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Quand les réseaux sociaux poussent le Runner à mentir ...

Mis à jour : mars 6

N'en déplaise aux chiens de garde de l'esprit running 2.0, la course à pied c'est aussi de la vitesse, de la compétition et de la performance. 

Ces considérations sont relatives. Chacun brille à son niveau et les satisfactions sont à la hauteur de ses propres moyens. La progression régulière ou le maintien d'un certain niveau priment souvent la performance brute! Les réseaux sociaux permettent une forme d'étalage de son "moi" chronométrique et kilométrique. Plutôt que glaner de la reconnaissance numérique à coup de selfie et de message creux, le runner mythomane tentera d'épater la runningospohère à coup de bilan mensuel stratosphérique, à coup d'allure endiablée lors de ses séances solo après le boulot en toute fausse modestie, le tout en jouant les acrobates les jours de compétitions pour justifier un tel décalage entre fiction et réalité! Le runner mythomane est un morning glory .. une gloire du matin, une gloire de l'entrainement qui déçoit en course. Le runner mythomane est un être malade, avide d'une reconnaissance qu'il ne sait obtenir par ailleurs (ou en quantité suffisante faute d'audience à ses pitreries numériques ...).





Géraldine et Fred n'ont a priori rien de commun. Elle est une femme de 49 ans, il est un homme de 35 ans. Mise à part la course à pied bien sur! Attardons nous sur ces deux attardés quelques instants avant d'oser l'analyse.

Géraldine ou la Stakhanov short rose ...

En flânant sur les réseaux sociaux - en cherchant de la matière première, aussi - on tombe sur Géraldine et ses photographies à base de couleur rose. Running attitude jusqu'au bout du textile! Classique. L’œil capté par toutes ces choses chatoyantes, le lecteur un brin voyeur est interpellé! Géraldine vient de poster le debriefing de sa sortie "cool" du jour. Au menu de l'escapade encore fumante, un semi-marathon en 1h40 ... un doute plane au dessus du truc comme une semelle au dessus de l'asphalte. 49 ans - femme - sortie cool - 1h40min ... autre précision, Géraldine sort d'une grippe. Sa convalescence explique le "cool" de la sortie. Un doute donc. Seulement pour l'instant. Autre information, un bilan. Le bilan mensuel de janvier titre 380 km malgré la fameuse grippe. Curieux. Il est par ailleurs indiqué par la championne inconnue a priori d'elle-même un bilan 2017 à 3800km .. de course à pied! Ce qui semble, de son aveu modeste, bien mais pas dingue. A la remarque lui faisant prendre note qu'elle est "éligible" au championnat de France de semi, au regard de cette séance "cool", aucune réaction. Une hostilité même ...elle sait qu'on sait! Géraldine espère des likes, des commentaires élogieux. Toute autre forme de communication n'est qu'un traquenard pour Géraldine qui évite les initiés méticuleusement. Des rabats-ma-joie! Nous avons ici à faire avant tout à une mythomane quantitative! L'outrance, l'excès doivent impressionner ... Géraldine ne participe ainsi jamais à des courses "officielles". Cela ne l'intéresse pas de se confronter dans un esprit trop marqué "rivalité" et "compétition". La France s'est privé d'une championne. Égoïste!


Fred est un champion anonyme hostile à la gloire officielle ...

Autre déclinaison du runner mythomane, le menteur qualitatif. Fred joue les cadors en affichant des allures perchées sur les hauts-plateaux! Étonnante démarche d'ailleurs car si le novice du running poussera un "waouh" perclus d'ignorance et de naïveté, le runner - y compris du dimanche - du réel ne mordra pas à l’hameçon de ce gros poisson qui pèche de vanité! Fred court trois ou quatre fois par semaines. Il conjugue avec les impératifs du quotidien. Lundi, séance de vitesse avec un 13 kilomètres sur le pied de 2'55"/km! Ça décoiffe, surtout avec ce vent du nord de face lors de la seconde partie, negative split tout de même! Mardi, rebelote mais une allure titrée à 2'49"! Sans le vent c'est plus facile! Fred est humain, voyons! La fatigue? Fred ne connait pas, c'est un homme sec et sanguin! Mercredi, on change les plaisirs avec un  dix bornes en 27 minutes! Ça tourne les jambes! Fred, sans le savoir, est recordman officieux de France du 10 kilomètres, haut la main! Dans le secrets de ses turpitudes pathologiques, Fred rêve de courir le semi-marathon en 1 heure ... nous avons décidé de le laisser rêver.  Pour l'anecdote, Fred se traîne de temps en temps sur une course, poussé par son entourage! C'est de bonne guerre! Fred devrait en principe tout rafler des courses au saucisson dominicales de sa région natale. En principe seulement. Car Fred ne finit pas toujours ses parcours malgré des départs prudents - eu égard sa caisse - sur le pied de 3'55" ... la cuite de la veille sans doute. Que s'est-il passé lors de ce 12 bornes - certes pluvieux et venteux - Fred, ou tu finissais dans le lointain au milieu des coureurs lourdement (propre et figuré) déguisés, des seniors et des enfants zigzagant festivement ... tu serrais les dents, sans doute las de ces clowns du réel. Fred préfère en effet briller sportivement sur les réseaux sociaux! Fred court vite quand il fuit en avant devant l'évidence de sa mythomanie foulant le running. Fred interpelle, agace, amuse puis exaspère ... Fred est un être malade, méticuleux dans son délire. Il est malaisé de remettre sur terre un menteur pathologique.


Mais Fred n'a cure de ces jaloux osant douter de son statut. Fred n'éprouve pas le besoin de répondre sur le bitume, où pourtant un "médiocre" 33' suffirait à orner son mur Facebook de paniers garnis glanés le dimanche matin et faire taire ces mauvaises âmes ...

Synthèse

Après ces deux petits portraits dressés à grand coup de crayon, place à l'analyse. Du moins, tentons! Nous avons à faire ici à deux déclinaisons du runner mythomane. Le quantitatif et le qualitatif. Nous ne gloserons pas sur la configuration manuelle de séance autorisée sur certaines applications running, des gruges sur strava ou encore des sorties vélos (ou voiture solaire) pour tromper la plèbe numérique! Dans une société de l’opulence, le parvenu aime étaler du gros chiffre! En affichant des bilans annuels ou mensuels farfelus, le mythomane runner 2.0 entend faire croire qu'il en est. S'acheter à bon compte une épaisseur, un talent, une force, une motivation ... l'être cognitivement décati achète pour être et ment pour paraître. Les gratifications par l'effort et l'acte sont remplacés par l'achat et le mensonge. Le runner mythomane est donc un runner 2.0. Les réseaux sociaux permettent une expression numérique du mensonge. Le menteur n'a ici pas besoin de se confronter au regard de l'autre (qui ne freine pas toujours le menteur audacieux). La portée du mensonge y est également décuplée. SI le runner mythomane étale son forfait, c'est qu'il entend être lu et vu de l'Autre, il est en quête de reconnaissance numérique, c'est un runner 2.0! Devant l'évidence du mensonge, deux publics. Le novice qui n'y connait rien et sera impressionné, vaguement par la molle lecture et interprétation du mensonge. L'initié qui doute peu de temps avant de réaliser le délit. L'initié pourra "jouer le jeu" par vice ... Plus rarement il accusera - plus ou moins explicitement - le menteur de mentir et le coureur rapide de courir lentement! Trop frontal! Le mythomane pathologique trouve un terreau fertile aux balivernes qu'il sème dans la bienveillance, la gentillesse de l'Autre. Ce n'est pourtant pas lui rendre service. Un peu comme ne pas faire remarquer à un goujat qu'il a un morceau de pomme de terre collé sur la gueule et de la mayonnaise plein le menton! Mais bon, les gens ... dès lors, les Fred et Géraldine de la runningosphère paradent sur les réseaux sociaux avec des perfs qui n'impressionnent que ceux qui n'y comprennent rien, tolérés par l'égrégore de l'esprit running en pleine contradiction (il réprouve  à demi-mot l'exigence de performance tout en tolérant le runner 2.0 étalant du vent ...). Devons-nous, à l'avenir, faire explicitement état de nos doutes face au runner mythomane - non par jalousie, comme le pensent Fred et Géraldine - mais par bienveillance et salubrité? Pouvons-nous tendre des pièges (sportifs) à ce menteur pathologique pour le débusquer avant de le démasquer et le faire déguerpir de ce terrain? Oui! A force de refuser de s'aligner sur les courses où il pourrait exprimer OKLM son talent tout en récoltant quelques produits du terroirs et quelques chèques, Fred va renifler l'embuscade. Aveugle seul face à son mensonge, le mythomane craint d’être confondu publiquement. Le runner mythomane court seul en général. Pas seul devant! Seul tout court. Le runner mythomane, c'est un peu ce pote mythomane à qui il n'arrive des trucs de dingues uniquement quand tu n'es pas là ... Il est presque insultant ce pote quand tu y repenses. D'ailleurs ce n'est plus ton pote depuis des kilomètres. Pourquoi le mythomane ment, et pourquoi investit-il le terrain du running? Le menteur ment pour combler sa médiocrité. Le menteur ment aussi car il ne sait se conforter de la norme, il exige des qualités - dans le paraitre - qu'il n'a - dans l'Etre. Le rapport social est fondé sur la confiance et la vérité (du moins encore un peu), le mensonge est une entorse sournoise à cette convention, un cancer social. Le mythomane refuse de faire la queue, il contourne et prend. Le mythomane ignore les moyens et se gargarise de fins qu'il usurpe. Pourquoi le runner mythomane. D'abord, il pratique peut-être un peu lui aussi. De longue date ou de fraiche conversion.  Découvrant un univers de sportif accompli, contemplant les exploits de quelques uns,vedettes locales ou champions nationaux, le runner mythomane y cerne un flux de reconnaissance. Le running a le vent en pompe et il draine de nombreux praticiens sur les réseaux sociaux. Quel beau vivier. Hors de question de courir lambda, il faut sortir du lot! S'entrainer dur, s'astreindre à un mode de vie, compter sur une bonne génétique, progresser "progressivement" ... pourquoi pas, mais c'est long, et aléatoire! Mentir et s'inventer un monde parallèle, c'est bien plus écologique! Comme le runner 2.0 à selfie et à Hashtag, il faut en faire plus pour se démarquer et ramasser la reconnaissance numérique. En affichant des stats dingues, le runner mythomane entend être le dossier en tête de tas; en sur-chargeant la dose, il entend être le seul sur la table! En courant plus vite que Julien Wanders le soir après le boulot et entre deux paquets de clopes, le runner mythomane se "grille" et doit en conséquence se contenter de la bienveillance de sa famille et de quelques proches ... Le mythomane est triste. Ridicule, agaçant, mais avant tout, triste. Nous traiterons prochainement une autre forme d’infamie ... le runner tricheur.


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