Logo 2 (2).png
 
 
 

Le Running # Ou la tyrannie de la lenteur ...

Mis à jour : 28 déc. 2019

... au service du "moi je".

Certains opposent le Running pour tous axé plaisir et la course à pied, orientée performance. Opposition artificielle tant la recherche de performance n'exclut pas le plaisir. Un plaisir davantage différé que l'immédiateté du selfie post-huit bornes en 1h24'12" certes.


Démocratisé et donc vulgarisé, le running milite désormais pour sa gloriole.

Illustrations ...



Le runner fait main basse sur le PLAISIR ...

Le runner ne court que pour le plaisir. Hédoniste des sentiers ou de l'asphalte, il invoque le carpe diem à longueur de bornes, mais aussi et surtout à longueur de # et de pathos sur les réseaux sociaux.

Il ne peut comprendre le coureur à pied et ses séances de VMA, de seuil et ses 10*400m sur piste sous le soleil. Où est le plaisir à s'entraîner dur des mois pour gagner une poignet de secondes sur 10 kilomètres? Le plaisir immédiat de la sortie anonyme commenté et poucé bleu sur facebook rivaliserait-il avec la satisfaction de l'objectif atteint par des semaines de labeur discret? Visiblement oui ... c'est le nouveau paradigme du névrosé en quête de reconnaissance immédiate à travers la validation d'une foule anonyme et numérique, les réseaux sociaux du running, ce creuset des egos sans mérite.



Le scandale des barrières horaires

L'ultra-trail ou le marathon, les épreuves reines du runner qui aime (aussi) courir. Participant certes au règne de la quantité (qui cache donc la qualité), les épreuves au long cours attirent et sont convoitées pour diverses raisons. En être et flirter avec la limite, mais aussi et beaucoup trop souvent, l'occasion de parader sur les réseaux sociaux en filmant sa course, en scriptant ses émotions et tout le blablabla ... et in fine refourguer de la camelote avec code promo pseudo-preferentiel. Le privilège du serf ...


Ce flux de runner vers la difficulté postule son lot de désillusions, d'abandons et de sortie de jeu par la contrainte de la barrière horaire. Qui dit épreuves dit bénévoles, qui dit bénévoles dit être humains qu'on ne saurait mobiliser ad vitaam le temps que Régis et Géraldine accomplissent leur "droit à" la gloire du #Finisher sur ultra ...

Rendre hommage aux bénévoles et hurler contre ces barrières, dans un même mouvement relève de la dissonance cognitive pure. Ou quand l'immaturité et l'incompétence se heurtent à l'égo de monsieur MOIJE.




Le podium assis sur le classement scratch # une honte élitiste!

Ce sujet revient régulièrement sur la table (du ravito?). Runner plaisir certes mais runner exigeant quand même. Las de voir "toujours les mêmes" confisqués les honneurs des saucissons dominicaux, le runner nous gratifie de sa profonde réflexion en mode think tank en roue libre.

Fruit mûre de sa réflexion profonde: une réforme des podiums. Podium des trois derniers, podiums catégoriels permettant de récompenser tous les #Finishers (cette qualité a longtemps été suffisante pour le runner, mais l'ego développe vite une tolérance) voir podium tiré au sort ...

Le quart d'heure de gloire des artistes anonymes et décliné au running entend défiler sur les podiums. Paris, Milan, NYC et Bourg-la-Reine, même combat ...



La mégalomanie du selfie

Le selfie post-séance et le combo capture garmin, #hashtag et pathos, un rituel désormais bien installé sur les réseaux sociaux du running. SI tant est qu'une sortie sans selfie, sans montre GPS ... ne compte pas vraiment. Curieux quand on invoque le running plaisir et que l'on dénonce la tyrannie du chronomètre!


"Je ne cours pas pour les autres ni pour la performance, je cours pour moi!" (Jean Run)

Curieux paradigme où l'on court pour soit et pour le seul plaisir mais où on "partage" son gribouillage (selfie/pathos/capture garmin/#) sur les réseaux sociaux du running pour validation (pouces bleus, likes, phrases creuses en commentaires). Le runner malade de cette pathologie refuse la lucidité quand on lui renvoie son paradoxe ...


La mégalomanie est le cheval de Troie de l'égo du "moi je" ... difficile dès lors d'attendre quelque chose de constructif et de raisonné de son auteur.




Le runner incarnerait mieux que le coureur à pied les valeurs du sports

Fort de toutes ces validations - pourtant creuses et niaises - et d'un brossage dans le sens du poil (hirsute chez les trailer barbu baroudeur blablabla mon cul sur la commode) par les marques heureuses de trouver de la vache à traire, du mouton à tondre et du même du pigeon à pigeonner, le runner finir par s'y croire. Il revendique des "droits à". Il milite pour lui-même (pour son ego en fait) en feignant de s'inscrire dans une communauté qui n'est en réalité qu'un forêt de semblables dont les revendications et les demandes de validation se croisent et s'auto-valident. Une cacophonie silencieuse qui par ses basses ondes, brouillent la cognition.


Hors-sol et isolé du bon sens, il pense incarner le vrai, le juste, le beau. Et pis encore, il incarnerait les Valeurs du sport, sa beauté et sa légitimité ... On croit rêver.


Le runner méconnait totalement les coureurs à pieds de haut niveau. Cela ne l'intéresse pas d'ailleurs. Le runner est centré sur lui-même en éructant un pathos creux sur les réseaux que des runners aussi malades que lui lui renvoient bien volontiers. L'échange est commutatif. Le bal des hypocrites fait dans le trouble de voisinage avec sa bande son inaudible pour le coureur à pied encore épargné par les définitions plus modernes que jamais du DSM-V.


L'inversion des valeurs est une impasse dont le mur affiche l'illusion d'une route vers le Tout ... "Moi je" est altruiste. Le médiocre est méritoire. Le running incarne les valeurs du sport quand la course à pied n'est qu'un repère de narcissiques ... La névrose qui éclate à terme est le retour à la réalité par le choc avec ce mur du Rien.




Des rituels de compensation

Tout ce cirque postule, pour se pérenniser et ne pas apparaitre de manière trop flagrante pour ce qu'il est (c'est-à-dire pas grand chose), des rituels de compensation, une nouvelle normalisation, des figures imposées.


Se satisfaire de la qualité de #Finisher . Parader avec sa médaille (même si elle est distribuée à toutes et à tous). Abandonner au km 100 d'un ultra de 177 et revendiquer la carte de membre des "cent bornards".


Alimenter une nouvelle sous-culture contradictoire et intenable mêlant #Nopainnogain , invoquer des slogans stériles du genre "L'abandon est éternel, la douleur est éphémère" avant d'abandonner une semaine après en invoquant un slogan qui ménage la dissonance cognitive ...


Militer et exiger d'être récompensé et applaudit malgré l'anonymat de la "performance", se déguiser pour être vu, croire qu'on inspire les autres, penser que son avis est utile, afficher sans pudeur ses émotions surjoués, faire de l'entrisme stérile, créer sa page youtube et s'inventer un destin ...


Le runner 3.0 est arrivé. Par crypto-darwinisme, le runner 2.0 ayant survécu à l'inconfort de la dissonance cognitive, de l'impudeur et du pathos malaisant s'est mué en runner militant, exigeant, quérulent et féroce. Il REVENDIQUE et entend obtenir. Créancier "moi je" sûr de son "droit à".


Ignore-t-il qu'il scie la branche sur laquelle son gros cul est assis? Le retour du concret régi par les Lois de la Réalité est convoqué.



Le Joggeur Qui Râle


©2018 by Le Joggeur Qui Râle. Proudly created with Wix.com