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Courir # Apprendre plus pour comprendre moins (et courir mal)

Updated: Feb 10

Cette chronique n'a pas vocation à vulgariser les notions du monde du running et de son entrainement. Non. Pédagogiques nous sommes certes, mais ici on ne travaille pas, on se défoule seulement (et nous n'avons pas encore les diplômes pour cela)!

Le runner attentif et en quête de progression est abreuvé d'articles et de programmes via la "presse spécialisée" ... louable a priori. 

Mais trop d'informations tue l'Information ... Le runner 2.0 davantage estampillé consommateur que "consom'acteur" n'a pas le tonus pour une étude sérieuse et approfondie de la physiologie. Aussi, face à cette littérature mensuelle et numérique, il se perd et stagne, quand il ne se blesse pas à force de privilégier le quantitatif, biaisé par le concours de bornes tacite organisé sur les réseaux sociaux. Ce poison.

Petit panorama des "embrouilles" générées par les spécialistes anti-pédagogues dans les têtes de ceux qui ne courent qu'avec leurs jambes!





L'idéologie "minimaliste"

La mode du minimalisme et ses dérivés en tout genre, ce n'est pas toujours le pied pour ceux qui s'y risquent sans vouloir se fouler!

Il existe ici et là quelques "illuminés" ne jurant que par la course pieds nus. On approche du dogme et du prosélytisme parfois. Ici, nous respectons ces naturalistes des sentiers sauf quand ceux-ci sont monomaniaques. Idem avec ceux ne pouvant se retenir de toute remarque à la vue d'un runner en phase de pose de pied! Le zèle des néo-convertis et l'intolérance des dogmatiques chahutent la foulée lourde des coureurs du dimanche en surpoids! Les ayatollahs de la belle foulée parfaite - N'est pourtant pas Vincent Luis qui veut - !

Dommage, car a priori la "transition" vers une foulée plus médio (ou avant ou ... ici encore la guerre d'égo fait rage entre les "déposants" plus ou moins légitimes et réels de "concepts" - un fromage en forme de part de marché sur lesquels certains guettent le moindre empiétement!) est un vrai plus. Que ce soit en terme de sécurité (progressivité et bonne intelligence) et de sensations et de plaisirs! Mais le tout, tout de suite, ici encore, n'est pas autorisé, sauf un retour brutal de réalité dans les mollets. L'achat d'une paire de Vibram Five fingers ou de Altra Escalante ne suffit pas, il faudra compléter par un effort personnel et de la rigueur ... qui ne s'achètent pas, hélas pour toi!

La modestie, la curiosité, la progressivité et l'ouverture d'esprit ici priment*. Le reste n'est qu'une arnaque à valeur pécuniaire qui profite à quelques uns au détriment de l'intégrité du plus grand nombre.


FCM, VO2Max, VMA, Karvonen et les autres ...

En course et armé de sa tocante, le runner lambda se fiera à sa vitesse, au chronomètre, à la distance et à sa fréquence cardiaque. Rudimentaire quoique efficace, et de toutes façons largement suffisant pour gérer ton piteux (mais prometteur) 49' sur 10 bornes!

Motivé (tu as des objectifs chiffrés) et curieux (soucieux d'user des leviers physiologiques), tu es de plus en plus sensible au jargon technique du monde du running. La presse spécialisée, entre deux publicités pour chaussures au drop 12mm et aux 365g (on devine que la publicité cible le runner du dimanche à l'IMC embarrassante en le brossant dans le sens du poil quand le runner éclairé a lui, fuit cette presse depuis son sub-40' aux 10!) n'étant par ailleurs pas avare de FCM, VO2Max, VMA et autres pourcentages quasi-ésotériques!

Le journaliste - et plus généralement celui qui aime être lu et/écouté - a parfois ce biais d'aimer s'écouter/se lire (nous en savons quelque chose). La pédagogie postule humilité et ouverture d'esprit. Pas facile de compiler ces qualités en un seul homme!

Comment s'y retrouver alors? Tout simplement en étant curieux et humble. Il existe quelques ouvrages utiles et passionnants sur la question. Les éditions Volodalen offrent un panel d'ouvrages, du grand public aux spécialistes. Le runner averti se régalera quant à lui de l'excellent et érudit - Physiologie du sport et de l'exercice (Kennedy, Wilmore & Costill, éditions De Boeck) - Enfin, un petit coup de cœur avec le pratique - Courir mieux, de Jean-François Harvey, éditions Médicis).

En résumé, nous préconisons à tout un chacun de s'accaparer le jargon et derrière lui, les concepts et données physiologiques (et biomécaniques, en liaison avec le #1) de la course à pied, plutôt que de subir la prose et l'étalage de science des journalistes et autres experts ès-running!


En arrière plan, le "marché guette ...

Mettre le runner - consommateur - face à ses lacunes, à son ignorance crasse, le rendre coupable de quelque chose pour mieux lui refourguer sa camelote. Une stratégie rodée par le marché! La presse spécialisée, à l'image de la mauvaise presse féminine précurseur, jongle entre articles et publicités! Le lecteur est littéralement dupé, chahuté et manipulé! Pas très fair play mais c'est de bonne guerre! Le savoir est une arme face au capital et son arme de destruction massive: l’aliénation cognitive.

Le runner en position de faiblesse doit se résoudre à s'équiper, à se sur-équiper pour rester dans les clous et dans le jeu. Quel jeu? Bonne question! Le coureur du dimanche un brin fashion chaussé de runnings à drop 4mm/165g est une hérésie, surtout quand il pèse 85kg et vaut 59' au 10 kilomètres. Un futur blessé qui se lamentera sur les réseaux sociaux quoique consolé à coup de likes. Triste.

La Fenix 5 à 800 balles pour la belle Géraldine qui court deux fois par semaine en région parisienne, c'est too much, mais son but est de briller par le bas (par la consommation), alors ...

Chacun fait ce qu'il veut! C'est vrai. Chacun consomme ce qu'il veut. Quand le marché le décide, chacun fait ce qu'il veut en achetant ce qu'il veut. Ainsi chacun croit faire ce qu'il veut, en achetant ce que le marché lui susurre à l'oreille - via l'oreillette Bluetooth à 200e - ce qu'il doit vouloir pour courir mieux (toujours le petit motif pour soulager la conscience quand elle subsiste encore, Géraldine est totalement décomplexée, vitrine ambulante armée de groupies superficielles pour qui le running n'est qu'un prétexte pour alimenter cette soif de consommer parfois tarie par la nausée en forme de placard qui dégueule ...).


Worst of the worst: courir à jeun ...

Course à pied, performance, perte de poids, santé ... les vendeurs de rêves pullulent sur le segment running. Si certains spécialistes (journalistes, coachs, entraineurs, physiologistes ...) distillent quelques pistes intéressantes sur le Net - et notamment les réseaux sociaux, lesquels devraient promouvoir le "tri"'** comme sport numérique - il faut regretter une avalanche d'articles contestables et biaisés.

A coté de cela, les poncifs et évidences prêtent à rire. Ainsi, concernant le très en vogue "courir à jeun", certains pseudo-coachs en marcel nous invitent à ne pas manger avant la séance! Puis à y aller molo au retour de l'entrainement car sinon ça fait grossir etc etc etc. On se cajolera la tolérance en rappelant que ce qui va de soi va mieux en le disant. Eu égard le degré cognitif de certains, ce n'est peut être pas si mal ...

On aurait pu également évoquer les précieux conseils à forte valeur ajoutée du genre: se couvrir quand il fait froid, bien s'hydrater quand il fait chaud ... conseils parfois agrémentés de données "scientifiques" salutaires mais bien trop  souvent distillés brutes ... très infantilisants pour le runner 2.0 désormais admis comme consommateur docile sans libre-arbitre (non, le choix d'une couleur de runnings, voir du modèle - pour les plus émancipés -  n'est pas une manifestation de la Liberté) ....

* En la matière, nous vous recommandons la lecture - sans aucun conflit d’intérêt - des ouvrages de Frédéric Brigaud. ** Pas le triathlon, mais le tri sélectif de l'information diffusée ...



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