Gérer l’abandon # Entre humilité et spectacularisation ...

Si l'important est de participer comme le disait jadis l'autre, il demeure très délicat de pianoter avec l'abandon! Torturé sur les sentiers de cette petite course du dimanche, le runner alterne les allures, ralenti, marche, voit les autres le déposer ... ça cogite fort. Les sentiments se bousculent sans courtoisie! Après une énième récitation de pathos #NoPainNoGain et autres "la douleur c'est dans la tête" ... c'est le stop, le bas coté, l'abandon! Les encouragements bienveillants des "encore en course" n’y changeront rien! Tu as basculé de l'autre coté! Les premières fois ne sont finalement pas que du bonheur, quoique toujours mémorables! Vilaine moue à l'arrivée ... tu philosophes au mieux, tu balbuties quelques excuses au pire ...

Bref, tu gères ... ou pas!




L'abandon, ça peut arriver (même aux meilleurs!)


La prudence commande parfois l'abandon quand la bêtise inspire toujours le pire. La douleur ce n'est pas que dans la tête! N'en déplaise aux prédicateurs à #Hashtags!

Cette violente douleur au mollet ou à l'ischio-jambier, ce vertige inhabituel ... ce sont des signaux auxquels il faut savoir prêter l'oreille - à moins que tu ne cours avec ton MP3 - avec intelligence et raison.


La douleur est éphémère et l'abandon définitif ... foutaise. Cette douleur pourrait bien te léguer une vilaine blessure et de longs mois de coupure. Éphémère disait le dicton colporté par les réseaux sociaux de l'indigence ... tu parles!

Non! Tu as quelques courses à ton compteur et tu n'as pas tout à te prouver à toi-même! A moins que cela ne soit le regard des autres, ton ego et ton amour propre qui posent ici problème?


Une saison, c'est du moyen-long-terme ... le court-termisme est une valeur frelatée. Et crois nous, l'abandon, vu ton "niveau", cela ne sera un drame pour personne, tandis qu'une fracture ou un malaise ... Nul besoin par ailleurs de t'inventer d’ésotériques justifications ...

Une vilaine douleur, un peu de Raison et de Prudence, voilà tout.


Écologisme patho-cyber-narcissique


Il sera question dans cette partie du recyclage de la non-performance (ici l'abandon) en catalyseur de reconnaissance socio-numérique!


 Les réseaux sociaux ... cette chambre d'écho mué en dôme de l'ego. Tout le monde scrute tout le monde avec une attention toute relative quoique diffuse. Observé "fantasmagoriquement", le socionaute narcissique gesticule ....

La société moderne postule en principe la reconnaissance par la réussite, la performance ou le geste marquant! Spectacularisation de la générosité, de l'effort et de la douleur désormais, aussi! ... Hélas, pas de place pour tous sur les podiums du dimanche matin ...

Alors?


Et bien, le runner en proie à l'abandon et à l'egocentrisme saura exploiter - recycler - son malheur, enrobé de pathos! Instagram, Youtube et Facebook sont les vecteurs privilégiés de Story mise en scène à la Hash(-tag) pour séduire et émouvoir un public docile face à ces nouveaux paradigmes du spectacle.

Savoir abandonner, c'est parfois être courageux. Abandonner ne l'est pas! La nuance est l'ennemie du déclin cognitif!

Bref, l'abandon est pour certains l'occasion idéal de se faire plaindre, de récolter du likes et des "j'aime". De la reconnaissance numérique factice essentiellement.

"Moi je" coté pile et coté face, en dès pipés où le pathos gagne toujours ... L'humilité en PLS par esthétisme, en réalité défunte.



Abandon et ego ...


Brèves digressions enfin sur le retour du concret dans la face du runner impétueux!Voici l'heure de la synthèse pour clore cette réflexion sur l'abandon ...

Impliqué sur une course et entraîné pour se résigner à l'abandon, c'est dur. Savoir écouter les signaux de son corps et avoir la prudence - écoute et prudence, soit, la Raison - d'en capter les incidences, c'est délicat.


L'ego commande parfois -  à travers le prisme des autres, dont l'hôte fait partie - l'irrationnel. Attention, l'ego sait également insuffler  un courage et une force salutaires en certaines circonstances. Tout est comme en tout une question d'équilibre, de subtilité.

Si l'abandon bien géré en course permet d'épargner le corps, l'abandon mal géré  après course peut meurtrir l'égo! Relativiser ... inscrire sa saison sur le moyen-long-terme ... prendre conscience de son intégrité physique comme élément d'un Tout intégrant l'âme ... oublier l'abstraction de l'Autre numérique des réseaux sociaux ... tirer partie et leçon des aléas de la vie ... L'humilité est le terrain le plus stable pour avancer sereinement.

Un zest d'ego sur une bonne part de Raison assurera le goût pour un retour en condition prudent et vers de nouveaux objectifs  quand l'abus tourmente l'esprit et torture le corps par la précipitation ...


A l'heure de Strava et des selfies post-séance sur Instgram et Facebook, la domestication de l'ego n'a jamais semblé aussi importante que la maîtrise de rudiments en physiologie (et biomécanique), pour que la course à pied demeure source de Libération et de Plaisir.

L'abandon perturbe encore cette alchimie délicate ... L'abandon est une mise à l'épreuve sans pitié!

Le Joggeur qui Râle


Cette brève digression sur la notion d'abandon en course à pied / trail s'inscrit dans l'initiative de " Courir un trail " (cliquer pour accéder au site).



 

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