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LJQR décrypte ... # Rater son SUB6H au NYC 2019

Mis à jour : 28 déc. 2019

Dimanche 3 novembre 2019, nous étions nombreux à s'être calés sur l'heure américaine afin de suivre les pérégrinations de notre ami Will NYC 2019 et son exercice sur la volonté, avec en fil rouge conducteur, un périlleux double-enjeu à coulisse: DNF or nor DNF, et le cas non-échéant, SUB6H ou pas?


On espérait tous le #Finisher pour notre ami alter-runner 3.0 sous shoot de stress alors que la question du chrono agitait les réseaux sociaux du running ...



Récit de course ...


Parti comme une balle à 7' du kil', notre ami a semble-t-il connu le muret dès le km 10 avant que les maçons du running sous-entraîné n’empilent agglos sur agglos avec une dextérité implacable. Le Mur était monté bien avant le HALF! La courbe des allures se dressait face au courageux, bien plus délétère qu'un D+ hostile ... L'estimation officielle indiquait malgré tout une belle marge de manœuvre pour boucler la pomme en moins de 6h ...


Mais ...





Le km 30 sonnait comme un uppercut, précédé de toniques crochets et de directs pas droit du tout, dans les plans de notre ami. Nous soupçonnons d'ailleurs qui d'une pause, qui d'une alternance marche rapide et marche lente ... Mais il ne lâchait rien et repartait. AU km 40, Will dansait sur une corde sans filer, sa marge se réduisait comme un rire sur un visage déçu. Aurait-il la grinta d'envoyer sur les derniers hectomètres?


Suspens ...


Finalement non, il s'écroulait. Les secondes et désormais les minutes défilaient après ce satanée chiffre 6 indiquant les heures ... 6h03' au final, 13'51''/mile et une symbolique 49133eme place! Tut cela grâce à vous! A nous! Et un peu aux sourires d'enfants .... ?


Clap de fin sur cette aventure narrée, contée et étalée de longue date par ce nouvel acteur du running 3.0 débarqué avec fracas sur 42.195 notamment. Une aventure agitée également, et nerveusement, par les pépins économico-judiciaires de Thomas Cook, l’organisateur du périple. Happy End ...






Comment rater son SUB6H sur Marathon ...


... quand on a ni 87 ans, et qu'on a bioen ses deux jambes et ses deux bras?


Cet "exploit" suppose avant-tout une préparation peu ou pas du tout adapté! Si les organisateurs permettent par le jeu de la barrière horaire au plus grand nombre de devenir marathonien, ou Finisher, taper un chrono décent releve de la seule démarche - et implication - personnelle. Une programmation rigoureuse et progressive. Quand ça fait plus d'un an que tu prépares TA course, c'est jouable. Encore faut-il éviter certains écueils ...


La sous-préparation

42 bornes, c'est pas rien! Ça se prépare sauf à le faire en marchant, mais dans ce cas, la décence et l'humilité conviennent de la jouer discret sur le concept. Borner les mois et semaines précédents l'événement pour habituer le corps à encaisser. Bosser une allure pour familiariser la physiologie et la biomécanique au rythme ...Il est tant de choses pour lesquelles on évoque la beauté du chemin et l'anecdote de la destination. Cette philosophie s"séduisante est hélas massacrée et dévoyée par les obsédés du #Finisher au détriment du chrono, alors qu'elle fait allusion à la préparation (chemin) et à la course (chrono, arrivée, festivités, séjour sur place: la destination de ce chemin).


Quel dommage de parfois tout gâcher à ne pas vouloir comprendre et à jouer la facilité du court-terme. Le plaisir différé s'oppose au tout tout-de-suite, cet ersatz de de satisfaction. Méfiez-vous des discours creux posant que le chrono ne compte pas et que seul compte de franchir la ligne ... fadaises!


Préparer un objectif, un temps et l'atteindre quelques mois ou semaines après, tel est le plaisir plein et complet. Un mélange de rigueur, de travail, de sueur mais aussi d'incertitudes ... Ces méandres subliment le #Finisher. Et ça tombe bien, car chacun est libre de fixer son objectif à hauteur de ces capacités, de son implication ...


La gesticulation numérique

La gesticulation numérique porte souvent la guigne. Elle expose son auteur à la critique, à la moquerie ou plus sainement à la taquinerie. Après tout, personne ne contraint personne à se mettre à nu à coup de selfies, de Facebook live indigents et de pathos dégoulinant ... Il convient parfois de savoir s'isoler afin de se recentrer. La gesticulation numérique sur les réseaux sociaux du running est vicieuse. Elle traduit souvent le besoin impérieux - et immature? - de son auteur d'être rassuré, conforté, validé mais en réalité elle l'épuise, le saborde. Et puis, le runner 3.0 ne souffre-t-il pas de cette maladie mentale qu'est la mise en scène de sa petite personne? La notification facebook, le likes, le bon mot notifiés par un rond rouge avec un nombre dedans s’apparente à un nouveau shoot de dopamine discount quoique aliénant.



Le stress

Sous-préparé et trublion numérique, le runner SUP6H au marathon est bien souvent un grand angoissé, un stressé ... La gesticulation numérique étant contre-productive et même poison (le surdosage), elle rogne la dernière petite marge qui pouvait subsister pour passer sous les 6 heures ... ce stress qui peut faire partir trop vite, qui fait exploser avant le km 30, qui file la diarrhée, qui te fait sortir d'une course dans laquelle tu n'es jamais entré finalement ... Une course pour rien. Un épisode du grand cirque du running 3.0 se déroulant à grand renfort de promotion au gigaphone mobile dans nos rues les jours précédents le jour J ....


Les grands enfants que nous sommes parfois sont hilares devant cette grande ménagerie, ces clowns et ces numéros éculés!


Vivement London 2020. Ou pas.



Le Joggeur Qui Râle




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