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Effet secondaire # De la dépression au narcissisme 2.0 du trail-runner ...


Le running en général, et ici le trail en particulier a ses vertus. L’individualisme de nos sociétés post-modernes concassent les personnalités et broient les âmes. La dépression guette l’homme (et la femme) urbain, être atomisé et hors-sol, standard. Le Trail, en conjuguant effort, contact renouvelé avec l'immense et la nature est une de ces douces thérapies à promouvoir sans modération. Mais l’excès en tout est un défaut, et les racines font trop souvent trébucher le trailer convalescent. La rechute rôde  …




Le sport change l'homme. Nouvelle passion, nouvelle vocation, on regrette souvent de ne pas y avoir gouté plus tôt tant l'impact sur le corps et l'âme submerge. On en a même vu se soigner sans prescription grâce au running ... Attention au surdosage cependant ...

Le trail soigne les maux de l’urbanisation et la dépression …

Habiter en ville et porter des chaussures symbolisent la rupture de l’Homme et son élément, la Terre. Agité et multi-stimulé par le néant issu de l’impératif de production lato sensu (le tertiaire aliène davantage encore que le primaire par sa supercherie surfaite), l’urbain végète entre faux-semblants et aspirations salutaires fantasmées. Eurêka, le trail et son emballage naturo-culturel ouvre un brèche en single vers la Liberté, et la libération de l’âme confinée.

Mais bloqué dans Paris ou quelques autres grandes villes, ce Salut demeure une utopie qui accentue encore la dépression de notre ami l’urbain. Les montées de marches à Montmartre ou le D+ des Buttes Chaumont, ça ne vaut pas l’air des cimes, l’odeur des résines de pin ou le moelleux des chemins forestiers …

Bref, le runner des villes s’enlise dans le bitume et la dépression. Patron, sers m’en une pour oublier !

quand le surdosage mène au narcissisme numérique.

Le trailer urbain saura s’extraire du gris béton le temps de week-ends d’évasion ou en déménageant en terres plus accueillantes. Finis les bouchons, finis les particules fines, finies les séances d’escaliers sauce crottes de chiens ! Ouf, sauvé ! Un nouveau départ et un enthousiasme en … béton. Ou plutôt en bois de hêtres, de chênes, de pins, mais haro sur le béton !

Excessif, notre ami en fait déjà trop. Il multiplie les sorties, les bornes, le D+, les chutes et les photographies de panorama sans merde de chien. Trop d’un coup pour notre petit être fragilisé par des années de studio à 950e … Il lui faut partager tout cela, vite, frénétiquement … un selfie, deux, trois, plein, trop ! Des hashtags pour sceller son appartenance à sa nouvelle communauté, validée par l’acquisition de nouveaux souliers de trails qu’il affiche désormais sur les réseaux sociaux avant, pendant et après sa séance. Hier, il a même acheté des bâtons, une frontale et même un nouveau camelbak.

Très vite, notre trailer ex-dépressif se met davantage à courir après les pouces bleus et les likes, les kudos et la reconnaissance qu'après les records, serait-ce les siens. Il se met en scène, devient ridicule et petit à petit développe une nouvelle pathologie, un nouveau trouble de la personnalité, le narcissisme.

L'histrionisme parfois aussi. Souvent, même. Quérulent, il réclame et ne supporte plus la contradiction.


Sa thérapie vire à l'infection nosocomiale.

Tel un arbre dans la forêt de ses semblables, Narcisse gesticule toujours plus pour Exister et Être … en vain. Octet au milieu des Gigas. La dépression rôde à nouveau, en comorbidité avec le narcissisme, synergie du Néant.

Triste histoire que celle de ce runner las du bitume devenu trailer 2.0 pathologique. Il songerait même à revenir vivre dans le XVIII arrondissement à la rentrée.



Le Joggeur Qui Râle





Article précédemment publié sous un autre pseudonyme pour un autre média

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