MATCH # Le RUNNER contre le TRAILER

Dans la grande famille de la course à pied, je demande le trailer et le runner. Mauvaise pioche ! Mais pourquoi cela ? Le trail et le running, et par ricochet ses acteurs -trailer & runner - ce n’est pas du tout la même chose. Pas le même esprit .

Cet air de pipeau (…), c’est surtout le trailer qui le joue (souvent très mal) à coup de fausses notes numériques. Le trail et son fameux esprit TRAIL, tout ça!

Le runner n’est pas en reste quand il aime confondre trail et randonnée. Il n’a certes pas toujours tort. Ready to run?



Les sportifs qui marchent les pieds en dedans sont outrés. Comment opposer encore de nos jours (blablabla) trailers et runners, alliés d'une même grande (et belle) famille … On fait ce qu’on veut. État des lieux.

Avantage le TRAILER

Le trailer ne rechigne pas à se dégueulasser. Ce n’est par essence pas un maniaque (sauf la veille lorsqu'il prépare son petit sac), du moins le temps de sa sortie. De plus, le trailer ne se dégonfle pas à affronter le D+ (c’est même sa fierté qu’il étale sur les réseaux sociaux, avant même le kilométrage).

Le trailer privilégié (en gros celui de la montagne) a la chance de pouvoir courir dans une carte postale grandeur nature. Ça a quand même plus de gueule que le tartane (la piste de Font-Romeu et de Chamonix sont parmi les exceptions) et les simili boulevards périphériques du routard!

Le coureur aliéné à la consommation trouvera dans le trail un eldorado mercantiliste que le « routard » pourrait lui envier (ce dernier compense en multipliant les godasses façon petits pains gluten free). Plus anecdotiquement et quoique sans explication rationnelle, le trailer excelle au jeu du molkky (c’est ce qu’il croit ! Ça doit être le coté bois, nature, forêt).

Enfin, racines, pierres fourbes et terrains accidentés sont l’occasion de nombreuses entorses et chutes. Une matière première aussi précieuse que l’or noir pour les vedettes du selfie-pied et des demandes illustrées de diagnostics on line ...


Bref, le trailer est un homme à l'ancienne avec tout ce que cela implique d'authentique et de surfait, aussi!

Match NUL

Match très nul à coup de pouces bleus sur les réseaux sociaux. Bidule tient une page trail et machin une communauté de runners. Qui aura le plus de membres ? Qui montrera le plus son cul ? Qui a les experts en médecine sans diplôme les plus érudits. Runners et trailers ici se neutralisent …

On admettra que trail et running nourrissent souvent une vraie passion pour la course à pied récréative, celle qui aère l’esprit (une aération et une libération trop vite gâchées par le réflexe selfie et réseaux sociaux, hélas).

Avantage le RUNNER

Le runner semble plus complet. Du moins le runner investi a minima dans son sport. Piste, route, cross et même .. trail à ses heures. Une polyvalence de fait mais aussi physiologique ? Le trailer randonneur n’a pas de PACE. Le trailer qui gaze peut cependant venir taquiner le routard, sur le cross notamment, l’hiver … Le runner a une palette de séances plus larges, plus variés, plus ludiques aussi … Cet axiome est d’autan plus vrai que le runner tend ici vers le coureur à pied authentique.

Le runner aime s’aventurer sur le trail de temps en temps (et parfois de plus en plus, quittant le giron du running pour la mère Nature du Trail), il est moins dogmatique que le trailer ne jurant que par le trail (et ses valeurs, vous savez ce pipeau mal joué).



Bilan des COURSES

On met dos à dos ces deux trublions de la course à pied moderne. Le trailer a depuis longtemps phagocyté une discipline jadis marginale hélas trop vite vulgarisée. Troupeau en transhumance en mode tourisme nuisible, sur-équipement qui aliène, perche à selfie et lenteur larvée à tous les étages.


Le runner quant à lui court de moins en moins vite, faute de s’investir autant à l’entraînement qu’à dépenser le budget. Nos deux zozos courent après la reconnaissance formelle sur les réseaux sociaux en postant Tout (et donc Rien, noyé dans le Néant de ses kilo-semblables formatés). N’importe quoi.


Le Running dit 2.0 (qui englobe le trail) est un néant qui absorbe les élans positifs pour en en faire ressortir une bouillie socio-culturelle contribuant au grand flou cognitif moderne.

Seul le coureur à pied, sans étiquette et sans étalage outrancier sur les réseaux sociaux du running, est épargné par le fléau du running 2.0 (blessure numérique chronique, stagnation, philosophie de façade …).


Pensez-y.



Le Joggeur Qui Râle



Texte précédemment publié sur un autre média et sous un autre pseudo ...

 

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