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Mytho # "Moi je cours pour le plaisir ..."

Mis à jour : janv 28

Dans le running, on a d'un côté (coin gauche) ceux qui courent (que) pour le plaisir, et de l'autre (coin droit), ceux qui cherchent la perf'! La société actuelle s’accommode d'ailleurs fort bien des partitions binaires. Le manichéisme du déclin cognitif en action. Si le coureur à pied parvient à joindre plaisir et recherche de performance (par le truchement notamment de la notion de plaisir différé > en gros en chier à l'entraînement sur certaines grosses séances pour rendre la course du dimanche plus fluide), pour le runner (dit aussi 2 et désormais 3.0) c'est beaucoup moins subtile.

Intéressons nous aujourd'hui au runner pour qui le running, ce n'est QUE du plaisir ...




Courir est assurément une source de bien être et on éprouve même une forme de plaisir à mesure que la foulée de délie, que le souffle se rythme et que le kilomètres faisant, l'endorphine se diffuse ... Le flow transporte le corps et l'âme réunis vers le bonheur le temps d'un sentier ou d'un segment. Le flow postule l'alignement de nombreuses considérations relatives au geste, au souffle et à la pensée!


Autant vous dire que ce FLOW est inatteignable pour la masse des runners 2.0 hyper-connectés. Et non (!) il n'y a pas de droit au FLOW. Tout ne s'exige pas, encore moins sous forme de caprice immature.


D'emblée, le charabia du PLAISIR revendiqué et avancé par le runner comme pour justifier ses allures anecdotiques est sans fondement. Nous pourrions nous arrêter là sans que cela ne relève de la presse intellectuelle.


Mais creusons un peu ...


Courir pour le plaisir en agglomération entre les voitures, les vélos érigés en ROI du macadam, les poussettes, les trottinettes et toutes déclinaisons de ces engins de déplacement personnel motorisés ou EDPM ... rajoutez les particules fines et le débat sera vite tranché. La réalité a ce côté boomerang que les imposteurs à blabla méprisent jusqu'au retour. Violent. Et ce ne sont pas tes bricolages à filtre Instagram qui rendront cette réalité plus belles! On ne tousse pas sur les réseaux sociaux, alors que dans la vie ...


Comment d'ailleurs pourrais-tu invoquer, revendiquer et ressentir ce fameux plaisir en te trainant si lamentablement ... Tu grimaces. La souffrance est un plaisir chez le masochiste ou, à la rigueur, chez le coureur à pied qui achève son 12 x 400 (en 1'02'' le tour et récup' 45'') le goût du sang dans la bouche, assimilé à une libération et à la satisfaction de l'authentique No pain No Gain ... sans #!


Reste le cas du runner, un peu connecté - comme nous tous, plus ou moins - qui n'en a réellement rien à faire du regard des autres et du chronomètre, et qui, courant sans jamais se faire totalement mal, n'affronte que des distances dans ses cordes (ou qui ne fait même jamais de compétition). Celui-ci peut évoquer le concept de plaisir quand il chausse ses runnings (qui comptent plus d'un gros milliers de km au compteur) au printemps pour aller courir à la campagne sans écouteurs, sans musique en minimaliste d'antan (par opposition au néo-minimalisme onéreux et ostensible) et ne souffre pas de la contrainte psychique de la nécessaire publication (on parle de "partage" en novlangue) de son "exploit" sur les réseaux sociaux aussitôt rentré, selfie à l'appui.


Toi qui court le marathon en 6h12, le semi en 2h24 ... Tu ne cours assurément pas pour le plaisir. Le running est le prétexte, le support à bien d'autres choses. Choses pas nécessairement négatives ou critiquables d'ailleurs. Mais de grâce, épargne nous ton pathos chouinant et de plus en plus malaisant autour du plaisir et du bonheur de courir.


Revenons au concept initial de FLOW. Pas de plaisir de courir (pour celui qui décorréle le running de la notion de recherche de perf - plaisir ici différé -et même pour le performer) sans abandon de la pensée au geste et au rythme cardiovasculaire ... Le plaisir de courir postule - sine qua non - l'union du corps et de l'esprit. La musique, l'obsession du GPS, les selfies, ta foulée chaotique et les perspectives de likes/kudos stérilisent fatalement ce sentiment par ailleurs trop galvaudé ...



Le Joggeur Qui Râle



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