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Malaise # Prendre son gosse pour franchir la ligne d'arrivée

La scène est classique sur les épreuve au long cours: trail et triathlon. Esprit grande famille oblige! Beaucoup plus rare sur les épreuves de "route"  paradoxalement, malgré la promotion constante des gardiens de l'esprit running en faveur de l'ostensible et de l'image!  Tentons une "analyse" de cet usage a priori sympathique ... a priori seulement!




Avoir des gosses, une famille. Achever un parcours périlleux après une longue et assidue préparation. Voici assurément des motifs de fierté qui ne doivent rien à l'acte d'achat. Il est important de le souligner tant le monde du running lato sensu est devenu un grand cirque marchand assez dégueulasse dans ses manifestations narcissiques 2.0! Ces propos liminaires salutairement bienveillants ayant été posés, passons aux choses sérieuses ...

A quoi ça sert?

Participer activement à la grande fête du sport en offrant au public et à ses proches des images émouvantes à coup de bout de chou! Ça ne coute pas grand chose et ça marche et marchera toujours! Trop facile! Petit joueur! Pour les serres-files, autrement dit les piètres compétiteurs, une occasion lâche de sauver l'honneur ...

On entend déjà le bruissement de clavier des contestataires, des chiens de garde du Net! L'esprit running est en danger sous les coups de boutoirs des râleries infâmes du méchant joggeur aigri (un mot qui revient inlassablement dans la bouche numérique des psychanalystes de bazar 2.0) ...

Le couronnement d'une "préparation qui a impliqué toute la tribu!" peut-on entendre! Ou encore, "si ça peut inciter les jeunes à prendre le relais", martèle-t-on par par ailleurs! Des justifications bien mignonnes et contre lesquelles on ne saurait rien opposer a priori ...

Sauf que non! Car à part susciter la petite émotion du public qui est plus là pour soutenir "la famille" que pour le sport, l'utilité rime avec néant! Autant inviter les grands-parents et la tata au spectacle de fin d'année pour un effet similaire mais tellement plus légitime!

Une fabrique de souvenirs pour plus tard? Avant le départ et après la ligne, ça revient au même, daddy aura le même accoutrement et l'effet sera semblable!

Non, rien ne supporte l'analyse! Il ne s'agit là encore que d'une expression sournoise de l'égo! Du regardez-moi primaire. On ajoutera avec malice que tout ceci passe tellement mieux quand le binome(trio) enfant-runner est esthétique et transpire la sympathie. Dans ce cas, nulle hypocrisie dans les sourires et applaudissements des grandes tantes du public! Ouf, sauvés!

Des règles implicites?

Outre une inutilité globale, l'arrivée en famille postulerait quelques règles de bonne conduite implicites opposables erga omnes!

Runners solitaires compris! Parmi celles-ci, la règle selon laquelle il serait "interdit" de doubler dans la phase finale - entendez celle ou le runner affiche son gosse comme un trophée ad hoc au public amorphe mais sensible - le combo familial! Règle discrétionnairement imposée aux compétiteurs solo, sans concertation! On frôle ici l'autoritarisme!

Autre règle en forme de contrainte morale: le public se doit d’applaudir et de trouver mignon ce tableau pourtant trop vu. Comme évoqué plus haut, l'hypocrisie est autorisée et même encouragée face aux tableaux antipathiques et esthétiquement contestables (une affaire de goût), soit l'injonction de mettre au même plan Basquiat et Caravage. Tout se vaut dans un monde du running dévoyé par l’apparence, l'égo, le "moi je" et le mercantilisme. Le runner-consommateur a le droit à tout car il consomme, y compris désormais le droit de nous imposer son intimité et sa famille.

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Le Joggeur Qui Râle

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