Santé: Le Runner court-il plus pour manger plus ? | LJQR

Mis à jour : oct. 13

 ... à moins que cela ne soit l'inverse. On ne sait plus trop! Celui qui culpabilise de trop manger escompte perdre son crédit pondéral par le débit cardiaque ... Stratégie douteuse.


Le rapport bouffe/running est complexe et il est essentiellement subjectif, propre à chacun. De l'ascétisme du professionnel rigoureux au "jmenfoutisme" le plus absolu de celui qui performe malgré tout en passant par l'obèse encouragé frénétiquement par la runningosphère 2.0 tout en ruinant ses articulations, nos relations avec la nourriture, hors les considérations purement diét et nutrition, est un révélateur de nos turpitudes!

Jetons un regard léger quoique gras sur celui-ci ...

Plusieurs aires d'appréciation: l'alimentation-hygiène de vie courante, la préparation d'une course ou d'une saison, la bouffe d'avant course et la bouffe d'après course ...

Suis-je ce que je mange?


Les moralistes à la con aime nous abreuver, par période, de cet adage "je suis ce que je ...", sorte de "qui se ressemble s'assemble" adapté aux faits! C'est parfois amusant et emprunt de ce bon sens que notre coté conservateur-réac' affectionne. Mais comme tout dans ce très bas monde, ce qui est  en excès est un défaut! Et ces moralistes mous débordent très rapidement quand ils se laissent aller à la digression ... bref.


Si Géraldine, et son taille 34 affiché à longueur de selfie sauce yogging, a une hygiène de vie saine, contrainte qu'elle est par le culte de l'apparence en toute circonstance (appuyé par l'âge qui vient et un pouvoir d'achat de parasite du tertiaire parisien ...), la plèbe grouillante et majoritaire doit lutter dare-dare pour ligne svelte conserver! Les tentations pixelisées triomphent bien souvent de nos résolutions en château de paille! Chaque craquage est un coup porté à ton IMC et à ta volonté: double peine! Bref, Martine galère entre résolutions, promesses, déceptions ...un yoyo émotionnel et pondéral. Et la névrose touche désormais les garçons (de manière moins "marginal" entendons-nous #Equité )!

Chacun a conscience des dangers d'une malbouffe omniprésente érigée en fatalité de nos vies modernes! Au-delà même des seules implications physiques (bourrelets disgracieux en contexte superficiel), le mal est également physiologique, métabolique, bref, c'est pas bon pour la "santé". Il ne suffit hélas pas d'en être conscient ...

Le "bio", pris en main par l'agro-alimentaire et la grande distribution est de plus en plus stipendié relativement aux cahiers des charges réglementaires (l'UE garante de l’intérêt des peuples ...) et est souvent fort onéreux. Les réseaux de distribution courte, tout équitable qu'ils soient, ne garantissent en rien une qualité parfaite ... casse-tête! Même volontaire et solvable, le runner doit conjuguer avec un marché en décalage! Quand on veut, on ne peut pas toujours (pourrait-on rétorquer à notre moraliste du début ...).

Le runner s’évertuera alors à doser ses repas et à la varier. objectif: un poids de forme et une diversité nutritive afin de booster les substrats. Moindre mal certes, mais effort maximal!!

La dilettante de la gamelle pourra oser la session de rattrapage lors de sa préparation saisonnière ou occasionnel ... en se voilant la face bien souvent!


La préparation: le volet nourriture ...


La course chérie arrive à grande foulée traumatisante! Consciencieux, serait-ce a minima, Sylvain prépare tout cela aux petits oignons! Et pas seulement ses repas: il a entamé un vrai parcours du combattant. Il est en "mode prépa" et tout son petit monde en subit les affres. On ne lui en veut pas, car sylvain est sympa ...


Objectif moins 6 kilogrammes pour le jour J! A 50 jours, viable. A deux semaines, périlleux. A J-9, suicidaire. Qu'importe, Sylvain y croit. Ses proches font semblant ... l'enfer pavé de bonnes intentions dans toute son expression (encore un dicton!).

Protéines, poissons, légumes verts, fruits frais et mûrs ... Sylvain est au top! Ses collègues de bureau lui font presque des fiches made in "femme actuelle" sur-mesure. Chouchouté le Sylvain, il leur a promis de leur dédier sa course! Heureusement, elles n'y connaissent rien au running, Sylvain peut faire illusion OKLM ...

Hélas, dans toute mélodie procrastinée, des fausses notes. Sylvain ne tient pas ses petits bourrelets du néant, il est excessif en bonne bouffe et en parties arrosées "avec les copains". Bon vivant. La préparation dans son volet alimentaire est au final un cacophonie magistrale, dommage.

Il ira au talent à sa course. Un 10 kilomètres de province... objectif:53'30" (son record! ce qui est bien mais pas top).

Ne pas gâcher la nourriture ou ne pas gâcher sa préparation par la nourriture


Mauvaise hygiène de vie à l'année, préparation gâchée ... tâchons (attention à la sauce) de ne pas endolorir ses intestins la veille et le matin de la course, bon sang!


Cédric a coutume de calmer son stress dans le gras. Classique. Cédric stress souvent avant ses courses. Classique. L'équation est simple: Cédric encourt encore une fois le risque de s'empiffrer la veille de la course! Incorrigible galopin! Si vous me cherchez, je suis au KFC (slogan)! C'est un peu l'arlésienne navrante pour Cédric!

Cette fois-ci, il s'est tenu. Il a juste craquer sur le paquet de pâtes! Le plein de glucides, la fameuse pasta-party, hélas dévoyée par un vilain accent parmensi ...

Résultats des "courses": pas un seul kilo perdu entre l'inscription et la veille de course. C'était couru d'avance ...

La récompense: après l'effort, le réconfort


Le ravito pourtant posté en fin de course n'est en fait qu'un échauffement. Paradoxe et inversion. Une tranche de pain d'épices, un verre de coca et une bouteille de cristalline, même avec suppléments raisins et barres de céréales, ne vont certainement pas de caler! Non, la Vérité est ailleurs.




In vino veritas ...

Raclettes, binouzes, Barbecues, Burgers & frites, Pizza avec suppléments, pinard ... sans aucune prétention d'exhaustivité, voici un petit panel des réjouissances post-efforts. L'adéquation entre les calories dépensées et les joules ingurgités n'est pas requise. N'est-ce pas Boris ...

On retrouve des schémas cohérents. Grosso modo, celui qui mène une vie d'ascète toute l'année ne fera pas ici de "gargantuesqueries", ou alors exceptionnellement s'il n'est pas trop élitiste, un brin bon vivant ou au bon souvenir des copains!

A l'opposé, les Sylvain et autre Cédric dépeints plus haut, déjà las au moment de la préparation mais ayant malgré tout daigné à bouger leur popotin éléphantesque, trouveront ici la soupape de sécurité salutaire ... un Graal à immortaliser forcément à coup de selfie avec le petit debriefing en guise de justification, classique. Pour ce type morpho-sociologique de runner, la préparation d'une course rime avec prise de poids. L'empirique, le pondéral et l'échec. Triptyque des mauvais délices.

Ces différentes étapes du rapport run/food parlent mieux que le runner lui-même sur sa rigueur alimentaire. Tout ne s'achète pas comme un big mac ou une paire de Hoka dans la vie du sportif de la course à pied. Il demeure l'immatériel, la volonté, la rigueur ... le cap sur un objectif, ponctuel ou diffus dans l'existence.

 Tentative de conclusion


La névrose nait souvent du décalage entre envie et résultat par l'odieuse médiation de l’intempérance. La bigorexie compensatoire de l'échec pondéral, l'anorexie du runner en quête de résultats par le saint levier IMC ... le grand écart entre le mode de vie sportif rigoureux et le carpe diem calorique ... Le marché répond aux deux costumes, il se régale quand il peut servir les deux au même client!

Le Joggeur Qui Râle

 

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