Running, Sexe & Libido: trio gagnant? | LJQR

Mis à jour : il y a 6 jours

Le sport, en stimulant les hormones par l'activité physiologique et le plaisir qu'il procure serait l'allié primordial de la libido du sportif.



Au-delà même des avantages esthétiques et purement physiologiques, l'épanouissement lato sensu qu'il procure induirait - nul besoin d'être grand clerc pour le réaliser - un effet booster sur l'envie et la capacité. Bref, et sans tourner autour du pot, le sportif serait un bon coup!


Portrait flatteur a priori mais tellement théorique. Osons le "bémol" (sans calembour) avec le cas du Runner 2.0 ...


Tout d'abord, quelques précautions d'usage à l'adresse du lecteur néophyte. Nous vous proposons un petit guide lexical afin de mieux toucher les acceptions spécifiques de nos digressions. C'est important. Merci.




Trio perdant pour le runner 2.0


Plusieurs raisons qui se recoupent pour agir trop souvent en synergie ...




1 Narcisse et le selfie


Le coureur à pied court. Le runner 2.0 court pour pouvoir s'étaler sur les réseaux sociaux du running à base de selfies, selfie-pieds, #hashtags tordus et pléthoriques, pathos et autres déclinaisons de l'Ego gloutons aux manettes ... C'est le paradigme moderne et son egosystème complexe et cucul à la fois en place. Hélas, beaucoup de candidats mais très peu de gagnants dans ce grand cirque numérique.


Nul ou au mieux lambda en course à pied, le Runner 2.0 compense par la gesticulation egotripée numérique. Une compensation qu'il partage avec une foule, un peloton touffu, de semblables. Reconnaissance factice numérique croisée. Un schéma de type PONZI qui ne demande qu'à s'écrouler au seul profit du sommet, classique.


L'ego à nourrir, puis à gaver n'étant par définition jamais rassasié, le runner 2.0 finit dans l'impasse. Insatisfaction, angoisse, gesticulation de plus en plus grotesque, bientôt grossière (selfie-entorse avec demande de diagnostic on line, vie privée extra-sportive étalée sans pudeur, le selfie quotidien identique à celui de la veille et à celui du lendemain ...).


Ce selfie où tu as l'air triste, la mine défaite. Un appel au secours que tes amis virtuels rejettent gaiement d'un pouce bleu ou d'un " t'es une machine". Une machine, c'est exactement ce que tu es devenu. Sans âme. Un robot qui court au seul service de l'égo qui réclame du pouce bleu et du cœur sur les réseaux sociaux. Esclave sans plaisir.


Bref, la libido est au fond d'un placard ...


2 Le culte de la quantité (ou l'arbre qui cache la qualité)


Le runner 2.0 et ses petits rituels. Celui du dimanche soir, le post sur les réseaux sociaux de la sortie longue (ou SL pour les pseudo-initiés) dominicale. Le runner 2.0 prépare toujours un truc. Un marathon, un ultra ou un 10 bornes. #RacePack la veille de course et comptage de dodos etc ...


Mais il ne borne pas seulement dans cette optique là! Non mais oh! La petite capture garmin plus selfie, c'est la garantie d'un maximum de reconnaissance numérique sur les réseaux sociaux. Le runner en fait des casses dans ce seul dessein, quitte à arriver cramer le d-Day. Il est vrai que les SL de 35 km en Streak LT 4 en préparation d'un dix bornes ... Ou quand le performer refoulé (point 3) est débordé par Narcisse le glouton chevauchant la quantité au détriment de la qualité. Synergique!


Taper de la grosse sortie, c'est la façon la plus rationnelle d’impressionner le chaland du running. Le qualitatif effraie ou ne "parle pas" aux semblables en série. Ou quand le runner 2.0 aux portes de la vraie course à pied doit se résoudre à tapiner auprès de clients débiles pour plaire à son mac' l'égo ... Le running 2.0 est son trottoir. Il arpente façon Stakhanov.


Taper de la grosse sortie, c'est la façon la plus rationnelle d’impressionner le chaland du running.

Ce spécimen finit donc épuiser physiquement et cognitivement par la synergie avec les points 1 & 2. Cerise sur le pathos, la blessure sonne comme un happy end alternatif.


Bref, ça ne baise pas des masses ...



3 La frustration du performer refoulé


Ce frein agit assez sournoisement.

Le performer refoulé fait un déni flagrant. Il hurle à longueur de selfie et de pathos (option # de série) ne courir que pour le plaisir entre deux captures garmin postés sur les réseaux sociaux. Des captures de séance de type SL 30km le dimanche et 15*400m le mercredi. De pures séances de running for fun assurément.


Ce runner se ment une première fois donc.

Second message lié au premier, son refus d'admettre ses déceptions chronométriques. Il avance le même pathos pour RELATIVISER faussement pour faire bonne figure auprès de ses quelques amis et followers du run game.


Le runner-performer refoulé court dans le déni ...

On devine la synergie mortifère (pour la libido et pour le bon sens cognitif) avec le premier point évoqué dans l'article (Narcisse et Selfie), mais aussi avec le second (le performer refoulé y puisant des appuis).


Et dire qu'il lui suffirait d'assumer ses "ambitions" en ayant bien en tête qu'il n'est nul besoin d'être un champion pour s'investir avec rigueur et sérieux dans sa pratique. Le Progrès se mesure d'où l'on part avant tout.


Vous imaginez que ce spécimen est plein de tracas très difficile à identifier tant que le déni règne en maître.



Une synthèse


Le runner 2.0 aimait courir. Désormais, il subit. Exposé à l'autre par la médiation du numérique et des réseaux sociaux, il n'y trouve, plongé dans le peloton de ses semblables, que frustration et dénis. Pas encore totalement aliéné, il en souffre énormément et ne bande pour ainsi dire plus. Symboliquement bien sûr, ou pas.




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