Marathon | Doit-on disqualifier les "marcheurs" ?|

La démocratisation du Marathon et du prestige [désormais] plus social que sportif d'être venu à bout des 42 kilomètres 195 ... Un mérite usurpé quand tu marches?



Yohan Diniz détient le record du monde de marche athlétique du 50km en ... 3h35min27s, un chrono que tu ne fais même pas sur 42.195km en courant! Un argument en faveur des marcheurs de la distance classique! Après tout, le runner en quête de la qualité de #Finisher (avec le maillot, la médaille, les selfies et le CR étalé à grandes eaux sur les réseaux sociaux de l'indigence 2.0 ...) fait ce qu'il veut  - il a payé pour cela -  et personne n'a à juger quiconque pour cela.



Le marcheur a autant, si ce n'est plus, de mérite que l'élite SUB3h peut-on entendre à tue-tête au sein des communautés ès-running (surtout 2.0)! Why not!



Récemment, un article réhabilitait la brasse sur triathlon, en attendant le plaidoyer pour le tricycle, nous osons ici évoquer la marche sur les épreuves au long cours (hors trail et ultra sur lesquels les portions techniques et à fort dénivelé justifient la marche) ... C'est aussi notre droit!



Éludons de suite le pathos chouinant du "marathon pour tous"! Haro sur les méchantes et discriminantes barrières horaires! Blablablabla ...



Pourquoi, selon nous, le marathonien n'est pas un marcheur? Et a fortiori, pourquoi le marcheur n'est pas un marathonien?


Le mérite, même ordinaire (dans l’absolu, mais fabuleux d'un point relatif) de boucler un marathon tient dans la tenue de l'allure tout au long de la distance. En fait, c'est un peu la règle du jeu! Courir 42.195 km, qu'importe le chrono au final ... Boucler son marathon en courant, tout simplement!


Le reste ne serait selon nous que gesticulations et crises aiguës d'égo en souffrance. Une posture moderne née du vide existentiel généralisé sous perfusion de Hashtags creux. Niais. Standardisés. Le postulant marathonien est une ligne comptable dont le stock d'émotions mis au rebut [68173] est recyclé en pathos surjoué. Le Nouveau marathonien exige. Un nouveau riche moins les dents ...


Quitte à truquer les règles d'un jeu qu'il s'est mis soudainement à vénérer. Impatient car capricieux (car immature), il entend s'absoudre de la rigueur de ces règles en gesticulant, agitant le chiffon de son "droit à". Droit à ... marcher. A la médaille. Aux mérites indus. Fraudeur.


Le marathonien-marcheur est un fraudeur.

Pourquoi quiconque aura-t-il "droit à" être marathonien, désormais converti en #Finisher (la novlangue commune cache souvent un mensonge, telle une gestuelle parasite chez le mythomane amateur) ? A marcher en course à pied ? A se servir dans la banque du monopoly ?


SI je perd, je gagne quand même. En tordant les règles. Le mérite sans la qualité.


On imagine malgré tout mal des arbitres sanctionnant les fraudeurs tout le long des parcours, contraindre les tricheurs à l'arrêt. On imagine paradoxalement très bien les récits scandalisés des victimes de ce retour à l'ordre (forcément un peu fasciste)! Les barrières horaires à 6h30 heurtent les sensibilités à chaque Grande Messe onéreuse.



Deux conceptions du marathon s'affrontent en sourdine ...

  • Courir 42.195km

  • Parcourir 42.195km

Soyons conséquents et analysons.


Courir 42.195km et non pas courir. Dès lors, dehors les marcheurs! Dura Lex Sed Lex! Voilà ici la seule et unique contrainte!


Parcourir 42.195km (en courant, marchant, le cas échéant à 4 pattes! ...). Ici, implicitement, la notion de chronomètre est mis en avant! La contrainte ici, c'est la distance et ... le temps. Réhabilitation de la barrière horaire!


Une f(r)ange du peuple du Running s'insurge déjà et exige par quérulence pathologique (co-morbidité névrotique) le "droit au" marathon sans contrainte ni d'allure (marche ou course) ni de temps (pas de barrière horaire) le tout avec applaudissement, médaille et posture de héros à étaler façon fin de pot de confiote.




Conclusion


Pas de juge-arbitre sur les routes pour fliquer les sportifs. Non, ce serait grotesque. Mais, nous plaidons pour le marathon-courir dont la seule contrainte résiderait dans la tenue de l'allure course à pied sur la distance. Le mérite louable d'avoir soutenu l'allure, qu'importe le temps. Mépris des "petits"coureurs? Non, réhabilitation du "petit"coureur ayant bouclé SON marathon en courant. 


Et celles et ceux qui marchent? N'est-ce-pas leur faire offense en leur refusant le "titre" de marathonien (finisher en réalité) ? Le citoyen du monde moderne est offensé au moindre refus en bon capricieux-créancier qu'il est! Lui céder n'est pas lui rendre service. La société du "dû" n'accouche que d'avortons fragiles, chouineurs compulsifs. Malades puérils.



Le marathonien-finisher ayant bouclé son 42.195 en 6h12 est donc invité, par pudeur et dignité même, à se satisfaire de sa prouesse dans le silence de sa conscience. Il s'agit de sa "victoire" (eu égard une histoire, un parcours de vie, il se peut d'ailleurs que sa satisfaction soit légitime et respectable) sans déborder ce cadre et ne rien exiger des autres.


Ceci dit, on ne parle plus de course à pied mais de RUNNING. Et le RUNNING, c'est un tout autre univers. Pas le notre. Par réaction, sans doute.



Le Joggeur Qui Râle




 

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