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Rituel de Looser # La bière d'après course

Mis à jour : 28 déc. 2019

Parmi les rituels bien ancrés de la course à pied (running & trail), la sainte-pinte tient bon rang. Et c'est vrai qu'elle est méritée cette bière fraîche, gagnée à la sueur du short! Avec sa petite mousse et son gobelet en plastique ...


A y regarder de plus près, un truc interpelle. Tandis qu tu t’avines en feignant la médaille du mérite, les gars qui te précédent au scratch sont en mode décrassage actif. Bref, la revanche n'est pas pour la prochaine ... Champion du levé de coude, une bien piètre vocation.


Décapsulons ce mythe.


Certains se contentent de la petite bière qui va bien pour le debriefing d'après course avec les camarades de jeu quand d'autres poussent le "bouchon" de l'apéro toute la journée. Question de mentalité, d'hygiène de vie. Le mec qui trust les podiums et qui se la collent dans la foulée est rare mais existe. Agaçant comme jadis cet étudiant dilettante qui tape la mention aux partiels tout en se dénichant de l'avion de chasse aux soirées du jeudi soir. D'ailleurs, ne cherchez pas, c'est le même. La nature est injuste quand elle fait l'économie de la répartition équitable.


Rituel de looser? N'est-ce-pas un peu excessif et outrancier?

La réponse dépend un peu de toi en réalité. Oui. De toi et de tes prétentions.


Que le runner/trailer détente militant du fun et du plaisir se calme de suite. On a tous compris que tu squattais les pelotons pour profiter salement des plaisirs frelatés de la vie. Ainsi et pêle-mêle, consommer de manière impulsive, revendiquer un mode de vie usurpé, picoler en bonne conscience (notre sujet), te goinfrer en feignant de trouver drôle la balance calorique entre tes bornes et tes excès, faire des selfies avec les "copains" et pléthore d'autres indigences sociales ...


Toi, tes semblables et ton camelbak bière à la main faisant barrage devant la buvette, vous sentez la merguez trop cuite et vous piquez les yeux comme une fumée sortant d'un demi-bidon improvisé BBQ. La réalité est sévère en effet. Enfin, cela vaut tellement mieux que l'ambiance guindée faussement "cool" de l'UTMB ...


Bref.


Toi, le runner en quête de progrès, de podium et de paniers garnis aux saucissons du dimanche, tu es le pire. Tu es une gabegie auto-entretenue. Tu noies ta déception dans l'alcool et ton hygiène de vie post-course qui se prolonge fatalement les autres jours de la semaine douche tes prétentions. On appelle cela la névrose.


Pour ne pas être un looser du running, ne pas reproduire les rituels de la loose. La bière tiède en gobelet à la pétillance aussi plate qu'une course nature déguisée en trail (découverte), c'est un concept de beauf. Un beauf tantôt équipé salomon, tantôt monté sur Hoka ...


Une prétention ne s'achète pas en boutique on line en période de solde frénétique mais se travaille aussi par l'entraînement invisible.


L'équilibre psychique, c'est savoir renoncer aux petits plaisirs directs pour en construire de plus satisfaisants en différé.


L'hédonisme du runner, incité d'ailleurs par les réseaux sociaux et les assauts incessants de l'Ego du runner dit 2.0 est un facteur de nivellement vers le bas en terme de performance et de progrès et d'étalage toujours plus inconséquent de pathos et de jargonnage du genre #NoPainNoGain repoussé au lendemain.


Cher runner/trailer 2.0, bois donc ta bière en opposant à l'auteur de ces lignes la Liberté de chacun et va donc tartiner les réseaux sociaux de ta névrose sous #hashtag!




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