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Le running est-il un sport discriminatoire?

Mis à jour : 28 déc 2019


Démocratisé et vulgarisé, la course à pied - ou Running pour les tertiaires urbains - se fait chaque jour et davantage le reflet de nos sociétés dites post-industrielles ... Tel Narcisse se contemplant à la source de la modernité décatie, le runner incarne le nouvel homme dans une déclinaison a priori saine et équitable, tous égaux face à l'engouement du sport!

Le mieux est l'ennemi du bien. Ainsi, les tares sociales ont su s'accaparer le runner qui avait fui la qualité de consommateur passif dans l'"autre" vie ... 

Le marché a horreur du vide. Le marché a donc su activer ses lieutenants et leviers (moralisme creux, homme sandwich adulé par la plèbe numérique en quête de likes réciproques ...) pour rendre compatible ce nouveau monde (runningosphère initiale, évasion par l’endorphine, sport accessible ...) avec l'ancien (aliénation cognitive et consumériste).

Focus aujourd’hui sur l'idéologie de l'équité appliquée à la course à pied  ...




Sportivement incorrect, nos propos et raisonnements heurteront les gardiens du Temple Running. Au-delà de cette prédiction, nous nous efforçons de construire un développement critique bien souvent enrobé d'acide qui fera grimacer les médiocres, lesquels recracheront le bon-bon en jouant les mâles-mâles ... Précision ultime, le "buzz" est un leurre numérique autorisé aux seuls que le règne numérique tolère! Aussi, nos propos et notre philosophie n'ont pas cette vocation.

 L'équipement du runner est-il clivant?

 Le pouvoir d'achat se mesure sur le bonhomme! Comme dans la vie de tous les jours. Haro sur l'uniforme d'écolier d'antan (discours d'anciens!) ... La Liberté est formidable mais il faut composer avec sa face obscure, accélérateur de frustration pour le sans le sou et inhibiteur d'humilité pour l'ego consumériste ...

L'équipement influence la performance dans une certaine mesure. Moindre selon nous mais pas nulle! Le running étant par ailleurs un univers relationnel à part entière - avec ses codes et des biais - la "qualité" sociale de l'équipement - de la chaussure à la casquette en passant par la montre GPS et l'oreillette Bluetooth -  est une donnée à importance variable.

Bref, hors de question de troquer sa dégaine casual chic pour du textile low cost. Ça tombe bien, le marché fournit tout ce qu'il y a de clinquant et d'inutile (parfois) pour satisfaire. La concurrence des egos est sauvage! Tu devras t'aligner ou devenir la honte du running, le running chic et choc, celui qui compte ...

Le running, discriminant envers les pauvres?

Ne pas "stigmatiser" la lenteur ... 

Courir, par définition, c'est se déplacer rapidement à pied. Tout est relatif. Sur un événement de province sur 10km drainant plusieurs centaines d'athlètes, le chrono se loge dans une fourchette 30'/1h pour être schématique. Il est des coureurs bien plus lents cependant. Le ravitaillement sera bien souvent dépouillé de ces friandises les plus prisées hélas ... parfois même, le lambda lent finira dans l'anonymat d'une foule déjà rentrée pour le rôti dominical.

L'esprit running a su développer un concept philosophique à base de tolérance. Vraie empathie sauce running et ouverture d'esprit ou subterfuge pour griser le débutant en surpoids et le faire consommer (le marché sait utiliser la bonne âme charitable comme vecteur publicitaire et aliénant ...)? L'enfer pavé de bonnes intentions et trahison des gentils par le Temple marchand cohabite avec saine émulation du sport pour tous!

Mais! Les épreuves les plus "prisées" comportent d'odieuses barrières horaires. Les barrières ont toujours été - ici symboliquement - des marques d'opposition, de stigmatisation, de mise à l'écart. La barrière c'est la guerre! Le coureur lent condamné à courir après le saucisson le dimanche matin en province? Le coureur lent n'a pas le droit de cocher la case "Finisher" dans le formulaire de sa vie?

Le running, discriminant envers les lents? 

Le runner en surpoids, toujours sympa, est-il exposé ?

La bonhommie, l'arme de l'anti-esthète fondée sur la bienveillance, la gentillesse, l'humour et la simplicité. Le pote gros et sympa. En hoka One one ou Vomero, il ose faire trembler l’asphalte ou les sentiers, running pour tous. Les moralistes brideront toute réserves en forme de conseil que le "grossophobe"* en puissance oserait prodiguer au débutant pas encore blessé quoique boosté par les derniers exploits de Wanders Julien ... à coup de "c'est mieux que de rester dans son canapé". A bien y réfléchir, le doute est permis quand l'excès rime avec suicide articulaire (pour information, le cartilage articulaire n'est pas vascularisé, et se soigne donc très mal) ... les slogans et hymnes à la motivation ne s’embarrassent jamais d'appel à la progressivité et à la prudence, le marché préfère que tu écoutes de la musique via Bluetooth et MP3 dernier cri plutôt que ton corps en forme de tabou! Les conseils qui tempèrent gâchent l'ambiance en période de solde !

Résultats des ... courses. De la blessure. Du genoux bousillés et des élans sains et salutaires, des motivations fauchés en plein vol, enfin en plein achat!

 Exposé donc à la blessure et à une forme d'hypocrisie des nantis sveltes et tout juste callipyges.

Donc, le coureur à l'IMC gravito-sensible, discriminé ou pas?

* les néologismes en -phobie participent de cette novlangue exponentielle actuellement en cours(e) ...

Des femmes et les primes

Vous vous souvenez de la "polémique" (la polémique 2.0 d'aujourd'hui est le soupir de désapprobation d'une discussion de comptoir d'hier, aidée en cela par le déclin des acteurs de la vie, le bon sens ayant cédé sa place aux crypto-réactionnaires confortables ...) relative à la différence de traitement entre les hommes et les femmes sur certaines courses s'agissant des primes? L'occasion pour les initiés anonymes d'y aller de leur coup de gueule. Un raz-le-bol pour les femmes mais aussi pour ces gentlemen du Net avides de cette qualité prisée - quoique stérile bien souvent - d'amis des dames! Nous nous égarons.

Nous abondons partiellement dans le sens du vent. Mais! Si les primes allouées aux premiers doivent selon nous êtres identiques, nous nous interrogeons sur les primes secondaires. On peut déplorer que la densité d'athlètes sur de nombreuses compétitions soit moindre chez les femmes, certes. C'est un constat empirique sur lequel une réflexion  peut être menée. Tel n'est pas ici le propos. Une illustration. Course des As - Cross Ouest-France au Mans. La dixième française a perçu une prime de 300e pour cette performance alors qu'elle gravite sur 47' au 10 km (cliquer sur ces données pour accéder à la source).

Les absents ont toujours tort certes, mais cet adage si sympathique qu'il soit pour justifier le profit d'une opportunité est insuffisant pour "penser"!

L'équité - louable et progressiste - au détriment du mérite? Le mérite, cette valeur ringarde et tellement souillée malgré le blabla décomplexé des népotistes! Nous sommes à l'écoute de vos opinions sur la question (la novlangue idéologique sera éludée).

Alors le running, discriminant envers les hommes?

Et notre Liberté d'expression et de parole? Discriminante envers le runner 2.0 ou discriminée par ceux-ci?


Le Joggeur Qui Râle

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