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COVID-19 # A la campagne? Va courir mais ferme-la!

Updated: 5 days ago

Le runner 2.0 est soulagé depuis l'annonce de Macron et son exégèse par les docteurs ès-droit des réseaux sociaux. Il a le droit d'aller courir. Tel le chien de Pavlov, il salive déjà sur les beaux selfies et les belles captures GPS dont il va pouvoir gratifier les réseaux sociaux peuplé de confinés ...


Notre point de vue ...



Décidément, le runner 2.0 n'a pas grand chose pour lui! D'une, il est lent et peine à se mouvoir dans l'espace physique, et de deux il est un peu crétin. Guère étonnant si vous nous lisez depuis quelques chroniques ... L'ordre des choses de l’entropie cognitive contemporaine.


Pour le crétin en général, et le runner 2.0 en particulier, il est préférable (question de confort et de pseudo-bonne conscience) de gesticuler par le geste symbolique ostensible plutôt que faire l'effort concret en toute discrétion (lequel ne serait pas immédiatement gratifiant et pire encore, est contraignant). Ce biais relève selon nous de la pathologie et serait en propagation exponentielle, lui aussi.

Alors oui, le confinement, c'est une contrainte. A bien y réfléchir, ce n'est pas grand chose comparé aux désastres contemporains qui siègent loin d'ici ou à ceux de nos aïeux, ici même! La pirouette par le détour spatio-temporel est facile, accessible et donc ... stérile!


L'idiot ne sait guère voir par le prisme de l'abstraction! C'est ainsi. Il se dit cartésien par pur confort, en dévoyant au passage, comme tout, le concept ... Forcément.


"Je dédie mon run au personnel soignant débordé, respect! PS: je me suis tordu la cheville tout à l'heure, que dois-je faire pour retourner courir demain sans avoir mal?"

Après le déluge de "on a le droit de courir ou pas" et les quelques précisions imprécises apportées ici et là sur la runningosphère par quelques experts stipendiés par la médiocrité egocentrée ... la nouvelle normalisation s'est mise en branle.


Dès le lendemain de la mesure prise en vertu de l'article 1er du décret du 16 mars 2020 portant réglementation des déplacements dans le cadre de la lutte contre la propagation du virus COVID-19, le runner 2.0 s'est remis à poster ses sorties runnings moribondes sur les réseaux sociaux. Capture garmin, pathos et selfie à l'appui, bien évidemment. Bonus, les # anti-Corona et autres #Mêmepaspeur ...


Mais ...



De la haute-performance. De la haute littérature. As usual, le runner 2.0 continue de vivre tel le Londonien sous les bombes du Blitz allemand en 1941 ... Quel héroïsme!


Sincèrement, je suis sans voix devant pareil étale de non-conformisme et de résilience à la panique.


Entre deux élucubrations sur son propre courage et son devoir de montrer l'exemple, le runner 2.0 fait montre d'empathie envers le personnel hospitalier sur le grill, jurant qu'il pratique son running sans s'exposer à la blessure et donc à l'encombrement des services.


Il est vrai qu'en temps "normal", le runner 2.0 qui sévit sur les réseaux sociaux n'expose jamais sa bobologie chronique à coup de selfie-pied et de demandes de diagnostic on line ... Jamais!


"Chacun fait ce qu'il veut. Moi j'ai décidé de continuer de vivre, je vais courir!"

Face à la critique (parfois délirante, souvent juste raisonnable), le runner 2.0 qui court après le selfie à poster bredouille dissonances et bafouillages. On attendait pas moins de lui.


S'il fait du sport, c'est pour se renforcer et se protéger, et avec lui les autres (quelle bienveillance), contre le vilain virus! On arrête de critiquer et on applaudit, PLEASE, bande d'ingrats!


En plus, il fait attention, il ne se blessera donc point! NON! Il le promet. Quand on veut, on peut!



"Nous assistons à un tournant sociologique déroutant au cours duquel les plus crétins s'investissent du rôle de leader d'opinion en montrant l'exemple ..."

Sans but précis faute de compétition, le runner 2.0 SUB6H sur marathon nous impressionne avec sa séance de fractionnés dans les bois ... #NoPainNoGain



Petit précision, le runner n'a pas le monopole de la bravoure, le cycliste joue de la soquette légère dans les bosses, selfie et pathos à l'appui ... Mais promis, il ne chutera pas! Après tout, la blessure, la chute, tout cela, ce n'est qu'une question de volonté et de détermination.


On entend déja les sirènes hurlantes et le personnel mobilisé qui va avec pour secourir cette péronnelle à selfie ... ce cycliste à maillot arc-en-ciel à pathos.



Le "droit à" incarné par un morceau de papier a délogé le bon sens de son règne. "Moi je" passe avant le collectif, même en cas, surtout en cas de crise. C'est le nouveau paradigme social de l'occident en déclin accéléré ...


Nous aurions presque envie de jouer du point godwin tant cette "obéissance civique" nous rappelle qu'aux heures les plus sombres, la Loi invitait elle aussi à (jouer de la délation en l'espèce, parfaitement légal). Le bon sens est un "truc" qui échappe à la créance, à la dette, au droit objectif ou subjectif. Le bon sens, c'est cette huile qui fait rouler et tourner la société au-delà des lois et règlements. Par delà, surtout, des égoïsmes et de sa seule personne. La responsabilité morale, la solidarité désintéressée ... toutes ces petites valeurs que le runner 2.0 invoque à sa sauce pour ne surtout pas en "subir" les petites contraintes ...


"Dérogation pour pratique indispensable d'activité physique pour les runners en 5h34 sur marathon? Normal, ce sont des athlètes accomplis!"

Le runner à selfie, en temps normal comme en temps de crise est un nombriliste médiocre qui, fleur de l'époque moribonde, est désormais fier d'afficher son mode de vie au monde entier. Le runner 2.0 vit ses dissonances et ses contradictions comme de l'ouverture d'esprit ... Sa médiocrité égoïste reflète son épanouissement ...


Pour clore, et pour revenir à notre titre, les sportifs ayant le privilège de vivre à la campagne peuvent assurément aller gambader sur les sentiers en attendant qui sait des mesures de confinement plus drastiques. La bienséance "commande" selon nous de la fermer! De ne pas la ramener! Par respect pour le contexte, pour les autres ...


En temps normal, le partage de ton pathos insignifiant a déjà peur de valeur positive (non ton 10km en 1h12 n'a rien d'inspirant Martine), ne fais pas dans le négatif en période délicate s'il te plait ...


"Je ne succombe pas à la panique: je VAIS courir contre le virus!"

Pour le runner urbain, et bien pas de pot hein! Tu as choisis les bons côtés de la métropole, haro sur le caprice quand sonne les charges inhérentes à la promiscuité.


Ces apatrides qui changent de camps en cas de conflit pour se ranger derrière le plus fort avant de re-changer quand la tendance s'inverse! Ces malgré nous volontaires! Au fait, pas trop dégouté pour tes dossards à 100 balles?


Les mecs se prennent pour des résistants en attendant la médaille (de finisher) et les décorations (des pouces bleus et des " t'as trop raison") ...


La ville + les réseaux sociaux + attaque talon = Névrose globale du runner 2.0 ? Curieuse équation.




Le Joggeur Qui Râle




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