Course à Saucisson # Le paradoxe du panier garni

Mis à jour : févr. 4

Loin des fastes des championnats élites sur piste et des marathons à 100 balles le dossard, la course à saucisson de notre belle France des campagnes. Humm ce gout de terroir indémodable, ces accents plein de charme et les podiums accessibles en morte saison ...

Derrière le portrait idyllique, une autre réalité ...




Même à Trifouilly-les-Oies, pour taper un petit podium mi-juillet / mi-aout, il faut tourner au moins un peu les jambes. Et qui dit tourner les jambes (disons avg. 3'20" sur 10 km) dit hygiène de vie. Les ascètes de l'athlétisme sont de très mauvais camarades de vin-pâtés-saucisson.


De ce constat bien triste ressort un curieux paradoxe (on réduit bien trop souvent à la case "paradoxe" la simple incapacité subjective à comprendre ...): pourquoi les organisateurs offrent-ils aux artistes du dimanche matin un panier garni rempli de cochonailles en forme de cochoncetés alimentaires?


D'où le nom Course à Saucisson ...


Pour célébrer l'hygiène de vie des triomphateurs du moment, on leur balance du gras et du cholestérol (du mauvais sinon ça ne compte pas) dans les entrailles. Quel vice. Quelle incitation à la haine. Tel une peau de banane, la plèbe du running entend refaire son retard - close the gap - sur l'élite locale en jouant sur la santé de celle-ci. Et cela sous les applaudissements d'une foule faussement admirative mais franchement revancharde, vaille que vaille. Nauséabond ...


Ne pourrait-on pas offrir aux "strapontistes" des podiums des eaux minérales, des fruits et légumes de saison (cela se voit sur certaines courses cependant) ou que sais-je encore de #HealthyFriendly.


Nous y voyons un complot larvé contre l'excellence. Un complot puant émanant de la communauté running 2.0 bien trop axée sur elle-même via selfies pour aspirer par l'effort et le seuil aux honneurs post-arrivée du dernier de la course.


Ce genre de récompense grasse devrait revenir aux derniers, et les militants du "podium pour les derniers de la course" trouveront ici une bien heureuse cohérence ... Au pire une tombola pour entretenir le suspens.


Selon nous et en synthèse, le panier garni bourré de gras et suintant le mauvais cholestérol est une revanche du gras sur le maigre. Une tentation quasi-biblique, un cadeau empoisonné offert par les vipères du Lent.


Jean-Run ne s'y trompe pas en offrant systématiquement sa corbeille-à-gras à sa belle famille, faisant ainsi un coup double combo magistral: faire plaisir aux palais de Jean-Paul (ledit beau-père) et formater Chantal (sa belle mère) aux mérites de la course à pied, au cas où Géraldine (sa meuf) viendrait à s'en plaindre auprès d'elle. Malin.


Bonne course!



Le Joggeur Qui Râle




Pour aller plus loin >>>


Pour mieux comprendre le concept, nous vous invitons à lire l'empirique article du TRC en cliquant sur ces mots ...


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