NoPainNoGain: faut-il aller jusqu'à vomir à l'entraînement | LJQR

Mis à jour : 28 nov. 2020

Si certains profitent des entraînements et des courses pour sociabiliser et prendre l’air tout en gambadant confortablement, d’autres axent leur pratique vers la performance. Et pour que ça ait l’air facile en course, il faut savoir souffrir et se la coller à l’entraînement (et en course, naturellement si tu veux aller chercher des belles places).


Et quoi de mieux qu’une bonne galette pour bien mesurer à quel point tu as donné tout ce que tu avais dans le ventre, au sens propre (sale en réalité) comme au figuré …


Bref, faut-il vomir pour réussir sa séance et progresser ?

La sacro-sainte opposition entre le running plaisir et le course-performance. Assurément artificielle tant la sauvagerie de l’effort n’est pas exclusive de plaisir. La seule opposition recevable, selon nous, est celle entre plaisir immédiat et plaisir différé (à l'atteinte d'objectifs à terme, parfois moyen ou long) … Et le vomi dans tout ça ? On y vient.

Vomir c’est se rendre malade ...


Faire du sport à s’en rendre malade ? Très peu pour moi, pour nous et pour vous tous très certainement. Difficile a priori de comprendre, et de justifier, cet excès loin, très loin de l’idéal du sport healthy. Curieux projet en effet, étonnante récompense et drôle de trophée que la nausée menée à son terme. Le fétichisme de la régurgitation ...

Et dire que certains #Haters des réseaux sociaux se moquent ouvertement des runners osant taper le petit selfie de l’amitié en fin de sortie et son partage sur les réseaux sociaux. Par contre, pas un traître mot contre les appels (et les éloges parfois) à se détruire la santé ! Irresponsable et tellement loin de l’esprit running et des valeurs sportives. Ou quand deux prétendus runners (et deux visions de l’esprit running) ne vivent en réalité pas sur la même planète.


"Dur à l'entraînement pour que ça ait l'air facile en course." (adage running)


Je vomis donc je suis


Autre philosophie, autres codes, autres références et autres rituels pour le runner axé performance. L’entraînement sonne pour lui comme de la souffrance qu’il revendique pourtant source de satisfaction. Doit-on se fier à ce qu’il dit ou à ce que l’on voit ? Les deux approches semblent tellement se contredire …

Lerunner performance se la colle à l’entraînement selon ses dires pour que cela soit facile en course. Sans nul doute du vrai dans cette maxime tant l’élite semble glisser à travers les sentiers, la route ou encore le D+ tandis que tu te traînes lourdement jusqu’au ravitaillement … « j’ai soif ! Et mon camelbak est vide ! »

Le performer y va donc de sa galette, de sa gerbe et son fier vomi en guise de bouquet final à son run à haute intensité. Le vomi, c’est la garantie d’une sortie efficiente, le gage du stress physiologique et de la surcompensation à venir.


Le vomi, c'est la tête qui dit non avec le corps quand tu l'as by-passée!

Le vomi, c’est un peu, beaucoup, et même à la folie, le sésame vers la gloire. « Je vomis donc je suis » un vrai, un pur. Le vomi d’aujourd’hui, c’est mon podium de demain. Un rituel, un moment désagréable qui ouvre les portes célestes vers un autre monde, une galaxie inconnue du néophyte, du runner lent, déguisé, festif et picoleur ! Allez vas-y retourne faire du 30/30!

Précision ultime car on est jamais trop prudent, il s’agit ici de vomir suite à la brutalité de l’effort, et non de vomir le gel coup de fouet du petit déjeuner.



Bonne chance.




Le Joggeur Qui Râle

 

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