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Ultra-Trail & grossesse: courage ou irresponsabilité?

Mis à jour : févr. 12


Une chronique sur une question qui a ce don magique de susciter les réactions les plus creuses et molles de tout ce qu'autorise le 2.0 dans sa déclinaison "moi j'ai" un avis et une sensibilité: de la féministe dévoyée à l'ami des dames qui cache une main moite dans son froc ... Peut-on -  plus précisément dans quel contexte - courir enceinte? Bien sur, je ne suis ni médecin ni obstétricien, mais toi non plus. L'avis du neveu de l'oncle de ta voisine ne compte pas, trop dilué! Le bon sens sera ici notre seul toubib' et tant pis si l'anticipation de vos réactions niaises et indignées nous inspirent déjà!



Anecdote

 Pour commencer, et situer le contexte inspirant une telle chronique, une anecdote lue sur une page Facebook dédiée au trail, commentaires, likes et encouragements compris... rien que d'y repenser...!

Aussi, ce qu'il y a de bien avec l'esprit "moi je" sur Facebook, c'est l'exhaustivité relatée, tout est dit, sans retenue. Formidable et sordide à la fois.

Une jeune traileuse enceinte relate ses pérégrinations  rocheuses dans les montagnes, trail oblige! Précision, la lady est enceinte de plusieurs mois et affiche - clichés de ses "exploits" à l'appui - un ventre bien rond! Elle explique sa lente descente aux enfers, ses douleurs, vertiges nausées, envies d'abandonner surmontées au courage, le mental!! Les amis et l'assistance applaudissent ce mental inoxydable. Premier point ravito, l'hésitation revient mais elle repart. Les symptômes précédemment énumérés reviennent, puissance 10. Petite nouveauté, des mains violacées ... puis arrêt forcé au check médical après une descente technique au cours de laquelle notre amie a failli chuter à de nombreuses reprises. Ici encore, applause! Le personnel médical lui a donc ordonné de cesser là, lui rappelant qu'elle a mis sa vie, et celle de son "bébé" en danger. Hélas, pas de photographies des mains violacées, ou heureusement!

99% des commentaires lus ne faisait allusion qu'au seul courage et au mental de cette traileuse d'acier (mais amatrice)! Les quelques commentaires soulevant l'imprudence de l'hôtesse sont vite bâchés sous une pluie d'insultes souvent mal maitrisées, l'aubaine est flagrante quand l'auteur est homme: misogyne! Sexiste! Nazi! Une expérience surprenante!

Pourquoi un tel comportement?


C'est mon choix

Sportive toute l'année, Audrey entend bien conserver ses habitudes une fois enceinte. C'est bien légitime d'ailleurs. L'ordre naturel est quelque peu tyrannique avec les femmes en leur confiant ce rôle pourtant si noble mais bassement aliénant (? discours de féministe médiatique militant pour l'utérus artificiel chez l'homme, sisi)! Et puis, s'afficher sur les réseaux sociaux en sportive avec un gros bidon, c 'est tellement chou .. ça émeut les girl power de comptoir en plus! Parfait!

La pratique sportive n'est pas inconciliable avec la grossesse. Il est très accessible de se documenter sur la question au delà des dogmes d'ailleurs (dans un sens comme de l'autre). Telle n'est pas la question ici (voir notre lien en bas de page). Nous faisons référence, en digne cohérence avec l'anecdote décrit plus haut, à celles qui forcent, qui font jouer le mental face aux alertes du corps!

Prendre un dossard sur un triathlon, sur un trail ou sur un semi pour y afficher sa résilience et son mental à coup de gros ventre ne révèlerait-il pas au fond une déclinaison du si pénible "moi je" dans sa version la plus hard!? Cette hypothèse inspire des questions bien délicates à résoudre ...

Courir ici est un affront aux contraintes. Une façon d'être vue, regardée, admirée, détestée ... une façon d’être plainte, cajolée, applaudie ... oh putain quel égo!!! Tu t'es vue?

Tu prends la pose de profil pour qu'on voit bien ton gros ventre! Il faut te laisser passer alors que tu te donnes à fond! Tu aimerais qu'il n'y en est que pour toi en fait! Tu ne fais donc rien gratuitement, tu es intéressée, tu te sers de ton gosse pas encore né comme d'un passe-droit, comme à carrefour rayon caisses!

Tu passes de pauvre femme enceinte à femme malgré tout et dynamique! L'arbitre entre les deux? Ton seul et unique égo ....


L'intime exposée ou la vulgarité moche

Une femme enceinte, c'est beau. Tu rayonnes entend-on avec une légitime et louable bienveillance. Et c'est vrai que la mine épanouie d'une femme portant la vie peut avoir ce petit truc de touchant et respirant la quiétude (hors nausée, mais ça se passe en coulisse de l'ostensible ça!). Tel n'est ici pas encore le propos.

Ce qui est moche, c'est Audrey en shorty et top laissant apparaitre ce gros ventre au milieu d'un peloton. On ne cesse de te dire que tu es belle ainsi? Mensonge! L'enfer pavé de bonnes intentions en action! Tu es affreuse dans cet accoutrement! Un peu comme une vieille qui voudrait faire jeune!

En plus, tu contrains le peloton à des manœuvres périlleuses pour te contourner, car hélas pour toi et malgré ton mental d'acier - il faut te reconnaitre cette qualité -tu n'as pas ton allure habituelle, tu te traînes ...  et malheur si un goujat t’effleure par inadvertance. Car si tu maltraites ton "gosse" en rebondissant bruyamment sur l'asphalte, tu ne peux supporter que la plèbe stérile environnante esquisse le moindre mouvement brusque dans un joli rayon autour de ton karma dévoyé de m'as tu vu pour deux!

Bref, à part épater une galerie idiote, hypocrite ou aliénée par le conformisme mou et creux, tu ne gagnes rien à vouloir t'aligner sur des courses pendant ta grossesse!

Enfin, pour faire taire les mégères feignant par paresse intellectuelle de ne pas comprendre nos propos, voici ici un avis intéressant sur la question, ce lien est plutôt intéressant ...


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