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Running # Les réseaux sociaux rendent-ils gnan-gnan?

Mis à jour : févr. 4

Tout d'abord, une définition. Ça veut dire quoi gnan-gnan (on écrit aussi gnangnan, gniangnian ou encore gnian-gnian)?

selon le site CNRTL, gnan-gnan est un adjectif qui signifie " Qui manque d'énergie, de ressort physique ou intellectuel; dont le rythme (de vie) est trop lent."

La richesse de la langue quand elle fournit le mot juste. Les réseaux sociaux rendent-ils le runner gnan-gnan?




Le manque de ressort physique et ... intellectuel. La porte grande ouverte pour quelques digressions caractérisées et sèches sur la pratique du Runner désormais up-gradé 3.0* ...



État des lieux ...

Les réseaux sociaux autorisent le partage, l'échange et la rencontre d'opinions, d'expériences ... mais aussi l'étalage de soi. Et l'étalage de soi ne s’embarrasse pas d'exigence et d'excellence.

Non! Surtout pas même! Les réseaux sociaux désormais ancrés dans les habitudes ne sont même plus de simples périphériques, auxiliaires de la vie sociale et même mentale du runner, ils se sont substitués largement à la réalité vécue. Une réalité vécue qu'on oppose dorénavant à la réalité 2.0. c'est le nouveau paradigme.


La concurrence gronde donc dans ce paradigme où les acteurs (malgré eux) s'affrontent pour quérir l'attention et la reconnaissance indispensables à la satisfaction des âmes, ou plutôt des egos mis en concurrence. Le runner doit occuper le terrain numérique en dévoyant sa pratique de la course à pied. La performance et la progression régulière sanctionnant la rigueur et l'assiduité ne composent pas la valeur ajoutée requise pour briller sur les réseaux sociaux. Non.


Pour briller et donc capter une attention in fine vaine et creuse, le runner soit s'étaler dans la médiocrité commune, celle qui parle au runner lambda. Le paradigme de la médiocrité est le noyau d'un atome autour duquel les électrons runners doivent graviter pour former l'esprit running. Certains de ces électrons forment liaison avec l'atome de la performance (mais c'est rare), d'autres changent carrément de crémerie (quand la supercherie émerge). Bref, pour se faire un "nom" sur les réseaux sociaux du running, il ne faut surtout pas sortir du rang. Et ne pas sortir du rang, cela signifie être gnangnan!


Comment rester gnangnan sur les réseaux sociaux du running en toutes circonstances?

Voilà une bonne question!

Les grands classiques sont le selfie-pied quand tu viens tout juste de te faire une entorse ou simple foulure! Le must do, c'est le selfie dans le camion de pompier, aux urgences ou le Facebook live depuis le fossé dans lequel tu es tombé! Ayez le bon réflex!


Le compte-rendu de séance anecdotique (8km en 1h12) à poster sur 2/3 pages dédiées au running mainstream est un autre classique indispensable. Nécessaire mais pas suffisant.


Le #hashtag doit agrémenter toute forme de communication creuse afin d'éveiller les stimulii des lecteurs amorphes dès le matin.


Le selfie classique - avec ou sans sueur selon la coquetterie de chacun - devra permettre à votre communauté de gnangnans de mettre un visage su tout ce pathos indigent mais tellement rassurant et "inspirant" pour la plèbe en short!


Le runner 2.0 s'étalait avec de moins en moins de pudeur avant de basculer, le modèle 3.0 lui, s'étale ET proteste. Il revendique pour lui et pour les autres (surtout pour lui, surtout pour lui même quand il revendique pour les autres > servir une cause a priori noble lui permet de se gargariser au maximum) le droit à. A courir lentement. A courir déguisé en groupe en partant en tête de sas et gêner tout le monde pour paraitre sur la photo officielle et qui sait sur l'affiche de l'édition n+1 ... A arbitrer entre le beau et le moche, le bien et le mal, le juste et l'injuste. Juge binaire.


Le runner gnangnan, pour perdurer, doit se comporter comme - ou encourager - un flic de la pensée. Malheureusement pour le bien commun, le runner gnangnan a des carences socio-cognitivo-culturelles. Il est vecteur de nivellement vers le bas, sportivement et intellectuellement.


Le gnangnan n'a pas d'humour. Il glousse immature sur du vent et s'offusque du caustique et du second degré. rappelez-vous, c'est lui qui décide de ce qui relève du bien et du mal ...


A force de se faire valider par son semblable, de valider son semblable et donc de s'auto-valider en permanence par la médiation virtuelle des réseaux sociaux, le runner 3.0 se vide de sa substance réelle. Ils 'échappe à lui-même. Ses références, ses codes et réflexes mentaux deviennent ... gnangnans. Niais. Creux. Automatiques. Un selfie/pathos/#/Récit de course posté et le runner gnangnan se gargarise du spectacle indigent de lui-même. Il ne peut bientôt plus s'en satisfaire tant cela est vide.


Le runner devenu gnangnan est désormais névrosé. Il se cajole d'un monde de pseudo-empathie et de bienveillance. Il salue les exploits vains d'une femme qui court le marathon avec sa poussette trois places, de ces DNF courageux armés de perche-à-selfie pour construire en live leur défaite monétisable, hurlent contre la maigreur de la fusée Konstanze Klosterhalfen mais applaudissent les runners obèses qui militent contre les barrières-horaires! Le gnangnan est confus. C'est un émotif de l'ère de l'ingénierie sociale.


Le gnangnan est parfois fier de sa lenteur. Pourquoi? On ne sait toujours pas. Courir lentement, c'est être courageux. Courir vite et longtemps, c'est trop facile par définition ... Être nul mais insister c'est beau. Être costaud n'impliquerait aucun mérite. Untel court le 10 km en 28'58'' ... Aucun mérite, il s'entraîne tous les jours, peut-on entendre. Le gnangnan n'ayant jamais fait afficher 2'40'' sur sa Garmin rutilante à 800e est persuadé au fond de lui que Holly would if she could ... Le gnangnan révèle ainsi sa médiocrité et la fausseté de son admiration pour les braves. SUB7H domine l'anonyme assidu qui tape 2h45 sur marathon sur le terrain du mérite. Le gnangnan ne voit en effet pas plus loin que le bout de son nez et se contente de mirer les faciès du jour J pour mesurer la souffrance et donc le mérite. La grille de lecture d'un ignare.


Le runner des réseaux sociaux s'enthousiasme et s'indigne sur commande. Il consomme docilement par compulsion.


S'il était un calendrier de la poste, le runner gnangnan serait celui avec les chatons dans une corbeille. Un benêt. Un imbécile heureux.


Le runner gnangnan, face à la critique et entre deux signalements (au nom de la Liberté d'Expression), assume, sûr de son fait, certain et persuadé d'appartenir au camps des bons. Docile aux idéologies marquetées et promues par la propagande, il se revendique comme libre. Il est inconséquent quant à la cohérence entre discours et pratique. Il passe du tri-sélectif à l'aller-retour Paris-Tokyo sans sourciller. Du #Nopainnogain au "je cours que pour le plaisir" en deux tweets ...


Les réseaux sociaux ont-ils créés un monstre d'indigence? Ont-ils seulement permis de le révéler aux yeux de tous le préexistant sans pudeur? Permettre la diffusion planétaire de ce qui n'existait jadis qu'à l'échelon intime peut-il créer une entité nouvelle et chaotique?


Ce phénomène est encore récent et évolue assez rapidement. La chute vers le néant est-elle perpétuelle ou pourra-t-on souffler le temps de quelques consolidations afin de gloser sur la gnangnantise molle du runner numérisé?


Sache qu'à chaque selfie, à chaque compte-rendu de sortie moribonde, à chaque demande de diagnostic on line sitôt sorti du médecin, à chaque coup de gueule contre les organisateurs quant à la couleur du t-shirt ou au design d'une médaille ... tu participes à l'abrutissement général, au nivellement vers le bas.


Tu es le colibri qui fait sa mauvaise part.



Le Joggeur Qui Râle


* pour mieux saisir les concepts évolutifs de runner 2.0 puis 3.0, consulter nos chroniques et/ou consulter régulièrement notre page Facebook (nous y tenons une veille quotidienne et empirique).


N'hésitez pas à visiter notre page Facebook, on s'y marre bien. A la liker, à vous y abonner et à la partager pour parfaire encore et toujours la PLS de nos censeurs gnangnans ...

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