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Running # Faut-il faire des selfies en fin de séance?

Mis à jour : févr. 4

La réponse est non. Si cette réponse aux accents martiaux peut sembler a priori triviale, elle a au moins la vertu de la simplicité. Car le runner à selfie (ou runfie, les mouvements d'aliénation aime la pseudo-branchitude ringarde des anglicismes) n'a

pas toujours les armes dialectiques pour convaincre et/ou comprendre un raisonnement. Pour celles et ceux encore capable de penser, quelques maux pour vous expliquer pourquoi ...




Le selfie est le comble du narcissisme au service du médiocre bien souvent. Anecdotique ta sortie de 8 km en 1h12 non? L'alibi du souvenir du "bon moment" partagé tient-il? Pas beaucoup plus, puisque tes sorties sont interchangeables, comme fongibles, la même qu'hier et l'identique de celle de demain ... La variété de tes séances n'ayant d'égal que le sourire figé de tes selfies putassiers!


D'ailleurs, sur les réseaux sociaux du running, ceux sur lesquels tu aimes poster ta ganache #NoPainNoGain (slogan hashtagisé que tu appliques a contrario malgré ton pipeau migraineux), tes selfies trônent entre deux autres selfies, agrémentés du même pathos, des mêmes mimiques et du même niveau de performance (sauf peut-être s'agissant de l'human PopCorn à prépa marathon dingue sans concrétisation derrière).


Le public amorphe ne réagit déjà plus à ces gesticulations numériques de l'ego graphique. Dès lors, il faut innover et inventer de nouvelles poses, de nouveaux concepts de l'étalage de soi-même pour soi-même. La névrose se renouvelle sans cesse.


Selfie-pied. Selfie-bobo. Selfie-cul. Selfie-rien. Selfie-néant. Selfie-aliénation. Courir avec son smartphone est l'apanage des nuls. Le running pour s'évader que tu souilles smartphone au brassard, l'écouteur cracheur de bruits dans les oreilles ... et les pauses selfies. D'ailleurs, tu photographies les champignons d'automne et les monuments que tout le monde connait déjà. Tu es lourd.


Pourquoi les selfies et pourquoi les poster ensuite sur le Net? Collecter du like et de la reconnaissance que ta pratique au sens stricte ne peuvent t'apporter faute de speed. Une lacune induite en partie par ces entraînements tronqués par ton ego impudique (qui t'entraîne ... vers le bas).


Le runner à selfie / runfie est un être malade. Névrosé. On parle de lui à toutes les pages - ou presque - du DSM-V ... Verdict, il ne progresse pas. Il n'avance pas et doit se fabriquer de la compensation. Le selfie est la pelle qui creuse le tombeau du running, l'ego est la main invisible qui manie cette pelle.


Tu n'avances donc pas, et la compensation par la reconnaissance factice numérique des réseaux sociaux devient rare et maigre, en concurrence que tu es avec tes semblables narcisses ... Géraldine, elle, peut surnager en montrant son cul. En long, en large, en travers, en travelling et désormais en drone full HD ... Elodie, quant à elle, à son Booty et son chien! Coup double, un public peut mater du cul sous prétexte d'amour des bêtes ...


Toi, homme sis blanc, ou provincial néo-parisienne sans atouts canons, tu rames forcément ... C'est aussi cela le libéralisme.


Le selfie et ses acteurs, c'est l'ultra-libéralisme appliqué aux egos perdus! Délocalisation de pudeur dans le tiers monde de la dignité ... Pas de syndicat pour les loosers de la numérisations du déclin socio-culturo-cognitifs.


On a retrouvé tes pitreries dans un souk de Cuck-City ... Elles servent à emballer la camelote vendue par les Instagrameuses et de chiffon pour caler tes godasses à 150e importées de Chine ... Accessoirement, elles forment les pierres de ta geôle mentale et spirituelle.


Voilà pourquoi il ne faut pas prendre de selfie à poster sur les réseaux sociaux après sa session ...


Le Joggeur Qui Râle




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