Instagram # Quand l’Élite perd face au réseau social et ses professionnel.l.e.s

Mis à jour : févr. 10

Les réseaux sociaux en général et Instagram de plus en plus en particulier permettent de suivre à la fois le gratin mondial de la course à pied / running et les nouveaux acteurs agités du nouveau monde numérique, les instagrameurs/euses influenceurs-euses ... Le segment est très féminin (tu parles d'une émancipation ..).

Nouvelle profession pour les un.e.s, vecteur de visibilité pour les autres.


Les champions, pas toujours accompagnés par les structures (publiques et privées) à la hauteur de leur implication et de leur talent, doivent de plus en plus se montrer via les réseaux sociaux pour attirer les partenaires (les marques) et financer leur passion

.

La concurrence fait rage. Ou pas ...




L'athlète élite fait-il le poids au professionnel du Personal Branding et du Digital Marketing?


Deux axes de réflexion pour tenter de répondre à cette question. Deux axes articulés entre eux par le marché! Un comble ...


Que recherche les #Followers sur les réseaux sociaux?

On distinguera pour confort de l'argumentation le follower et le suiveur. Le follower est le nouveau fan en quête d’idole abordable. Le suiveur est un passionné de course à pied curieux.


L'instagrameuse professionnelle (le segment étant très féminisée, on parlera d'instagrameuse/influenceuse, car hors de question que le masculin continue de nos jours à confisquer l'expression et la langue) draine plutôt - mais ce n'est pas une règle absolue - du followers, du kilo-followers même. Culte de la quantité, l'instagremeuse se doit d'être abordable. Un vecteur d'identification, d'inspiration et de motivation. L'instagrameuse ne clive jamais et communique "subtilement" pour plaire à toutes et à tous. Effet barnum et autres niaiseries "universelles" composent les tables de sa Loi.


L'instagrameuse doit impressionner parfois pour se construire une légitimité auprès de sa communauté, mais pas trop. L'astuce consiste bien souvent en des "performances" quantitatives. Celles-ci postulent certes un engagement, mais pas de talent particulier. Aller courir 100 km en 18 heures impressionnera donc sa communauté beaucoup plus que de taper un 35'30'' sur 10 km ... et pourtant. Ici, le suiveur connait ce que le follower ignore ...


La professionnelle des réseaux sociaux sait emballer le rien (ou le pas grand chose) pour en faire un produit exploitable, monétisable ... les partenariats sont séduits par ces gesticulations quid raine un public docile et peu regardant in fine.


L'athlète élite quant à lui (elle) utilise les réseaux sociaux pour communiquer autour de sa pratique sportive. Séances, objectifs, compétitions ... se déclinent en photos et vidéos. Le suiveur pourra apprécier la rigueur et le décalage qualitatif entre sa pratique propre et celle de l'athlète qu'il suit. L'humilité se dessine au crayon de l'admiration.


L'excellente demande une implication constante, l'athlète doit donc pouvoir vivre de sa passion malgré ses contraintes. Certains profitent de partenariats avec de grosses firmes et s'en sortent. Certaines collectivités soutiennent les élites, l'armée autorise un statut conciliant et salutaire. Mais les autres devront jongler avec ces contraintes. gratter un sponsor/partenaire implique donc un retour sur investissement et donc une visibilité sur les nouveaux médias, les réseaux sociaux.


L'athlète élite investit donc un autre terrain, ès-qualité. Certains s'en sortent mieux que d'autres.


Mais derrière l'athlète, un homme ou une femme. La communication gesticulante sur les réseaux est usante mentalement. Elle expose l'athlète à son ego parfois également.


Les médiations entre l'auto-sur-exposition sur les réseaux sociaux et le déclin de la motivation à l'entrainement (et par ricochet des résultats en compétition) est un vrai sujet qui mériterait l'étude sérieuse.


Que recherche les sponsors sur les réseaux sociaux?

Les sponsors communiquent sur l'amour du sport et de ses valeurs ... blablablabla.

Et pourtant, l'athlète blessé, l'athlète enceinte ou celui dans le creux de la vague est bien souvent exclus de la Team Family à laquelle il avait cru appartenir lors de la signature d'un contrat ... L'athlète n'est qu'un vecteur de communication.


Le professionnel des réseaux sociaux lui, n'est pas confronté aux aléas de l'excellence sportive. Sa contrainte, drainer de la quantité (du kilo-follower) malléable et docile à la communication marketée du professionnel.


Discours niais et peu clivant donc. Insertion d'éléments affectifs, émotifs et familiaux pour émouvoir la nouvelle ménagère internaute de moins de 40 ans (si possible dépressive dans l'individualisme des grandes villes). Le business model de l'influenceuse est l'anti-féminisme enrobée d'une double couche de niaiserie et d'identification. Nauséabond.


Le business délègue donc à l'influenceuse le sale boulot de la prospection efficiente.


L'athlète élite a perdu d'avance face à cette vocation sans scrupule. L'influenceuse n'a de compte à personne ou presque (si ce n'est obéir au cahier des charges standardisé de ambassadrice de la Team Monde) ... Plus abordable que de maintenir son ranking mondial en vue d'une qualification aux JO ...



Articulation et prospection

Le business n'a pas de sentiment. Il va là où les perspectives sont. La perspective quantitative et docile de la communauté des followers est intéressante. Nuançons le propos. Les grosses marques telle Nike, n'iront jamais s'incarner dans une égérie discount telle miss cajou ... il ne faut pas déconner.


Le gratin peut vivre grâce aux grosses marques (cf. famille Ingebrigtsen) en s’exprimant sur la piste. Les instagrameuses peuvent vivre de leurs gesticulations stériles sur les réseaux sociaux. Les autres sont condamnés à devoir gagner sur les deux terrains. Être crédible sportivement et communiquer sur le terrain des professionnels de l'instagame.


La faute aux marques? La faute aux parasites du sport? La faute aux "gens" et leur ignorance de ce que représente l'exigence et la rigueur du haut-niveau, de cette propension à ne devoir admirer que ce qui peut leur ressembler de près ou de loin?  A l'abrutissement général et au déclin cognitif orchestré par la dictature de la marchandise? Le sport et l sportif ne serait-il qu'un support pour écouler du code promo et de la marchandise?


L'athlète élite a-t-il perdu d'avance sur le terrain de l'influenceur?


Bon courage.



Le Joggeur Qui Râle


Nous vous invitons à consulter nos précédentes chroniques afin de mieux comprendre l'impact des réseaux sociaux sur la pratique du runner, ainsi que l'arnaque des influenceuses ...

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