Sport extrême # Le jogging à Paris intra muros ...

Mis à jour : janv. 29

Si Paris regorge de quelques spots gracieux et très "carte postale" donnant presque envie au quidam runner d'y user ses semelles onéreuses, il convient de bien froidement - rabat joie de provincial ressuscité? -  relativiser le decorum. Paris ça pue, Paris c'est pollué, "Paris carte postale running" c'est noir de monde aux beaux jours (avec ce que cela implique de dégueulasseries esthético-sociales ...), bref Paris Paname!

Tour d'horizon ...



Bien sûr, il est possible de courir dans des conditions pas trop immondes à Paris pour peu qu'on habite près ou pas trop loin d'un spot (mot à la mode qui a le mérite de la commodité et du jeunisme sympa!) intéressant. Paris ouest, les grands parcs ... car devoir prendre le métro, l'auto, le scooter, et autres motorisations pour aller suer, non! Le vélo demeure l'astuce ultime permettant de croiser en sus son entrainement quoique le cas échéant et hélas, dans la grisaille et la pollution! Ne nous attardons point, ou alors seulement en filigrane sur ces privilégiés, bientôt donneurs de leçons bobos pouacreux contestataires de ces lignes. La force des œillères du confort en action!



La trottinette électrique: vide juridique vs vide cognitif

Par quoi commencer quand il s'agit d'évoquer ces néo-déambulateurs pour invalides socio-cognitivo-physio-culturels? Pas facile n'est-ce-pas. Quiconque s'est balladé récemment à Paris a pu constater ce spectacle de désolation. Des trottinettes utilisées anarchiquement et jetées au sol comme un vulgaire emballage macdonalds une fois "consommée.


Théoriquement, la e-trotinette, c'est sympa! C'est cool. C'est jeune. Bref, c'est de gauche. Et les idées de gauche, ça finit toujours mal ...malgré les sirènes de la théorie. Nous n'épiloguerons pas plus sur la thématique en tant que telle et revenons à nos ..moutons. A nos runners parisiens. Ces capteurs de particules à courses onéreuses du dimanche!


Pollution (infra), exiguïté des spots (infra) et diktat du paraitre (infra), outre les piétons hautains, les cyclistes auto-proclamés fers de lance du NOUVEAU propre et autres automobilistes daltoniens, le RUNNER urbain doit conjuguer avec une nouvelle variable: la trajectoire croisée de ces flèches silencieuses.


La trottinette est un obus tiré en gerbe par les chasseurs de confort à IMC croissante! Drame sanitaire en devenir, scandale écologique et petits arrangements sur le terrain des marchés publics (?) ... La e-trottinette transforme l'espace public francisable en spartan race improvisée.


Le pire, nous venons d'apercevoir un RUNNER se déplaçant en e-trottinette pour se rendre au parc Monceau! Pareille au retour! Runner roulant, si tu nous lis, on te conchie!


Pollution et gris béton

Difficile de ne pas évoquer airparif, cet organisme en alerte rouge constante sur Paris! Paris, malgré la mandoline Hidalgo - qui sonne faux - est polluée comme une centrale à charbon en flux tendu! Ça pue, ça pique les yeux, ça irrite la gorge, ça rend la peau grise pire que le tabagisme passif! On devine comment ce pronom est devenu allégorie de l'épouvante (cf. le mauvais film "Ça", pour les incultes).

Se taper deux kilomètres d'un combo Boulevard de Clichy- Boulevard des Batignolles pour feindre le run nature au Parc Monceau ... vous voyez ce que je veux dire! Se mentir à soi-même sans y croire, ou la schizophrénie naturaliste, ne reste plus qu'à y aller pied nus en mode barefoot crasseux!

Les stops aux croisements, aux feux, le slalom entre les gens sales, les incivilités mobiles etc etc. Tu prépares la Mud Day qui sait sans le savoir ... migraine.

Faire du sport pour la forme (au sens symbolique, pas la forme = santé) et pour soigner davantage sa conscience que sa physiologie ... un bien pour un mal au final. Une inversion de l'élémentaire finalement très parisien! Le mieux que tu puisses faire sera de ramasser quelques déchets dans ta besace sponsorisée par Facebook et selfi-iser le tout illico avant même la douche, crasse et sueur mêlées. Un tableau digne de Jheronimus van Aken ... le délice en moins dans le jardin.

Astuce: le matin à la fraiche  ou quelques instants après le début d'une averse! Nous sommes aimables!


L'empire de l'apparence

Fruit mûr de la vulgarisation du mieux-être, le running postule l'équipement. L'embarras des choix permise par le capital et le dogme du "moi je", de l'ostensible déguisé en discrétion de l'humilité egotripé. Le runner, surtout à relents de boboitude notamment (mais pas que, elle a  inspiré des déclinaisons qui lui ont entre-temps échappées), est un homme/femme sandwich des grandes marques positionnées habillement sur le segment!

A quand le physionomiste textile à l'entrée des grands parcs parisiens pour faire le tri sur les pistes du running-floor?

Paris, place to be devant l’éternel pour le provincial naïf, théâtre du beau à entretenir pour les franciliens de toujours, impose un style. Lequel? Protéiforme pourvu qu’il se bâtisse sur l’ostensible, l'onéreux et surtout, sur le "trop pour ton niveau" ... car oui le runner parisien se voit plus beau qu'il n'est et use du bluff pour jouer sa carte à fond! Fais gaffe, tu grimaces au moindre dénivelé à Montsouris, t'es tricard!


La roue du Hamster

La densité urbaine n'est pas l'étendue des grandes pleines paysannes! Lapalissade.

Sauf rares exceptions (Boulogne notamment), tes havres de paix à échelle réduite ressemblent vite à des circuits en vase-clos tournicotant! Avez-vous déjà couru au Parc Monceau un dimanche matin 11h aux beaux jours de printemps? Un avant gout des achats Noël hors saison! Sans compter que le parc (au sens "parc automobile", autrement dit une idée de stock en action) runner est majoritairement là en vertu de résolutions déjà bien entamées après 350 mètres de footing pénible et lamentable à observer depuis la Rotonde. Ça se traîne, ça n'avance pas et c'est bondé! Un cauchemar pour le runner assidu qui en vient à regretter le tri sélectif jadis opéré par l'hiver rude!

Soyons sport et tolérons ces audacieux qui ont le mérite de l'audace (ils n'ont que ça, puisque finalement et malgré le baratin, ce sont pour la plupart des fautes de gout ambulantes), après tout ...

L'enfer des beaux jours

Très corrélé avec le chapitre vite expédié ci-dessus, la question de la météo. En effet, sitôt le soleil grimpé sur son zénith ardent (lecteur de la météo du parisien - aujourd'hui en France, vous aurez reconnu Apollon!) et jouant de ses rayons aimables, la plèbe se chausse et s'invente un destin sain de sportive! L'enfer encore une fois pavé de bonnes intentions. Faute de goût à tout va, à gogo même voir carrément tout azimut, spot to be bondé ou l'on se bouscule presque pour bouger son popotin de pachyderme sur des articulations en porcelaine ... beaucoup rentreront en claudiquant de leur safari sportif! Tant pis! Tu es autorisé à te venger sur la bouffe.

Au revoir et à l'année prochaine, tu verras ça passe vite!

Mis à part pour les athlètes élites et plus modestement les runners initiés, le running à Paris ressemble (en proportion donc) à une vaste blague, un foutage de gueule insalubre et cancérigène faussement promu d'ailleurs par la Mairie!


Demain, les runners en masque? Mais Demain n'est-ce pas déja un peu aujourd'hui ?



Le Joggeur Qui Râle

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