Canicule # Ces RUNNERS qui bravent la chaleur ...

Mis à jour : févr. 4

La France (sauf la Normandie et la Bretagne, pauvre de nous) connait actuellement un épisode caniculaire dont le refrains est repris jusqu'à la nausée par les médias.

Pas de quoi décourager le RUNNER 2.0, ce héros des temps modernes, pour qui Celsius ne saurait constituer l'excuse du dilettante!

Selfie à l'appui, le Runner de l’extrême affronte la température et les lois de la physiologie.

Chapeau bas ...



Oui mais ...


Ce runner si fier est une imposture et un danger. Pourquoi?

On vous explique tout cela de manière concise, efficace et haineuse, marque de fabrique oblige.



Une imposture dégoulinante ...

Ton selfie, cette nouvelle preuve dévoyée du courage, et ta capture garmin que tu peux désormais plus t'empêcher d'afficher (la nouvelle normalisation du runner 2.0), affichent certes une mine déconfite, mais également un 5.6km en 58'25"'. On en a même vu prendre en photo les enseignes de pharmacie affichant la température plein soleil pour agrémenter leur courage post-héroïque.


Pas de quoi pavoiser malgré les 36° ressenti annoncé. En fait, ici, le runner

entend encore une fois s'acheter à bon compte du struggle ... du #NoPainNoGain vite glané, en opportuniste des éléments. C'est le même qui court sous la neige en hiver et sous le déluge à l'automne pour combler sa médiocrité sportive par du vide météorologique.


Le quart d'heure de gloire facile, à la sueur du front vite transpirée ... Malin.


Parfois, souvent, c'est même très à la mode en ce moment, le récit de course qui nous narre avec force détails les errements cognitifs, les troubles physiologiques et les errements du runner en posture pré-vagal.



Car dans son imposture, le runner "chaud" est un danger ...



Un dangereux personnage ...

Pour lui-même certes (bon débarras, mais non reviens) mais avant-tout pour les autres, fragiles comme lui, et pour qui la reconnaissance factice numérique est un Graal. L'astuce de l’héroïsme moite a vocation a être repris face au constat d'évidence: le pouce bleu et la notification Facebook garantie!


Martine est fière d'elle-même et le fait savoir. Sa sortie à 14h sous le cagnard du midi fut un calvaire pour les sens. On applaudit? Pas vraiment. Ou quand la péronnelle exige une médaille numérique du courage après avoir frôlé le malaise dans un sous-bois dans la solitude de la sieste du bon sens ...


Lu et approuvé également sur les réseaux sociaux du running (2.0), l'invitation au plongée juste après le run (mais après le selfie, merde, quand même!) ... Ou l'incitation à l'hydrocution foudroyante. Le bon sens fait toujours la sieste! Mais tu n'es pas visiblement pas en sucre, tu es une machine, c'est vrai!



Synthèse

Chacun fait en effet ce qu'il veut. Et l'envie, la nécessité (parfois supposée) parfois invitent à désobéir à mère prudence. Galopin!

L'Ego aux manettes du Runner 2.0, son besoin boulimique de reconnaissance factice numérique systématique (il exige et emploie tout moyen pour ce) et la pathologie, parfois, poussent ainsi à faire n'importe quoi dans le seul dessein de se démarquer. Les conditions météorologiques extrêmes (ou pas, mais dont les médias radotent ce caractère pour spectaculariser le Rien pour mieux éluder le Tout) font le bonheur des opportunismes logiciels de la mise en avant du Soi amorphe.


XX a couru le 5000m en 13'26". XY a couru 6km en 35' mais sous la chaleur. XY cartonne XX à l'applaudimètre. Plus de mérite ...


Le runner 2.0 et sa quête mortifère de reconnaissance vaine, creuse, inutile, numérique et factice (le doigt glisse et clique sur le pouce d'instinct, créancier d'un retour) s'enlise dans le dérisoire. Agité par une telle quête, il est comme en perpétuel surchauffe.


La laideur de vos selfies dégoulinants de niaiserie inconsciente n'a d'égale que celle de vos égos impudiques étalés sur les réseaux sociaux. Un tapinage en règle pour un peu d'attention dans un flux de semblables et d'horreur esthétique, payé en pouces bleus, en likes et en pathos standardisé. Copier-coller versus copier-coller.


Bref, tu es allé courir 5 bornes sous le soleil.



Le Joggeur Qui Râle


 

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