Running & Sexe # Quand on aime, on compte!

Mis à jour : févr. 10

Plus on en parle, moins on en fait! Cet axiome très connoté mérou (3/4 de gueule, 1/4 de queue) peut-il se décliner utilement s'agissant du running?


L’avènement des réseaux sociaux et avec eux du runner 2.0 autorisent à tous le moins le doute.


Le Joggeur qui râle a enquêté.





On imagine facilement le mec grande gueule vantant ses proportions et ses qualités d'amant hors du commun ... deux issues:


Le mec ne passe pas à l'action, entretenant illusoirement le mythe.

Le mec ose et la baudruche se dégonfle sans bruit ...


Et s'agissant du Running? Un peu la même chose en fait.

La pathologie du baratin torse bombé est un quasi-monopole masculin. Mais l'équité au forceps devrait nous offrir quelques belles illustrations au féminin à court-moyen terme. Sordides perspectives. Patience ...


Le mérou du running s'exprime ainsi pour épater la galerie, la gueuse et son petit monde ...


Bref, le famoso "quand on aime, on ne compte pas" est dépassé! Et si la donnée GPS a du bon quand il s'agit de préciser la qualité, c'est un désastre quand elle rythme la quantité.


Il surjoue l'entraînement

Quitte à traficoter les données strava? Qui sait. Ca serait moralement moche mais sportivement rassurant tant le décalage entre les "morning run" et les résultats en course est flagrant! D'ailleurs, c'est à l'heure de l'entrainement que le mérou s'exprime le plus. Il remercie chacun de ses semblables discount ayant commenté son pathos-selfie-debriefing ... blablablabla. Fausse humilité et motivation.


Il publie selfie sur selfie, debrief sur debrief

Le post du triptyque selfie-pathos-capture garmin est quasi-quotidien. Parfois, il joue sur la rareté en s'éclipsant ... quand il repointe son nez, il "s'excuse" pour l'absence auprès de son public (abstraction numérique interchangeable)! Quel culot! De selfie sur lesquels sa tronche jure avec la joyeuseté motivationnelle du propos l'accompagnant. Et blablablabla ... merci à tous et chouinage aux détracteurs.


Il narre le running comme une aventure humaine

Parfois c'est l'envolée lyrique (nous soupçonnons les abus d'apéros) et la rafale de pathos creux. Une déclaration d'amour au running et à tous ceux qui le suivent. Touchant et émouvant quoique truffée de fautes, (de) syntaxe comprise. Les poncifs? Le running autorise les rencontres authentiques. Le dépassement de soi. Le sentiment de liberté.

Etc ...


Il se voit plus grand qu'il n'est

A travers les points précédemment évoqués, le mérou du running finit par se convaincre lui-même de quelques talents. A force, il a certes su développer quelques qualités aérobies, mais ce n'est pas le Pérou! Son verbiage inaudible pour la pudeur progresse assurément plus vite que son ascension dans le tableau des barèmes et tables de cotation de la FFA. International A - grâce à la chambre d’écho mondial du Net, il se traînasse D1 sur le terrain du sport! Blablabla ...


Il donne son avis de technicien éclairé sur les réseaux sociaux

Notre ami a un avis éclairé sur tout. Il a tout vécu lui-même ou dispose de la carte "mon beau-frère a eu la même chose il y a 5 ans ..." et ne se prive dès lors pas de confisquer le débat suite au post de selfie-pied d'un quidam navrant lui aussi. Enfin il confisque, c'est vite dit. Ce genre de post "secouage de ruche" attire les spécialistes bac+8 du monde entier. Ça jacte tout azimut sur facebook ...


Il a toujours une bonne excuse pour camoufler la réalité

De temps en temps, il faut bien prendre un dossard. Et le résultat est décevant par essence. Le discours est alors déceptif. Le runner connait ses classiques en la matière: vent, chaussures, bouchon, maux gastriques, entorse, pacer pour un pote ... Là encore, l'amigo parle, parle, parle beaucoup trop. Son échec et sa justification doivent être considérés comme plus important que le RP de l'autre ... car c'est lui.


Le baratineur est un egotripé. Un peu narcissique, qui sait pervers.


Bref, il parle beaucoup. Énormément. Trop. Et au final pour ne rien dire ou presque. Il parle pour occuper le terrain, devenir une "figure" de la runningosphère 2.0 .. distiller sournoisement l'image d'un crack disponible et naturel, qui ne se prend pas la tête à coup de formules cools et #NoPainNoGain soft.


Dans le monde du Trail, on connait certains qui ne courent carrément plus (ou presque). Ça crapahute tout juste péniblement en haut d'une butte pour prendre des photos à poil enrobées d'un pathos mielleux pour auditoire de connasses (crypto-harem). Une dérive pathologique assez sombre au final, relevant de la psychiatrie et de l'indulgence de celui qui subit la CHOSE. Bref ...


Le mérou utilise in fine le Running/Trail pour pouvoir parler de LUI. C'est la seule chose qui l'intéresse: LUI.


L'Autre n'est qu"un miroir. La flaque d'eau boueuse dans laquelle se contemple Narcisse. Tellement loin de la Course A Pied ...




Le Joggeur Qui Râle

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