Finisher # Supprimer la médaille pour tous ?

Médailles, maillots affreux et autres goodies made in china qui finiront de toutes façons remisés au fond d’un tiroir lui-même abandonné dans un grenier. Cet amoncellement de ramasse poussière pousse les tarifs vers le haut façon D+ de l’austérité.

Moins de babiole et des dossards plus abordables ? Chiche !



Ils font toujours plaisir ces petits objets consignés dans leur sac entre la bouteille d’eau et le biscuit sous cellophane. Il est sympathique, n’est-ce pas ce t-shirt de la course du dimanche matin. Et sur les gros événements, qu’elle semble mériter cette belle médaille, dit aussi breloque, de finisher …

Oui, mais voilà …


Pas très écologiques ces fanfreluches ...

C’est le moins qu’on puisse dire, direct from china ou asie du sud-est. Et cela ne semble offusquer personne, pas même ceux là qui éructent à longueur de hashtags leur amour de la Nature, et leur pratique responsable (novlangue) du Trail … Au lieu de cela, ça se pavane en t-shirt finisher rose (pour les filles) la médaille oxydable entre les dents ! L’effort rendrait-il totalement sot ? L’attaque talon sur sol rocailleux sans doute … Bref.

Greenwashing aidant, à coup de « prenez votre gobelet », la crise d’écologisme est éludée in extremis, de l’eau en bouteille pleine le camelbak !


Un goodies pack qui plombe le budget …

Les frais d’organisation, d’assurance, le gueuleton pour remercier et briefer les bénévoles etc etc … plus la commande de médailles, de t-shirts techniques (excusez du peu, ils sont « techniques » les maillots finishers), le gobelet estampillé « trail de la roche noire » (exemple inventé à l’instant qui existe sans doute, lieux communs), jus de pomme, bière artisanale et LOCALE, gâteaux « gourmands » merci le marketing) … liste non exhaustive, à chaque région ses spécialités balancées sur le trailer encore en sueur !

L’euro du kilomètre est trop souvent le tarif minimum sur la course nature – trail du coin … Ça râle à demi mots entre deux maux de genoux, puis ça tape du clapping dans l’euphorie générale. Ou quand la victime célèbre son statut au rythme de son bourreau.

La philosophie du « souvenir »

On argue souvent que ce t-shirt, ou cette médaille, ce sont les marques de notre participation à un événement. Une réification du souvenir. Quelle défaite de l’esprit. Les photographies ont parfois ce pouvoir (surtout quand elles ne sont pas dealées à prix d’or dans une perspective exclusivement business), pas la babiole qui s’entasse dans le tiroir. Le souvenir, c’est la marque que laisse un instant dans l’esprit, par définition indélébile lorsqu’il est marquant, et parfois réanimé tel Proust et sa madeleine.

Il est d’une immaturité de tout vouloir réifier. Souvent pour mieux pouvoir l’étaler aux yeux de tous, sur les réseaux sociaux notamment.

Ne participons plus à l’infantilisation des masses.



Le Joggeur Qui Râle



Article précédemment publié sous un autre pseudo et pour un autre média ...

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