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Drame aux Buttes # "Selon un premier bilan, il s'agirait d'une entorse..."

Mis à jour : mai 5

C'est un regrettable classique des réseaux sociaux et de ses dérives, le selfie-pied d'entorse et son panel de couleur chamarrées à la douce saveur violacée ... Le Joggeur Qui Râle réalise une veille sur la question dans un noble - mais vain? - dessein prophylactique! Soit!


Pourquoi le Runner 2.0 se sent-il "obligé" de nous partager cela? Pour quelle valeur ajoutée? La planète running réagit-elle correctement face à de tels déferlements d'horreur?


Tour d'horizon ...




Comme nous sommes bienveillants par nature, nous vous avons épargné en illustration quelque exemple du désastre graphique qui pullule trop souvent sur les réseaux!


Pourquoi le runner 2 et avec lui 3.0 se sent-il la mission de nous informer de ses tourments "musculo-osseux-articulaires"?


Et bien en fait nous ne savons pas. Même en cherchant, même avec une mauvaise fois décomplexée, même sous l'effet de quelques poussière d'ange, nous séchons! Cela reste donc un mystère. Mais notre petit doigt (gare à l'entorse!) nous murmure au gigaphone qu'il s'agirait ici encore d'une question d'estime de soi.


La course à pied, désormais running, fédère pléthore d'individus atomisés. On rappellera ici que selon l'acception #LJQR , la course à pied est le sport quand le Running est une notion plus englobante (le sport, l'univers, la communauté, les réseaux sociaux et ses dérives ... utopie - infernale - du runner 2 & 3.0) ...


Le selfie-pied balancé dans le néant numérique (réseaux sociaux) ne s'accompagne pas toujours d'un appel à l'aide. Nous avons déjà traité* du cas du runner appelant à l'expertise hasardeuse de la communauté "running" face à sa bobologie narrée maladroitement, selfie-pied à l'appui avec flèche pour indiquer la zone douleureuse (!). Nous ne préconisons assurément pas la démarche tandis que nous en "saisissons" les motifs (bien sûr, nous ne sommes pas dupes et bien trop souvent, le runner se laissant aller à ce genre de démarche entend se faire plaindre, balancer du pathos "je suis un guerrier" et autres déclinaisons de son ego par-delà la performance ...).


En effet, le runner fragile 3.0 balance parfois son selfie-pied très graphique sans en appeler à l'expertise de la plèbe auto-proclamé toubib' par la sainte-grâce de la Google Institute! Ce runner intrigue tant ses motivations sont nébuleuses. Il en profite parfois pour intégrer sur le cliché quelques éléments a priori étranger au sujet quoique totalement intégré à la démarche narcissique et egotripé! Pour caricaturer le runner à selfie-pied glissera en arrière plan son mobilier dernier cri, sa lecture du moment ou autres matériels rutilants de running ... placement de produit au service de l'aliénation ...


Un selfie-pied agrémenté en commentaire du diagnostic d'un médecin du sport peut avoir quelques vertus pédagogiques sur une page running ... ou pas! On assiste parfois à la publication de quelques radios agrémentées de jargon clinique. Ici, le runner entend frimer par la prise en charge médicale de sa personne sportive, comme un professionnel en larmes évacué du terrain sur civière ... Le pathos on vous dit!


Face à cet étalage creux et sans intérêt, la compassion de la "runninGOGOsphère" bat son plein. Un shoot d'empathie à bon compte et qui n'engage pas, trop! Une cascade de pouces bleus et autres déclinaisons du like ... On clique pour Jean-Run qui souffre! Ouf, Jean-Run se maintient dans l'impudeur et collecte de la crypto-reconnaissance par le selfie-pied! Étonnante époque ...


Ne vous avisez surtout pas de manifester ne serait-ce qu'un zest de dégout ou d’incompréhension face au spectacle décadent de l'impudeur ... malheureux! Non, le Running, c'est désormais la fête de l'empathie phagocytée par le Rien: la sortie de 10km en 1h25, le déguisement de corrida de fin d'année et le ...selfie-pied!


Seul Jimmy et son selfie quotidien (qui ressemble autant à celui de la veille qu'à celui du lendemain) "ont" le droit de se pavaner avec quelques sorties correctes systématiquement postées sur les plus main stream des pages de la runningospère ...


Le selfie-pied est l'un des symptômes du cancer du running.

Le running salue ce qui t'empêche de courir, la blessure ... De là à croire que le runner 2.0 a besoin de "vivre" la blessure au moins une fois pour "en" être, comme un rituel de passage, il n'y a qu'un pas claudiquant. L'Homme moderne s'invente-t-il des combats et des douleurs tant il s'ennuie dans ce confort factice et matériel?


Mais au final, on ne comprend toujours pas!

Une entorse ressemble à une entorse et il n'y a donc rien d'exceptionnel à dévoiler ton pied dégueulasse aux ongles mal taillés. Le runner est trop étroit pour le garder pour lui? Il lui faut montrer, tout montrer pour vivre la chose à travers la réaction des autres (on retrouve la même chose avec le #PornFood etc ...).


L'occidental a une vie de merde et s'ennuie. Il ne parvient pas à trouver ce qu'il vit de ses yeux joli, agréable et vibrant. Il doit donc le vivre une seconde fois (souvent il ne la vit même pas initialement) à travers les réseaux sociaux, avec le commentaire et le like de l’abstraction numérique (un filtre qui enjolive) pour y trouver saveur ...


La névrose ...


Le Joggeur Qui Râle ...






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