Tatoo : symbole de l’Avoir dans l’Etre, soit l’aliénation absolue promue comme acte émancipateur.


Trail : courir dans la nature pour se revendiquer « humain » en symbiose avec le Tout. En général, le trailer finit par faire des selfies de son cul en reléguant la nature qu’il singe vénérer en arrière plan.


Triathlon : refuge utile pour certains runners en rupture de progrès et de performance afin de consommer de nouveaux produits ostensibles et onéreux. Succès garanti en selfie-vélo. De nouvelles blessures, de nouvelles chutes. Une nouvelle perspective bobologique et pathos-logique.


TFL : Tenseur du fascia Lata ou syndrome de l’essui-glace. Grosso modo, s’agissant du running dit 2,0, c’est la blessure du mec en quête de selfie et de reconnaissance factice numérique qui court mal et trop. L’addition est parfois salée. Dommage.


U comme ...

Ultra : la méthode la plus «écologique» en terme d’ego de noyer la qualité dans la quantité. Ouvre le champ des possibles en termes de pathos et d’équipement idoine. (Voir Valeurs).


V comme ...

Valeurs :L’esprit running qui prone la solidairité, le plaisir avant la performance. L’esprit Trail, a fortiori Ultra, est au running ce que les valeurs du rugby sont au football. Bref, une arnaque jouant sur le rustique. Une réalité dévoyée par le parisianisme d’importation.

 

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