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Marcher contrevient-il à l'esprit TRAIL?

Updated: Feb 25

« Tu n’es qu’un randonneur ! ... ».

Qui n’a pas déja entendu un sédentaire, ou a contrario une pseudo-élite asséner cette remarque au trailer lent ou au marcheur momentanée ? Méchanceté gratuite, ignorance ou ras-le-bol légitime ?




Saviez-vous que sur les épreuves de marche nordique, un arbitre peut donner des avertissements aux marcheurs pour non-respect de la bonne gestuelle (et pas seulement en cas de « course ») ? Pourquoi pas envisager l’inverse ?


Précision liminaire et indispensable, certaines zones à gros pourcentages n’ont pas vocation à discréditer le marcheur. Au-delà d’un certain pourcentage, la course n’est mécaniquement et physiologiquement pas rentable face à la marche active. Tout ceci est connu et ne saurait être remis en cause par un renouveau de la rigueur dans notre sport (un sport, oui ! et non pas un plaisir exclusif).


Pourquoi tant de haine ?

Non, l’interrogation intéresse la marche en plein milieu d’une portion de plaine, sur sentier ou dénivelé light. « Et notre Liberté de courir comme on veut » scandent déjà les trailers indignés des réseaux sociaux ? Vous savez, ceux qui gesticulent à coup de selfies et de CR (compte-rendus) sur les réseaux sociaux, trop occupé.e.s à se regarder le nombril pour s’entraîner à minima ou sérieusement.


Le trailer auto-proclamé ambassadeur du trail-plaisir aime ainsi s’engager sur des épreuves, des ultras, trop grands pour lui. Mauvais calibrage pour ego king size … l’abandon est désormais une victoire comme une autre.

Et la marche ? Et bien ce trailer stipendié qui s’engage sur – disons arbitrairement – 50km et plus (sans compter le D+ qui est sans doute la donnée la plus bankable pour le trailer egotripé) passera par définition par la case MARCHE.


Faute de préparation adaptée, sérieuse et respectueuse pour le sport qu’il prétend pourtant aduler (« la nature est belle, viens là que je t’éblouisse avec ma frontale, que je te laboure avec mes bâtons et que je te foule avec mes pas de … marcheur, donc), le trailer se fait donc « randonneur », une discipline qu’il snobe et dénigre implicitement par ce refus lucide de rejoindre le clan de ce qu’il est en pratique.


La sacro-sainte barrière horaire fait une part du job en nettoyant le peloton. Hélas, cela est insuffisant puisque le trailer-randonneur ne rechignera jamais à s’aligner sur une épreuve prestigieuse, quitte à abandonner ou à se voir exclu de la course par la « voiture balais » symbolique. Nous le disions plus haut, l’abandon ou l’exclusion sont désormais monétisable par le trailer 2.0 (surtout s’il est un youtubeur équipé d’une perche à selfie qui capte de près les émotions surjouées du sujet).


Reste une question épineuse ...

Comment organiser la sanction des juges arbitres ? Pas évident de poster des juges ici ET là. Parions sur la technologie (drones impitoyables) qui vient à nous comme la ligne d’arrivée voit débouler le sprinter … Plus près de nous, on peut envisager la puce et la borne pour sanctionner les segments trop lents (postulant implicitement la marche) …


Le #Finisher sera ainsi réhabilité sans sa fierté ostensible. Mais le trail-business est-il en phase avec ces exigences ? La réhabilitation du sport se heurte visiblement avec d’autres intérêts qui pourraient étonnement le tuer à terme …


Le Joggeur Qui Râle


Texte initialement publié sous une autre casquette mais réapproprié suite à inexécution contractuelle ...

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