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Le Runner est-il l'ambassadeur de la nouvelle IDIOCRATIE ?

Mis à jour : janv. 29

Selfie post-séance, perche à selfie dans les pelotons, selfie-run, selfie-pied et demande de diagnostic en ligne auprès d'une communauté bac - 8 en médecine du sport, crise de hashtagîte aiguë, captures garmin médiocres balancées sur les réseaux sociaux, pathos ... pathologique, quémander puis exiger de la reconnaissance numérique auprès de ses semblables et l'obtenir, montrer son cul en haut des cols avec vue panoramique sur l'égo du néo-traileur, tattoo 42.195 ringard, camelbak sur course nature 12 km - 150 D+, courir blessé car c'est trop ma drogue de courir, #finisher en 6h29'47" et poser avec sa médaille plus achetée que gagnée, #RunNaked , influenceuse qui place sa camelote en se foutant de ta gueule (...)


Le running, cette libération qui aliène ...




Inutile d'oser dresser une liste exhaustive des nouveaux comportements générés par la pratique de masse du running. Quelques lignes directrices tout au plus, c'est l'objet de nos chroniques depuis 2017 maintenant. Avantage (ou plutôt inconvénient de la massification exponentielle), un renouvellement en temps réel des attitudes, des comportements, des gestuelles et des errements.


La massification concerne d'abord la pratique et ses adeptes. Elle concerne également ses dérivés, notamment numériques. Le RUNNER équipé et connecté communique avec son prochain, en réalité son semblable formaté (par le marketing et l’homogénéisation des égos par la névrose consumériste, fruit de l'ingénierie sociale), sur les réseaux sociaux à la conquête de la reconnaissance qu'il ne sait bien souvent, et hélas, pas trouver ailleurs.


Le RUNNING, c'est un peu le terminus des ambitieux déchus. Haro sur la performance et le chrono, le RUNNER court pour le plaisir et le partage. Enfin SON plaisir et SON partage sur facebook et instagram essentiellement. Le Graal? Le puce bleu et le bon mot de la communauté à laquelle il adhère de facto en enfilant short et basket! Quelques dimanches dans l'année, c'est la médaille de #Finisher qui vient combler sa boulimie egotripé de reconnaissance et d'existence par l'effort modéré.


En faire des caisses pour émouvoir et attirer l'attention. Se déguiser et se grimer de rose pour amuser un public amorphe qui clique, sourit et applaudit par principe. Borner toujours plus pour ne pas avoir à se soumettre à la rigueur de l'allure ... Les monochromes se font artefacts chez les aliénés sous contrôle d'égo en mode arbre au milieu de la forêt des semblables.


Un égregore du néant dans lequel (un petit) Rien est salué comme un (grand) Tout. Surtout pas de prise de tête. Pas de bon sens non plus ... désormais tout est égale. L'élite et le néophyte et tant pis s'il faut éluder la réalité. Le marathonien en 2h20, de visu, souffre moins qu'un SUB4H, ce dernier a donc plus de mérite. Quitte à oublier ce slogan que tu as posté toi-même hier sur ton MUR et sur celui de ces quelques groupes dans lesquels tu gesticules pour exister, un slogan qui évoquait, dessin à l'appui, la partie émergé de l'iceberg représentant la course, et la partie immergé représentant l'entrainement et la souffrance. La contradiction différée, ou la dissonance cognitive, est ta nouvelle philosophie pour gagner à tous les coups ...



Le cas d'espèce: Célestin


Célestin poste à chacune de ses sorties SA mosaïque faisant figurer: un selfie - un pathos - capture garmin et une cascade de #hashtags. Célestin se confectionne des séances en forme de sortie longue, et des fractionnés. Un runner qui s'entraîne ... Mais Célestin refuse d'être taxé de "runner en quête de chrono" ... il faut dire qu'il se rate souvent le dimanche dossard sur le torse. Trop d'entrainement, sans doute induit par une quête de reconnaissance dérivée de ses posts à mosaïque illico partagés sur les pages de la communauté runner. Bref, il stagne et se déçoit. Mais l'égo du fragile résiste et il serait trop violent de voir la réalité en face. c'est donc le déni. Célestin affirme ainsi et mordicus qu'il ne court que pour le plaisir, tout en postant ses captures garmins (très décentes au demeurant) sur les réseaux sociaux, selfie à l'appui ... Il faudrait m'expliquer le sens de tout cela. Et pourquoi être en quête de progrès et de gain de temps serait honteux ou négatif ... Cette pseudo philosophie revendiqué est comme l'alibi qu'on sort à la fin d'une course ratée (mal au ventre, sortie la veille, torsion de cheville dès le 1er kilo ...), mais à l'échelle matricielle ... On frise donc ici la pathologie. Fin de la parenthèse Célestinienne.



Le runner idiot et aliéné est un cœur de cible facile pour l'ingénierie sociale, le neuro-marketing et plus grossièrement encore, les Influenceurs-euses auto-diplômé.e.s en marketing digital. Spoilons de suite le concept du marketing digital: abuser et violer l'empathie de la plèbe amorphe à coup d 'émotions. faire état de ses faiblesses tout en gonflant les muscles de sa détermination. Occuper le terrain un peu mais pas trop pour feindre un manque et la rareté. Et se mettre en scène en monsieur/madame tout le monde sauce #nopainnogain pour "donner envie" à ses followers et leur faire croire que tout est possible. Si vous avez fait un sans faute jusque là, c'est l'heure H, le moment M, le coup final, l'estocade utile: le code promo et le placement de produit ... Tristement efficace. L'athlète de niveau N1 à N4 ne touchera quant à lui rien ou presque des marques, pas assez visible. C'est vrai, il passe plus de temps à se crever à l'entrainement qu'à se mettre en scène avec son complice photographe de l'ombre ... Le runner est un idiot car il permet ce cirque niais et mortifère.



Le selfie, c'est la pensée picturale ...

Un gribouillage pauvre et sans relief. Enfin si, mais alors c'est une croute. Quelle impolitesse de se croire, et d'autoriser tacitement autrui à faire de même, permis de s'afficher en gros plan pour accompagner une indigence manifeste et inutile. Quelle pierre à l'édifice collectif? Rien. Cela n'apporte rien au Tout, c'est un gaspillage de néant. Une vendange de vacuité scandée et applaudit par des semblables désormais sans repère. Ton idiotie, c'est la matière première pour la forge de ton boulet physiologico-mental ... plus tu gesticules, moins tu avances, et moins tu avances, plus tu compenses en gesticulant. Cercle infernal dont tu aimes la chaleur ...




L'idiotie mène à la blessure, et la blessure à l'idiotie


La blessure est en réalité la vraie médaille du RUNNER. La récompense de ses efforts brouillons et désordonnés. L'entropie hostile à l'ordre ...


Ici encore, le RUNNER sur la touche fera montre de sa conversion à l'idiocratie par un prosélytisme fanatique. Le selfie-pied avec zone douloureuse désignée via paintbrush à la va-vite est le clou d'un spectacle en rappel constant sur scène.


Diagnostic en ligne pour tous. Activation du biais de sélection (éluder le bon sens, ne retenir que ce qui va dans le sens du vent, celui qui pousse la girouette que tu es dans la bonne direction). Ton médecin appuyé par ton kiné t'a prescrit 2 mois de repos? Long! Beaucoup trop long. Un petit passage sur le nouveau doctissimo du RUNNING et te voilà rassuré. Tu pourra courir dans 3 jours ton trail 43km - 1200 D+ ... Humm, les jolis selfies en perspective, yummy le joli pathos #Nopainnogain qui se profile. On excusera ton classement de fond de tableau sans remord ...


Passons sur les partages de tatouages immondes à la gloire de TON marathon (bouclé en 5h49'25"), les délires sur ta barbe de traileur baroudeur homme ourson au grand cœur quoique très autocentré et limite histrionique, sur les modérateurs de groupe facebook décatis et à la syntaxe mystique, les sur-équipés pathologiques et les égéries de la niaiserie gardienne de la bonne humeur en éructant sur le bon sens en agitant le point godwin ...


Le RUNNING de masse, par son exposition et aussi par les atouts légitimes qu'il agite, a vu se greffer à lui un nouveau public pathologique. Si le coureur à pied court. le runner, lui, dispose d'une palette plus large de "mouvements". Il court un peu certes (plus ou moins selon l'axe de gesticulation adopté), mais se démarque par les dérivés numériques de la pratique. Le running dit 2.0*, et bientôt 3.0 (la transition est bientôt achevée) rejetant plus ou moins tacitement les codes de la course à pied (rigueur, structure de l'entrainement, objectif excédant la seule qualité de #finisher, chrono ...) pour ne jongler qu'avec le pathos du running (slogan creux tel "la douleur éphémère, la victoire éternelle" partagé entre deux TFL avec une acception très minimaliste de la notion de victoire ...).


Passons encore les gens qui demandent des conseils sur le meilleur modèle de chaussures pour un PREMIER marathon ... sans rien préciser. Pire encore, ceux qui donnent ce conseil sans avoir demander - et obtenu - de précisions ...


Méfiez-vous encore de ces RUNNERs qui sous couvert de sollicitations et de questions faussement naïves, ne sont en réalité là que pour faire passer un message, se faire mousser ...



Synthèse


Le RUNNING, un énorme bordel pour les recalés de l'existence? Et puis comme la course à pied, c'est trop dur, alors ...



Réveillez-vous bon sang.



Le Joggeur Qui Râle


* Pour faire très court, le running 2.0, c'est le partage de données et de ressentis sur les réseaux sociaux, l'inter-action entre membres. Tandis que le running 3.0, c'est lato sensu, la recherche et l'exigence de reconnaissance via ces mêmes réseaux sociaux en utilisant le running. La course à pied est ici définitivement devenu un moyen au service d'un fin, la quête d'épaisseur et de reconnaissance, peu important les moyens.

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