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Running # Est-ce que c'était (vraiment) mieux avant?

Mis à jour : févr. 10

La nostalgie qui enjolive et fait parfois, souvent, dire que c'était le bon temps et par ricochet que c'était forcément mieux avant.

Vu l'abrutissement généralisé, le raisonnement n'est pas toujours biaisé, surtout s'agissant du running d'ailleurs.


Flashback ...




Le running d'avant, ça ressemblait à quoi? Ou plutôt, le runner d'antan, il ressemblait à quoi?

Vu d'ici et nanti de nos lunettes d'anachronisme, on serait tenté de répondre " à rien" et cela de manière totalement exhaustive ...


Moustache, bandeau de tennis, short échancré et court, très court, chaussettes assimilées TEX (de chez carrefour), t-shirt coton multi-auréolé ou marcel ringard et runnings pas du tout convertibles en sneakers!


Ça, c'est pour le runner, ou, à l'époque, joggeur ou coureur à pied.


Peu de presse spécialisée nous inondant de publicités et d'articles recyclés, pas d'internet, de web 2.0 et de réseaux sociaux  et donc une relation runner/running beaucoup plus saine où l'on se confronte concrètement à ses objectifs, à ses camarades de jeu. Pas de montre GPS non plus (on fait tout à la swatch et aux repères visuels), pas de smartphone ni de musique en course. Pas d'application de running et donc pas d'ambassadeurs ringards de celles-ci ...

Des courses pas encore axées business d'ailleurs. Moins de pratiquants certes mais une plus grande densité qualitative.


Voilà pour le running!


Clichés scandent les runners en PLS!! Vu d'ici et de notre temps, le bréviaire y ressemble. En réalité, il faut inverser le prisme. Le running, au regard du passé est devenu un cliché d’égoïsme, de "moi je" et de déclin en Tout (cognitif, sportif, culturel ...). D’où un effondrement du niveau et une inflation des tarifs (dossards, godasses, ton cul sur la commode). Les organisateurs à profit ont bien saisi l'opportunité et accompagnent toujours plus malicieusement notre sport vers l'abîme.



Pour? Comment? Meta-analyse succincte

Ou, comment en sommes-nous arrivés là.


L'aliénation par le consumérisme ...

L'innovation et le progrès technique nous offrent assurément du confort et des outils très intéressants. Montre GPS et cardiofréquencemètre sont désormais compacts et accessibles. L'équipement, que ce soit le textile ou les chaussures n'a jamais été aussi élaboré, efficient, confortable et dynamique.


Bémol, le mélange d'impératifs (parfois fantasmé pour le profane) techniques mais aussi plus superficiel, fashion, ont fait grimper les prix. La société, au-delà du running, faisant primer l'apparence sur l'être, le runner se ruine donc désormais pour s'acheter une identité. Une identité formatée hélas puisque les saucissons du dimanche matin ressemblent parfois à des réunions de clones ... Une micro-société avec ses castes et ses églises (Nike, Hoka, Adidas ...).


Le marketing s'en donne à cœur joie, et le prix affiché est désormais un critère de qualité !!!


Les réseaux sociaux ...

Le web 2.0 a fait entrer le runner dans un nouveau paradigme, en constante (r)évolution ... De révolution, il serait davantage question de coup d'état, de Putsch même contre les consciences ...  Et contre la pudeur, la moralité, la décence ...

Le runner 2.0 désormais ne se contente plus d'user du net pour enrichir son bagage théorique et culturel, non. Il entend désormais créer du contenu. Du contenu hélas bien souvent vide. Un contenu fait d'égo et de revendications ... une quête d'egos sans véritable mérite.

La névrose ... le DSM-V court à vos cotés dans les pelotons.


Plutôt que de se battre à l'entrainement et en course pour remplir des objectifs et progresser (les vrais gratifications du coureur à pied, l'échec n'étant qu'une partie remise et source d'ajustements salutaires pour le perfectionniste humble), le runner 2.0 a saisi les réseaux sociaux pour se faire mousser gratos sans trop se gratter! Selfie, selfie-pied, capture garmin de sorties pourtant anonymes ... pour exister, le runner 2.0 se joint à des communautés de runners 2.0. Paradoxe, il a besoin de semblables pour feindre d'en être, mais ce coté arbre dans la forêt le condamne à l'anonymat par la foule ... c'est grosso modo ce piège inéluctable qui pousse le runner 2.0 en quête maladive et pathologique de reconnaissance à en faire toujours "plus" dans le néant ...

Mise en scène malaisante, combo selfie/hashtags/capture garmin et lignes de pathos ... mais l'ingénierie discount est bientôt éventée et il faut aller toujours plus loin, dès lors: selfie-pied, selfie depuis l'ambulance post-blessure en trail, partage des radiographies de fractures ouvertes avec demande de diagnostic on line en by-passant le doc, remise en cause de la durée de repos prescrite par le spécialiste en prenant à témoin une communauté d'ignares ...


Puis ...


Culte de l'abandon, s'inventer un personnage déguisé pour confisquer l'attention (Lapins, Licorne, Big Ben ...), malsain mélange de sa vie privé avec le running (poser devant une sépulture en fabricant un pathos malaxant #Nopainnogain et mémoire ...), et j'en passe.


Le running, c'était mieux avant juste pour cela! Ceci dit, nous ne sommes pas obligés de subir ces errements sur les réseaux sociaux. En maitrisant notre usage de ceux-ci, en les abandonnant tout simplement ou bien en tentant (gageure) d'éduquer les victimes du déclin cognitif à la dure. Ce que nous faisons ...


Toute forme d'impudeur, de pathos, de quête de reconnaissance sans mérite, toute revendication de runner "créancier", de "moi je" sont désormais sanctionnées. Parce-que nous sommes méchants? Rageux? #Haters ? Parce-qu'on ne court pas, NOUS? Parce-qu'on a pas d'ami? Car notre vie doit être chiante? ... La rengaine des susceptibles est formatée. Le susceptible est standardisé. Il est docile et servile. Il ne court plus, il gesticule. Très mal et très lentement.


Je vous invite à consulter notre page facebook afin de mesurer par vous-même les dégâts cognitifs occasionnés par la libération/libéralisation de la parole creuse via les réseaux sociaux du web 2.0 , armés bien évidemment d'un petit zest d'auto-dérision, car ça pique un peu l'estime au début ...


Au fait, quand tu postes un truc inutile sur les réseaux sociaux (ex. un selfie pour illustrer une sortie de 10km en 1h12), cela n'intéresse personne. Les pouces bleus, les likes et les kudos? Juste un clique systématique "à charge de revanche". Il le fait donc tu le fais. C'est un marché factice de non valeur virtuelle. Même les commentaires avec des mots ne sont que des leurres, à peine plus élaborés pour te fidéliser et te faire mieux liker en retour ...


La vraie "reconnaissance", en réalité satisfaction à retirer du running, et qui sait un jour de la course à pied, c'est le progrès et le plaisir différé à la réussite d'un objectif à plus ou moins long terme. La gesticulation numérique pour chiner un shoot de reconnaissance, c'est de l'onanisme, de la branlette si tu préfères.


C'était mieux quand ça se branlait moins ... avant.


Le Joggeur Qui Râle




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