Dangers nocturnes # Courir la nuit ...

Mis à jour : févr. 4

Le run nocturne ... 

Une énième déclinaison de l'esprit running en quête de perpétuel "truc" pour s'entretenir? Nécessité pour le stakhanoviste du sport contrarié par le "nuit-metro-boulot-nuit .. pas tout de suite le dodo"?

On peut sans mal imaginer et/ou apprécier les sensations, inédites et chaque fois renouvelées dans leur expression, d'une petite session sous les étoiles à travers les rues désertées (utopie? La nuit tombe aussi sous un manteau de particules en pleine heure de pointes sur l'asphalte ...) des villes et des campagnes ... Armé de "sa" frontale (ou pas), le runner noctambule devra faire face à de nouveaux dangers, et notamment ceux inhérents à ses propres turpitudes!





La course à pied se pratique désormais aussi la nuit. Seul ou en groupe (notamment dans les grandes villes ou fleurissent les groupes - parfois sponsorisés par les marques #HommesSandwichs ), le runner s'émancipe des convenances et peut désormais courir à la fraiche l'été et courir tout simplement l'hiver quand les journées ont la durée de vie d'un battement de cils! Des courses officielles squattent même carrément ce créneaux!

Ce phénomène devait ainsi nécessairement passer sous les fourches caudines du Joggeur qui râle ...


La route m'appartient ...

En général, le piéton est un dictateur sur le trottoir et dans la rue. Il rivalise en cela avec le cycliste électeur d'Hidalgo. Ça situe le niveau, bref. Le runner nocturne compile parfois, souvent, allons y .. presque toujours les malus des deux précités (parce-que à pied mais plus rapide que le piéton, par le truchement egotripé) ... il déambule avec nonchalance, sûr de sa valeur ajoutée existentielle, citadine et citoyenne ... Regardez-moi semble-t-il scander à une foule qui devrait s'ouvrir à son passage rayonnant ...

Si le runner noctambule atteint de ces maux agace le piéton lambda, il inquiète davantage l'automobiliste! Frontale ou pas, la route reste le terrain de jeu des voitures, ces objets fascistes gravitant autour de la tonne! Hors le propos ici de justifier le connard/connasse rivé à son smartphone entre deux feux rouges, danger mobile pour tous ... le runner noctambule arrogant et dans son droit fera pâle figure la gueule dans le caniveau ou dans le fossé. Le bon sens prime en fait ce sentiment de "créancier" ...

Le tragique de certains événements ne doit en aucun cas brider le recours au bon sens quant il s'agit de s'interroger sur l'opportunité du footing en bord de départemental un soir de brouillard ...

La lampe frontale - même dernier cri et offerte à Noël -  ne repousse pas l'acier lancé à 90km/h, et ce, malgré tes protestations numériques. Un coup de réalité et le retour du concret, ça fait mal! Alors range tes revendications pleurnichardes et ressort ce ringard de bon sens de ton grenier cognitif ...


Courir seul(E) la nuit: même pas peur!

Courir la nuit, c'est aussi s'exposer à des rues  moins animées, parfois désertes. Le théâtre du vice et du crime ...

Là encore, le tragique a fait la une de la runningosphère - souvent à coup d'émotions dans ces déclinaisons les plus humaines mais parfois aussi les plus molles, crasses et egocentrées, un concours de pleurniche indigne - comment concilier ces deux "idées".

Le runner refuse de céder au chantage du tragique. Soit. Le runner s'expose donc. Néo-réac par l'aliénation cognitive, comment faire entendre au runner 2.0 nocturne que la Liberté c'est super bien, mais que la précaution c'est indispensable aussi. Un peu comme la Pierre Précieuse dans un Écrin qui brille quand même! La confusion émotive du runner inquiéte parfois. Le bon sens - valeur rétrograde, conservatrice et crypto-fasciste - est rarement convoqué.


Une précaution cadeau: ne jamais courir avec de musique la nuit et en ville! Si Géraldine réplique en refusant de se "brider", alors tant pis. Mais entendre un taré rôder dans son dos, ça autorise la petite accélération salvatrice; entendre un moteur ronronner ça permet de contourner l'acier en tonne; entendre un boutchou déambuler laisse de la place au non-téléscopage ... ton égoïsme laisse peu de place au bon sens Géraldine! Après tout, ce sont quand même des écouteurs bluetoooth offert par la dernière marque hype au sein de la quelle ta pote squatte la direction commerciale ...

Avec ta frontale aux milliers de lumens et tes écouteurs, tu es une pierre qui roule qui n'entend ni ne veut voir ton environnement. Un carpe diem  m'as-tu vu nocturne égoïste, danger (pour les autres) parmi les dangers (pour toi) ...


Avec ou sans frontale: mercantile vs naturel

La frontale est un des éléments de la running list du runner à pouvoir d'achat dégagé au détriment de la culture du bon sens, parfois. Nous ne nions pas les vertus du run nocturne. Comme toujours dans nos chroniques, ce sont les excès que  nous titillons. Trêve de justifications!

Le runner aliéné s'est résolu à investir/ou se faire offrir une lampe frontale pour les fêtes! Les larsens visuels (artefacts) enlaidissent davantage encore tes selfies qui n'en avaient pourtant pas besoin! Bref, après les chaussures, les montres .... les bâtons ... un nouveau concours de "qui a la plus grosse" s'improvise chaotiquement sur les réseaux!

Par pitié, même si tu es tout excité d'arborer ton nouveau jouet, attend qu'il fasse nuit ... mais bon, tu as raison, le ridicule ne tue pas. Encore que, la tonne d'acier sur roue lancée ...

Les événements noctamtrails ...

Difficile de savoir si ces quelques grands événements sont précurseurs du phénomène ou pure conséquences. Nous avons notre idée ...

Naturellement, le runner armé de frontale va vouloir baptiser ses lumens dans ce cadre! Il aurait tort de se priver. Une expérience nouvelle avec pour cadre la passion du sport. Soyons festifs!

Hélas, comme tout, le sympathique est trop rapidement dévoyé. De la course provincial et conviviale, place à la course de masse au tarif exorbitant, véritable kermesse de l'esprit running dans ce qu'il a de plus cognitivement mou! Déguisement, go pro dans tous les sens, barrage humain véritable chicane humaine à contourner pour les participant en quête d'expérience mêlée de performance même relative ... les "moi je" lucioles pourrissent désormais les événements démocratisés ... vulgarisés. Nous passerons sous silence les déguisements, les pères Noël et les Licornes ...

Le run noctune s'inscrit parfaitement dans la démocratisation du running. Facteur d'une forme de fun et donc séduisant, il entraine dans son flux le lot des opportunistes du grand capital avec son corollaire: l'aliénation cognitive de ses militants néo-convertis en proie - phénomène anthropologique constant - au zèle ... Ce champ de criquets désole les amoureux de la première, de la deuxième, troisième ...(jusque avant la dernière) heure!


Des runners armés, en sus de l'équipement, d'un esprit de "créancier" de droits à rouler sur la route, au milieu du trottoir, courir sans regarder ni voir ni entendre, un runner absous -via ses certitudes bercées par le marché- des règles élémentaires de civisme et de bon sens.

Loin de ce brouhaha mercantilo-mental, le runner passionné avale les kilomètres jour et nuit, hiver comme été, en adaptant sa pratique au contexte, conscient de sa fragilité face au grand Tout, sans rien revendiquer, n'étalant jamais ses larmes 2.0 face aux drames du concret ...


Le Joggeur Qui Râle

 

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