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Runner = Pollueur. La preuve par dix ...

Mis à jour : 28 déc. 2019

Difficile de faire quelque chose sans se voir quantifier, puis notifier martialement, son empreinte carbone par les ayatollahs de l'écologiquement-correct! Bougres. 

Si ces idéologues nuisent in fine à la cause qu'ils prétendent servir armés de leur gigaphone cognitif mal réglé - attention aux larsens - il peut leur arriver malgré tout d'éveiller les quelques consciences qui n'auraient pas encore daignées être sensibles à l'écologie (même si dans ce contexte, c'est un bien  grand mot, aussi, faisons nous aussi, dans la novlangue en parlant d'éco-civisme - concept qui a selon nous la vertu de placer l'individu au centre, éludant la collectivité, trop souvent synthèse d'égos, nous pourrions rédiger une série de chroniques sur la question ...).

Nos modes de vie, ici déclinées sous l'angle du "running way of life", sont souvent passifs face à certaines considérations pourtant évidentes. La structure de nos sociétés postule l'aberration quotidienne. La démocratie de marché nous aliène cognitivement, les effets secondaires prennent la forme de relents, kyrielle de déchets ... Focus ici sur les occasions en or pour le runner de mettre sa pierre à l'édifice de l'immondice.




Le runner en plein effort -relatif - se croit-il absous par ce seul fait des règles élémentaires de savoir-vivre? Pas toujours ...

1 # Prendre sa voiture pour aller courir 

Précisions liminaire: le paroxysme de la critique réside dans le fait de prendre son véhicule pour se rendre à la salle et courir sur place sur un tapis! Hélas, ce combo n'est pas qu'une simple vue caricaturale de l'esprit!

Ceci étant dit. Prendre son auto pour bouger son cul de 2 kilomètres pour se dandiner sur son spot préféré est une manifestation courante du médiocre en nous. Bien sur, le runner conscient que ces deux km sont autant de foulées utiles à l'athlète en nous saura laisser son inconscience broder une pirouette avec réception sur fesses! Qu'importe. Qui d'un mauvais temps! Qui d'une portion de route départementale à emprunter (la nuit avec la frontale?). Qui d'une séance spécifique n'autorisant pas un échauffement pareil ...l'imagination n'a pas de limite, surtout quand elle est très mal façonnée.

Le coureur à pied est parfois licencié dans un club et nous ne sommes pas forcément logés au pied des pistes. Le timing avec le bureau n'est pas forcément parfait non plus pour faire d'une pierre deux coups! Certes. Mais la farce ne prend jamais de vacances et le runner en voiture exerce son art en vacances/jours fériés et week-end.

Coincé, le runner automobiliste devra assumé, perfide. Autre alternative, changer ses habitudes! Ou changer de disques pour nous conter les raisons de ce fiasco de la cohérence, mauvais disciple de l'esprit running 2.0 très emprunt de naturalisme lato sensu ...

Le plus stipendié des runners préférera faire l'autruche (en plus elle court vite) car après tout il est une sorte de Dieu anthropocentré. Son attitude et son mode de vie de runner 2.0 l'exprime chaque jour à chaque selfie et autres déclinaisons de sa piteuse condition de mauvais coureur!

Nous traitions de ce phénomène dans le cadre d'une précédente chronique.

2 # Un équipement des 4 coins du monde

Le runner est un consommateur. Et cette frénésie consumériste est un tsunami cognitif. Même sensibilisé aux turpitudes du genre humain géniteur du capitalisme le plus laid, difficile de ne pas succomber aux sirènes des marques, du total look et de l'identité ès-running ... Le m'as-tu vu est le nouvel aura du runner, parfois.

L'explosion du running et son corollaire marchand postule la fabrication/l'industrie de masse pour répondre à la demande frénétique et tout azimut! Un check rapide aux étiquettes de nos quincailleries sportives permet le constat limpide: nous nous drapons de "chinoiseries" et de fanfreluches pour construire un look, une identité visuel à notre égoïsme en mouvement ...

Usines pas aux normes "occidentales" (greenwashing), exploitation, transport ... une emprunte carbone au top!

3 # Le sur-équipement: amplificateur de nuisance

Allié démoniaque au # 2, le sur-équipement. Biais qui est multiplicateur exponentiel des nuisances induites par # 2. Facteur d'explosion du CA du secteur, de la concurrence la plus âpre, donc de marges et d'économies d'échelles, la frénésie consumériste de la Plèbe en short-chaussettes postule l'ensauvagement accéléré du du capitalisme de l'opportunité! Les nuisances explosent, les gardes fous sautent.


Le phénomène s'auto-entretient également par le truchement de l'individu qui perd ses moyens cognitifs face à la profusion, exposé à la concurrence des apparences. Le runner court souvent plus contre son congénère sur le terrain du look ... le sport et la sueur, ça salit et ça sent pas bon pourrait scander le runner customisé ayant oublié que la course à pied est d'abord un sport, avant d'être un prétexte pour consommer et brosser son égo au rabais.

4 # Le crachat du guerrier de l'asphalte

Emporté dans son impression de "faire quelque chose d'énooorme", le runner au palpitant à bloc se soulage comme il peut. Le crachat fait partie de la panoplie du quidam en mouvement. Hélas, le runner citadin non extrait de son univers de macadam (il n'a pas de voiture pour aller courir ailleurs?) se laisse parfois aller à moucheter les trottoirs pour le plus grand plaisir des piétons lents. Gros porc.

5 # L'athlète, le substrat énergétique et le "gel"

Entre deux délires de "je cours pour le plaisir uniquement" et quand il lui reste un peu de pouvoir d'achat après la montre, les runnings, les compressions etc etc, le runner a des aspirations de performances! Légitime projet a priori. Mais notre runner a ce vilain défaut de tout ramener à l'acte d'achat! Même les considérations "physiologiques" sont balayées par les fourches caudines de l'emplette! Gel et autres barres consommés pendant l'effort (une sortie longue de ...8km) pour garder l'allure et se préparer pour cette corrida de la semaine prochaine. Attention, déguisement obligatoire!


6 # Course de masse: le syndrome du criquet ...

The Race To Be. Les réseaux sociaux et la com' bien calibrée ont rendu certains événements immanquables! Les organisations s'adaptent et proposent  des courses de masse! Milliers de coureurs en vue! Le ravitaillement et sa logistique. Les bouteilles d'eau, les verres, les emballages de gel et de barres pleuvent sur la ville! Un déluge de détritus et d'immondices autorisé par la parenthèse de la course, ou quand la conscience ne vient plus brider le pollueur en nous!


Fort heureusement -  le service de nettoyage, non convié lui, à la fête du mollet - resetera le bitume de sa fraiche noirceur.

Last but not least - quel garçon n'a jamais improvisé une sanisette publique avant le début d'une course contre une haie, derrière un arbre, entre deux caisses ou plus confortable sous une porte cochère ... la nécessité fait ici impérieusement loi! Sans mauvais jeu de mot, les petits ruisseaux (de l'incivilité égoïste) font les grandes rivières (de pisse) ...

7 # Piétiner les espaces vierges

La vie est parsemée de bitume et de gris. Les carrés d'herbe de nos villes hurlantes sont les oasis des bédouins de l'asphalte que nous sommes, désormais âmes hors-sol.

Bref, la notion "d'espace vierge" est très relatif mais il sera quand même piétiné en mauvaise et indue forme! Le pseudo cadre idéal pour courir mué en grand cirque, à la queue-leu-leu ...les hamsters aux cages dorés tournent en rond, l'entropie. Les pelouses empruntées sont boueuses, les poubelles débordent, les chemins interdits de fait aux quidams dominicaux!

A tout bien considérer, faites du co-voiturage et barrez vous au delà de la Seine?

 8 # Le runner: déchet mobile?

 Osons une synthèse intermédiaire suite à ces quelques points # vite expédiés pour épargner le lecteur susceptible. Derrière le runner, un individu, un être qui s'insère dans le grand tout. L'individu est lui aussi partie prenante de la pollution lato sensu. Empruntons l'image à Descartes de l'opposition corps et esprit ... l'esprit running 2.0 dévoyé pollue le corps physiologique. Le runner facteur de nuisances (le cas échéant auto-administré, le runner érigé en déchet ambulant par contagion) est un déchet de fait, complexe et surtout aussi mobile et instable qu'un sac carrefour au gré du vent force 8!

Non recyclable ou si peu, nous ne pouvons malgré tout pas nous résoudre à l'enfouir sous terre pour nous en prévenir. Que faire?

S'en accommoder, fatalité. D'ailleurs, il est chouchouté par le "système" qui sous les louanges du marketing et de la com' ne voit en lui qu'une vache à traire, un mouton à tondre.

Nous visons l'éducation - apprendre à le reperér. A en rire s'il est hautain et frimeur, à l'esquiver si ce lambda du running 2.0 n'est qu'une docile victime du dévoiement du tout. Mais aussi rester prudent et humble, cela pourrait vite nous arriver. D'ailleurs ...

9 # S'autopolluer ...

  Ce qui va se soi allant mieux en le disant, précisons! Nous sommes un élément du grand Tout. Aussi, et afin de broder un # 9, il convient d'aborder la pollution infligée à nous-même.


Courir dans les villes au milieu des bus à peine "green washés" par la Mairie socialiste ... l'audace résulte bien souvent d'une non-démarche éclairée que de la témérité. Faute de pouvoir faire mieux (sauf peut-être courir sur place sur un tapis ou s'extraire du centre-pas forcément évident), le runner trouvera dans le "marché" son allié (pas seulement quand il est fatigué donc). A l'instar d'un touriste japonais, le runner se drapera sans honte d'un masque anti-particules pour arpenter les rues.

La Liberté a un prix: l'aliénation. Curieux ...

Pour les plus bercés au "happy end" (je sais que que c'est malsain mais je crois dur au fond de moi-même que les conséquences ne concernent que les autres), cure de particules intensives quotidienne! Il serait dommage de ne plus être "vu" à cause d'une raisonnable prudence et conscience du contexte, nous n'osons pas le terme environnement, trop connoté!

Pour information, si vous cherchez le Happy end, il est près du mur.

10 # et la pollution visuelle: on en parle?

Allusion ici à notre petit péché-mignon: le runner 2.0 et sa vie trépidente sur les réseaux sociaux. Mais pas que. En liaison avec le # 3 dans sa déclinaison qualitative, le runner agresse littéralement nos yeux et nos sens. Micro-analyse.

Le runner est un m'as-tu vu d'excellence et stakhanoviste. Une fuite en avant du look perpétuel pour ne pas tomber dans le lambda. Un sport à part entière qui mobilise in fine le substrat cognitif du runner-pollueur malgré lui. La sobriété a été remisée de longue date, qui sait un mouvement vintage viendra mettre de l'ordre et offrira quelques répits à nos rétines? Douceur onirique.

Non content de ne trouver dans le monde "réel" qu'une audience matériellement limitée, le runner se muera en pollueur dans le 2.0 et son public désormais mondial: les réseaux sociaux. Décomplexé et a priori inconscient qu'une émanation de soi dans le public n'est pas anodin ... il industrialise la pollution visuelle et cognitive. Une boule de neige frêle qui agrégera les cristaux discount semblables à lui qui veulent ici encore faire concurrence ... par le bas. Cacophonie sourde qui donnerait presque envie d'être aveugle à cette bêtise crasse.


Pour revenir plus classiquement à la pollution sens premier, certains runners agissent en alliant la passion et action, sans nécessairement, d'ailleurs, "polluer" le concept par le militantisme stérile.

 Pour allier Course à pied et éco-civisme > Run Eco Team


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