Pénible # Ces RUNNERS qui squattent la table du ravito

Mis à jour : 28 déc. 2019

Une fois la ligne franchie et le souffle recouvré, pour nous réconforter de tant d'efforts et d'émotions - #Finisher - quel délice d'aller se restaurer sur ces tables plus ou moins bien achalandées tenues par nos amours bénévoles sur nos chères courses du dimanche ...


Et pourtant, même ici, certains runners parviennent à agacer! Explications ...



Scandale  # Quand le ravito ne plait pas ...


Quand le dossard est onéreux et que ces tables ne proposent que fruits et eau, on entend le runner-créancier (le runner 4.0) grogner et hurler au scandale. Le running n'est que plaisir, partage et ... (rajoutez le pathos qui convient) certes, mais bordel, une jolie médaille, un beau t-shirt et un ravitaillement de qualité! Merde ... telle est la dissonance cognitive ordinaire du runner moderne, dernier conscrit du running pour tous. Vous savez, celui qui s'étale sur les réseaux sociaux du désastre cognitif, mental, culturel, physiologique, morale ... cohérence et pudeur sont priées de rester derrière la ligne de départ pour afficher DNS!


Mais cette hypothèse n'est pas la plus pénible, douloureuse pour le bon sens. Non! Ainsi, quand le buffet proposé est salutaire et bien accueilli, une autre déclinaison du déclin se manifeste, encombrante. Et hélas très généralisée, métastatique.


Pénible # La table est squattée par des grappes de runners ...


Il s'agit rarement du top 15, arrivé bien avant la meute des morfales tout équipés et bien trop à cheval sur l'hygiène de vie pour penser à sa gaver la panse et à se remplir les poches, opportunistes! Non ... Le runner, ou plutôt les runners, fautifs ici, ce sont le gueux! Les malpolis. Les mufles. Ceux là même qui pourtant, à longueur de hashtags et de pathos creux sur les réseaux sociaux et dans les oreilles de celles et ceux qui veulent encore écouter ce concerto mal interprété de mandoline, se vantent d'une approche bienveillante et tout en partage de leur sport ...


Comme rattrapé par sa vraie nature, comme piégé, aussi, par la fatigue, le runner se rue vers la table avec ses semblables et s'y visse! Bref, il t'empêche d'y accéder en toute quiétude (il faut jouer des coudes alors que la course est finie) et pille littéralement les assiettes les plus raffinées ... Son body langage hurle "c'est à moi!"


Quand le coureur à pied salue, glisse un mot et sourit au bénévole qui lui sert un verre ou lui remet une bouteille tout en s'octroyant raisonnablement une ou deux tranches de pain d'épices par sens du partage (il sait que d'autres arrivent derrière lui), le runner squatteur de ravito quant à lui tape la causette (il parle fort et rigole de manière très exagérée - parfois il pue aussi!) en obstruant méthodiquement l'accès à la table des délices. Il ne se pousse pas quand tu lui demandes (encore) poliment de se décaler ... Il ne t'écoute pas d'ailleurs. Il ne s'écoute que lui-même parler. Ses partenaires de délit font comme lui. C'est un peu un facebook IRL où chacun gesticule pour sa gueule, mais en groupe!


S'il en vient à devoir justifier sa goujaterie de gougnafier, il revendiquera son "droit à", qu'il a payé son dossard et qu'à ce prix ... blablablabla. Il n'est bien évidemment plus question de partage, de solidarité et de courtoisie etc. C'est qu'il prend la mouche celui qui feignait il y a encore quelques instants la bonhommie. Touche pas à mon ravito!


Visiblement pense-t-il que son exploit, sa performance du jour font de lui un être à part, qu'il mérite plus que les autres ... Il est son propre héros et cela lui permet de s'absoudre de la bienséance élémentaire. Drôle de mentalité que celle d'un 1h58 sur semi ...


Hélas, avec sa démocratisation puis sa vulgarisation, le running draine ce genre de quidams détestables. L'incivisme ordinaire, impalpable et bientôt acceptable dans cette société des "droit à". Une plaie à saler sans mesure.


Dévissons les salières!


Le joggeur Qui Râle



 

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