Superstition # Les 10 trucs qui portent la poisse au runner!

Mis à jour : 28 déc. 2019

On a tous nos petits rituels d'avant-course c'est vrai, mais ces petits "trucs" nous portent-ils vraiment vers les sommets? Pas certain ... Et d'ailleurs, ces petites habitudes si bien ancrées ne nous porteraient-elles pas tout simplement la guigne? Ensemble, osons dresser le constat empirique ...


Une préparation parfaite, une motivation au bout fixe, le mec est boosté au maximum et est bien décidé d'en découdre avec le chronomètre sur cette course qui vient dimanche ... Mais tout cela n'est que de la théorie et une bien avantageuse façade. En réalité, tu as déjà raté ton coup et cette compétition, ainsi que les heures, puis les jours qui vont suivre, sonnent comme une longue complainte. Le Joggeur Qui Râle, dans sa légendaire clémence, t'aide à comprendre en 10 points pourquoi ça ne colle pas et propose de te prendre par la main pour chasser ces 10 pièges à guigne!


1 # Le race Pack de veille de course

Ce fétichisme matérialiste qui consiste à disposer tout son barda de course à pied avec soin, de le prendre en photo en veillant à tout bien cadrer et à poster le tout sur les réseaux sociaux du running, agrémenté de hashtags niais, de pathos creux ... Tout ça pour glaner du pouces bleus et dire qu'on va courir le lendemain. S'accompagne parfois, en amont, d'un immature comptage de dodos. A quoi cela peut-il bien servir? Nul le sait mais ce fétichisme stérile porte à coup sur la guigne à son auteur ... Bien fait!


2 # Étaler sa préparation sur les réseaux sociaux

Michel et son marathon de dans deux mois ... Toute une histoire , que dis-je, une romance. Une romance d'aujourd'hui qui chante le big bazar! Michel fugace!

Le gars se met en scène au quotidien sur les réseaux sociaux pour nous narrer, avec passion, sa prépa-marathon. Cette mise en scène de soi est un piège qui se referme sur lui. En effet, spectateur boulimique de lui-même, Michel en fait trop! Beaucoup trop! La course aux likes avant la vraie course ... Il explosera au 23eme km et alternera marche et course sur la fin ... Il nous a promis qu'il reviendra plus fort mais recommencera le même schéma de poissard.


3 # Être fan authentique de Martine L.

Être formaté.e au story telling de Martine, c'est un peu affronter les 24H du Mans avec un solex en panne ou le Paris-Dakar avec un sceau et une pelle. On ne va pas bien loin, et surtout pas bien vite. Combo idéal pour une guigne des familles et un strapontin pour l'admiration creuse de godiche sous sponsoring vulgaire.


4 # Jouer les "m'as-tu-vu"

Quand tu n'as pas les moyens de tes prétentions prétentieuses, mieux vaut éviter de se la jouer au départ de ta course. Et puis, ce ne sont pas tes nouvelles chaussures à 275e qui vont te permettre d’accéder au cercle des VIP SUB3H, ta prépa à base de selfies et d'achats compulsifs de tout et n'importe quoi (du Compex jusqu'au gel goût caramel au beurre salé) est beaucoup trop incomplète. Bref, joue la discret et humble, le mur de la déveine est infranchissable pour ce spécimen.

(M'as-tuvuisme, Goût de se faire remarquer, comportement vaniteux, prétentieux. )


5 # Faire la course 10 fois avant le jour J ...

Le gars a le traque, il s'angoisse. Il a beau hurler sur son clavier qu'il ne court avant tout que pour le plaisir, rien n'y fait! Le stress monte. Ne pas partir trop vite. Bien se ravitailler (à base de gels). Éviter le mur. Bien nouer ses lacets. Sourire au photographe. Réussir à faire caca. Bref, tu fais et refais la course avant de la courir. Tu t'épuises (accessoirement, tu fatigues ceux à qui tu exiges du réconfort maladroitement en gesticulant) et t'alignes épuisé sur le départ ... L'infortune sera ton sparing partner jusqu'à la médaille de finisher en 6h12!


6 # Vivre le running à coup de slogans creux et contradictoires

Le fléau des réseaux sociaux, ce catalyseur de scoumoune! A force d'agiter les maracas du slogan niais et creux - du type No Pain No Gain, La douleur est éphémère la fierté éternelle (...) - la fatalité a fini par se trémousser au son cacophonique de ton indigence décomplexée!  La tête guide les jambes, et ce mauvais formatage décousu te guide droit dans le mur du 13eme km!


7 # Jouer le faux cool sur les réseaux sociaux

Toujours ces satanés réseaux sociaux (et dire que s'ils n'existaient pas, nous n'existerions pas non plus!) ... Régis, appelons-le ainsi, joue les cadors humbles et modestes sur Facebook. Il poste ses solides sessions, distille conseil et bons mots à ceux qu'il regarde du haut de son Moi. Une sorte de gourou new age surfant sur la médiocrité moderne.

Les faux-semblant à l'épreuve du réel sur fond d'infortune, ou quand la malchance immanente modère les charlatans ...


8 # Montrer ses bobos sur les réseaux sociaux

Le selfie-pied et la demande de diagnostic on line aussitôt sorti du spécialiste, selfie-radio et selfie-prescription à l'appui! Quand les biais cognitifs (de confirmation et de sélection essentiellement, par lesquels le runner à bobo cherche à minimiser la pathologie et se convaincre que malgré sa double fracture ouverte tibia-fibula, il pourra courir son ultra dans ... 4 jours et DEMI!) réinvente l'hypocondrie, c'est la poisse qui vient trancher dans le sens du DNF!



9 # Dire (faussement) qu'on y va à la cool ...

Le mec qui baratine en disant qu'il y va au "talent" lol , qu'il ne vise rien, qu'il ne s'est pas préparé, revient de blessure, a un objectif le mois prochain, ou encore en disant que ça lui servira de sortie longue ou de footing actif en attendant ... blablabla!

Tout ce cirque pour ne pas assumer son niveau (actuel?), un cirque dans lequel tu joues le rôle du clown malchanceux!



10 # Ce paragraphe est le votre

Nous avons certainement omis quelques mauvaises habitudes de runners 2 et 3.0 dans cette petite chronique, c'est le moment de nous faire part des vôtres, ou de celles dont vous avez hélas connaissances de par votre entourage ou de votre expérience sur les réseaux sociaux. Car oui, les réseaux sociaux nourrissent la malchance et les déconvenues sportives de celles et ceux en quête permanente de reconnaissance et de validation par le Running imbriqué aux réseaux sociaux. S'aimer courir par la médiation d'un Autre, semblable à soi-même (et symboliquement un autre Soi), tel est le piège sanctionné par la malchance, qui en est réalité n'en est pas une. Le retour du concret est implacable lorsque tu t'exposes aux Lois physiques et biologiques ...


On se détend, on dévisse de son smartphone, on s'entraîne sérieusement sans étaler ce que d'autres étalent déjà d'indigence et on progresse un peu bon sang!


Le Joggeur Qui Râle





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