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Running # 11 raisons pour justifier un échec en course ...

Mis à jour : janv 28

La rançon de la gloire avec le tout-numérique, c'est la communication de la gestion de crise!

En effet, abreuvant la runningosphère des moindres péripéties de son existence sportive - vu le niveau, cela ne devrait être que le dimanche, cqfd. - il est dès lors périlleux, pour le runner 2.0, d'éluder les comptes rendus, ou debriefings  (le runner 2.0 croit que la planète running 2.0 n'attend que cela le dimanche en fin de journée) des compétitions après avoir exposé le roman-photo d'une préparation! Dura lex sed lex ...

Attendu au tournant malgré le tout droit dans le néant de son chrono dominical, le runner 2.0 doit ruser pour justifier cette stagnation.  Ce n'est pas toujours très subtile. Prévisibilité et finesse ne font-elles bon ménage que dans l'excellence? Hors propos le concernant, hélas. Petit écueil de ce qui se fait de plus "classique" sur la planète running(-gag) 2.0 quand il s'agit d'expliquer cette énième piteuse performance ...




Tentons un peu d'ordre dans cet exercice d'analyse du runner gymnaste contraint malgré lui au grand écart réseaux socio-cognitif en adoptant un prisme en forme de déroulé chrono-illogique.

Avant de commencer, pourquoi onze et non pas dix? T'occupes!

Les constructions a priori ...

Quand tu as laissé autrui fonder des espoirs en toi sans que tu n'aies rien demandé, un sombre parfum de pression embaume ta sérénité. Pour désamorcer l'inexpugnable déception qui point, déjouons la fatalité. Anticipons par quelques modérations faussement innocentes ...

La "blessure" ou la grippe sauve Jean-Eudes in extremis ... (1)

"Pas de pot. Faut toujours que ça m'arrive à moi!". Entre résignation, agacement et même philosophie - #Maturité - Jean-Eudes peste tout de même un peu sur le moment. Coup dur. A quelques jours de son objectif  avec un grand O! Préparation au top narrée avec passion et grinta sur son réseaux social fétiche, le gros chrono est annoncé, on allait voir ce qu'on allait voir. La tenue de warrior du bitume était prête, parfaitement repassée, plié et amidonné. Le run plaisir étant en congés pour quelques temps. Une sainte odeur de naphtaline témoignait du caractère long terme et réfléchi du projet. Course visée et cochée en rouge dans le calendrier.

Jean-Eudes a vendu du rêve. Jean-Eudes s'est emballé et a fini par se mentir à lui-même. Les limites du "quand on veut on peut". Les slogans de la motivation de la runningosphère ... ce boomerang qui revient. La réalité postule une dextérité non innée.

Jean-Eudes temporise et tempère l'auditoire en singeant qui d'une bronchite, qui d'une grippe ... selon la saison. Parfois, un selfie mal cadré et sans filtre appuie la manœuvre dolosive.

Schyzophréniquement déçu d'un lui-même pourtant à son maximum, il aura sauvé les meubles vis-à-vis de la planète running 2.0 qui le scrute du regard, de loin. Sauvé!

Je fais le "pacer" pour un pote ... (2)

On parvient parfois à convaincre quelques amis, connaissances, ou "amis" facebook de venir courir, un peu. Bon, bien souvent, le monomaniaque runner 2.0 dégoute tout simplement son cercle extra-runningosphère de ce sport. Mais pas toujours.

Le runner 2.0 étant par nature sympathique, entre deux exaltations incontrôlées de son "moi je", il sait calmer le jeu et renoncer à la vitesse le temps d'une course. Il arrive hélas parfois que le runner 2.0 option "runner lent" peine à suivre son pote "Baptiste" qu'il parraine pourtant en ce jour de Baptême de course ... Amen!

Battre péniblement son PB  en accompagnant son pote puceau du running, c'est dur (difficile en sus de célébrer cette "perf' sans se faire piquer la vedette par son néophyte de binôme d'infortune)! Le plus éhonté ira même jusqu'à clamer que il est très périlleux pour le runner "confirmé" de courir hors allure*!

* si le propos est acceptable pour un gap 3'45/4'10", nous sommes plus réservés s'agissant d'un runner prétendant une allure moyenne de 3'40" sur 10 km mais contraint de s'adapter à 4'50"!


Je prépare une autre course et bosse mon allure marathon ... (3)

Un classique pour le runner désireux de ne pas se mettre la pression et calmer les attentes. Parfois, il s'agit d'un motif tout à fait valable et recevable. Une course en forme de sortie publique pour celui qui sait ne pas se laisser griser par l'ambiance des pelotons et par l'odeur des bananes coupées en grosses tranches et des cakes!

Le trail/cross/route n'est pas ma discipline de prédilection ... (4)

J'aime pas la boue! Je ne suis pas à l'aise dans les descentes! J'ai les chevilles fragiles! "Mon osthéo" m'a déconseillé de courir sur du "dur" ... Les classiques, ici, ont des "allures" de poncifs!

On se demande pourquoi Sylvain court, tant il semble inadapté à ...la course à pied! Sylvain est toujours à fond et souvent en forme. Mais Sylvain est insatisfait de son niveau actuel. Demain, il sera plus fort et plus vite croit-il encore .. en attendant, il jongle avec les excuses pour s'extraire de son état actuel de runner lambda.

Et demain? Demain, il continuera à jongler. Un clown triste maquillé en tigre. En cage!

Avec ma grosse semaine, ça va être "chaud" ... (5)

"Moi tu comprends, avec mon boulot ..!". Ou encore, "Avec ma préparation marathon et cette semaine charnière ...". On a toujours une bonne raison pour s'expliquer une faiblesse. Motivation en berne ou jambes qui ne tournent pas le jour J. Plutôt que subir deux fois (ta semaine et le manque de légèreté de ta foulée), anticipons! Soyons clairvoyants ...

Ta contre-perf s'explique tout naturellement. Le couperet de la réalité n'épargne que les sur-hommes. Une qualité que tu n'as pas honte de ne pas t'accorder. Fausse modestie.

On précisera, en forme de transition, que ce motif est également invocable a posteriori. Il s'agira alors ici de conjurer une frustration (légitime parfois) ou de répondre hargneusement aux doutes émis par l'Autre. L'empathie ne s'exigeant pas, Michel ce faisant sera souvent ridicule et révélera une bien triste usurpation de sa qualité de runner militant du "courir juste pour le plaisir". Comme bien d'autres d'ailleurs.

Nous nous égarons déjà.


J'ai couru pour le fun et déguisé ... (6)

Et en plus j'ai poussé une joelette! Ayant déjà trop longuement glosé sur la "chose", nous vous renvoyons à notre précédente chronique sur la problématique du runner déguisé - Fléau des Courses # Le coureur déguisé!- (cliquez sur ce titre pour accéder au torrent de haine).

En substance, le runner déguisé est lent. Le runner déguisé usurpe du sas et aime se placer devant les projecteurs en prônant les valeurs du sport. Quitte à  provoquer bousculades et cohues au départ en formant des barrages humains cacophoniques et visuellement traumatisant pour le commun des mortels. Une curiosité sociale érigée en vecteur de fun et de promotion pour les courses. Lourd.

Le pathos a posteriori ...

Parfois, on crois que, et finalement, non! L'occasion de ressortir ce genre de baratin à l'adresse des naïfs un peu niais ...

L'erreur de matériel ... (7)

Le sur-équipement, fils du mercantilisme et de l'égo, conduit parfois le runner 2.0 (plus docile qu'éclairé) à quelques turpitudes. La Flyknit racer sur sol mouillé, ça glisse et ça patine. Le textile inadapté et contraire aux règles physiologiques de la thermorégulation, ça ne baigne dans l'huile qu'au sens propre (ou sale, paradoxe des maux)! Etc etc ...

Tout fier d'exposer à J-1 ton run pack soigneusement disposé pour la postérité numérique, Romain n'en a fait qu'à sa tête. Souci, il n'en a pas!

Non las d'avoir payé cher cet attirail estampillé inc., tu repasses à la caisse à l'heure du bilan du jour et de la course.

Qui paie mal paie deux fois, enseigne-t-on à l'université.

L'entorse, enfin la foulure* qui va bien ... (8)

Brice allait bon train. Il volait. Il ne s'était jamais senti aussi bien. Ses  temps intermédiaires laissaient augurer du bon. Du très bon. Un PB qui sait ... mais patatra!

Brice finira cette cavalcade sauvage en claudiquant.  Un selfie de sa cheville enveloppée de ces poches de froid glanées au point médical, bonjour la récompense et les honneurs! Tout va bien et rien ne se perd!  La malléole à peine gonflée et sans ecchymose, plus de peur que de mal. Mais qu'importe, le mal est là. La performance de Brice est décevante. Pour lui, pour ceux qui comptaient sur lui, aussi. Qui s'étonne encore de voir Brice systématiquement gâcher ses si belles préparations d'objectifs ...

* en fait, un petit cailloux sur la route, vecteur d'une légère instabilité à l'abord du dernier kilomètre.

Satanée organisation et sa gestion des sas ... (9)

Dur. Te voilà parqué dans le paquet. Au milieu des vétérans 3, des cadets et des coureurs déguisés aventurés hors du fond de grille de départ ... ça se bouscule au portillon. Emmuré vivant, au revoir chrono et place honorable. Tu as perdu avant de commencer. Sincèrement, une fois égrainé le peloton, ce semi-marathon te laisse le temps d'allonger le pas, tout en progression, sans déficit d'O2 ... tu n'as peut-être pas tant perdu au change. Qu'importe, cette circonstance initiale t'offrira une carte joker. Faire croire à ton petit monde que tu aurais pu glaner de grosses minutes tout en étant fier de toi dans ton for. Coup double donc. Tu grattes du " Pas mal malgré ...".

Fripon!


Titulaire du PSC1, j'ai secouru un coureur en grand péril ... (10)

...même si au final c'est ma course qui part à la dérive. Dévouement qu'il convient d'amortir ici bas, sur la Toile. Célestin a manqué au devoir le plus élémentairedu runner 2.0:  le selfie, bon dieux!  Outre ce pauvre audacieux parti trop vite et trop rapidement en naufrage urbain, c'est la runningogosphère que tu aurais mis en PLS en capturant pour l'éternel cet instant héroïque! Nostalgie des occasions manquées sitôt reparti.

On te taquine, tu as eu ce mérite de t'arrêter et de t'enquérir de l'état de ce présomptueux qui paie cash ce qu'il a consommé à crédit: un départ trop rapide en totale usurpation de sas pour la gloire de l'ego dans l'instant qui ne dure pas.

Le (fameux) jour sans ... (11)

Grégory devrait plutôt s'extasier du "jour avec" que de déplorer le "jour sans", qui est en fait règle et pluriel. Le curieux qui ira scruter la "perfo-graphie" de ce runner 2.0 stakhanoviste observera une collection de "jours sans" confinant au calendrier des éboueurs. Le curieux est un méchant élitiste snobant l'ambassadeur du running 2.1.

Vite sans ressource, ou vite noyés de sensations "moyennes", le mental n'a en tout cas pas suivi. D'ailleurs ce mental si largement promu à travers ces slogans ( Adage # "La douleur est temporaire, l'abandon est définitif.") creux facteurs de blessures pour les plus vils esprits, ne suffit pas toujours. Mais quand il décroche en même temps que le jeu de jambes ... tu glisses doucement dans le peloton. Plan B, C, D ... même les plus cancres connaissent l'alphabet. Tu es dans le dur. L'abandon pas question. Principe cardinal. Tu finis en roue libre. Tu as eu le temps de consommer ta déception ... et tu as déjà le script de ton pathos à l'adresse de tes followers.

Nous vous épargnerons le "jour sans" sauce souci gastrique et inconfort. Fléau du runner traqueux ou du runner arrosant paradoxalement non pas sa victoire mais sa défaite la veille de la course ... Le classique "jour sans" pourra être combiné avec quelques uns des points visés plus haut.

Précision utile. Le "jour sans" est d'autant plus valable que tu performes au moins un peu les "jours pas sans".

Le runner 2.0 est parfois susceptible. Susceptible, le runner 2.0 est tantôt censeur, tantôt délateur, mais aussi parfois doué de dérision. Résultats des courses, un podium composé de petits mots sympathiques, d'insultes creuses et de blocage de compte. Généreux et caustiques, nos trop rares lecteurs partageront cette chronique sur ce qui se fait de running sur les réseaux sociaux, afin, bien sûr, de répandre la sage parole ... 

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