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Technique # Comment distinguer le Runner du Coureur à pied

Mis à jour : janv. 29


Le Running a remplacé la course à pied dans le nouveau grand paradigme du sport pour tous sur macadam et semelles king size à amorti super-puissant.


Pourtant, certains runners, las de tant de médiocrité étalée notamment sur les réseaux sociaux, semblent tenter par un retour aux sources et donc, vers la course à pied et ses "valeurs" tellement plus saines pour le corps, mais aussi (et surtout) pour l'esprit. Les réacs de la Course à pied se sentiraient-ils décomplexés? La revanche du Beau et du Bon sur la laideur du pathos et du superficiel?


Mens Sana In Corpore Sano ...


Le Runner est-il tenté de déménager aux pays des coureurs à pied?




Pour répondre à cette question, il convient naturellement de distinguer le Running de la Course à pied. Car si le langage, et avec lui le runner, communs assimilent les deux, en réalité, ce n'est pas aussi simple.


L'opposition est-elle d'ailleurs si arbitraire de notre part? Ou traduit-elle une réalité palpable?

Éléments de réponse...


1 La foulée

Constat: Le Runner talonne bruyamment et jambe tendue tandis que le coureur à pied pose le pied médio (ou presque) dans une ambiance moelleuse et le genoux s'alignant au centre de gravité au moment opportun.

Conséquence: le Runner est un claudiquant chronique inondant les réseaux sociaux de ses doutes à la cueillette de remèdes miracles empiriques (le petit frère du beau-frère de mon ex-boulanger a eu la même chose ...). Le Runner joue du selfie-pied!

Le coureur à pied entretient le cercle vertueux qui postule le renforcement musculaire idoine, un plaisir décuplé de courir et une résilience à la charge.


2 La posture

Constat: ou plutôt l'imposture du Runner ici qui court au plus facile sans la dignité du gainage minimal. Épaules contractées, poings serrés, le Runner court "assis" et perd le peu d'énergie dont il dispose en inesthétique. Le coureur à pied sait quant à lui que la course, ce ne sont pas QUE les jambes, mais aussi le tronc et les membres supérieurs. Synergique, il gagne en énergie ce qu'il gagne en efficacité biomécanique

Conséquence: ici encore, le Runner est un être bobologique qui se traîne. Il croit y aller au talent en négligeant la base. Pour le coureur à pied, voir (1)


3 Terrain de jeu

Constat: le Runner aime se montrer et investit pour ce faire les courses événements, véritables grande messe du running pour tous avec son dress code. Le coureur à pied aime la boue, la route, la piste et des fois aussi le vélo et la piscine. Point commun: il y sort les babines.

Conséquence: Le Runner se traine au milieu de milliers de semblables amorphes. Émulation du superficiel et du pathos, sacrifice de l'effort et de la perf'! Le coureur à pied prépare ses courses pour y dérouler avec une apparente aisance, faisant dire aux idiots que c'est beaucoup plus dur pour le SUB7H!


4 Réseaux sociaux & #Followers

Constat: Le Runner gesticule ridiculement pour attirer le chaland sur son "espace" et se bâtir une communauté. In fine pour gratter de la reconnaissance factice numérique 2.0 ou pour les plus roublards et opportunistes, vendre de la fanfreluche, du code promo et du lien commissionné. Le coureur à pied joue le jeu du réseau social certes mais a la candeur de jouer la carte de la performance, du labeur et des valeurs inhérentes pour ce faire.

Conséquence: Le Pathos et la niaiserie vampirise les sponsors souvent discount quand seul le coureur à pied élite de chez élite signe chez une MAJOR de l'équipement! Tant pis pour les autres ...


5 Me, myself(ie) and I

Constat: Le runner, c'est avant-tout l'amour du selfie, et en bout de "course" de soi-même. Le Runner n'est pas exigeant. Selfie post-séance obligatoire, il se filme même en train de courir dans le reflet des vitrines. Dingue! Avec des emojis, du pathos niais et des #, c'est encore meilleur. Le coureur à pied joue parfois le jeu pour faire plaisir à ses fans ou pour les plus anonymes, marquer le coup avec les potes!

Conséquence: le Runner ne court parfois que pour pouvoir blablater sur lui-même sur les réseaux sociaux en affichant sa tronche défraichie mais toujours recoiffée après son "entrainement". Le coureur à pied a déjà calibré sa séance a priori et se laisse volontiers aller à analyser certaines données inconnues du Runner. Fier de lui, il partage parfois une grosse séance sur sa page personnelle (jamais sur les groupes dédiés à l'orgie d'égo).


6 Plaisir et/ou performance

Constat: Le Runner, fort de son pathos seconde peau, déclare son amour du running plaisir, pour le fun et la Liberté etc etc et se traîne en cohérence. Le coureur à pied se cale des mines et des boîtes pour stresser tout ça et progresser. Il customise son moteur et sa carrosserie pour foncer et s'inflige des objectifs.

Conséquence: le Runner malgré son pathos étale ses séances via ses captures garmin entre deux crises aiguës de # et de selfie de lui-même et, drogué à la crise d'égo, surrégime et stagne en course. Déception chronique et névrose. Il reproduit le schéma de l'échec en se berçant d'illusion, trop près du mur (facebook et sa reconnaissance factice). Le coureur à pied s'investit, se donne les moyens,, triomphe et dérape parfois, apprenant et ajustant sans cesse. Souple. Le lactique n'est pas inconciliable avec le plaisir.


7 Météo et lessives

Constat: Le Runner revendique autoritairement (ou presque) la qualité de héros quand il file courir sous la pluie, neige ou autre vent dès le force 2. Le mec veut une médaille (ou un badge heroes). Le coureur à pied court as usual peu importe le ciel.

Conséquence: Le Runner mitraille de selfie son parcours "chaotique" et affiche son textile maculé de boue comme un trophée d'ancien combattant encore en activité! Le Coureur à pied partagera à la rigueur sa tenue déglinguée après un cross boueux sauce chantier!


8 Le pathos, parlons en ...

Le Runner se caractérise sans doute avant tout par ce sacro-saint PATHOS. Il a le mot "partage" à longueur d'hashtag et de post niais. Il partage ses doutes, ses peines et ses code promo (il touche une commission sur ta commande). Il court pour le plaisir et pour vivre des moments forts avec ses amis ... absous de la rigueur du labeur, il entend surfer sur le running pour tous, cette masse monétisable (sur le plan pécuniaire ou plus symboliquement en pseudo-lien social et in fine du pouces bleus et du cœur rose). Le runner travaille pour ce faire son image, scripte sa spontanéité. Drainant la quantité, il joue du dénominateur très commun à la masse du peloton. Le coureur éclairé n'est pas de son monde, le runner est dénué de culture athlé!


Mais ...


Le Runner agregé à son semblable fongible dans le creuset du RUNNING finit par trop en faire. Insultant quotidiennement en giga-octets continus le bon sens, la dignité, la pudeur, le sens de la hiérarchie ... pour brosser dans le sens du poil l'Autre considéré et réduit à la qualité de prospect du Moi, le Runner et donc le RUNNING qu'il représente finit par agacer le Runner qui aime courir avant tout, lequel finit par "sentir" l'arnarque, l'entourloupe. Gentil, patient et plein d'enthousiasme, ce Runner là, à mesure de ses progrès et de sa confrontation à la rigueur du pallier qui résiste à l'entraînement, devient insensible à ces camelots à gouaille numérique enrobé de "nous" égoïste.


Il finit de plus en plus à regarder coté Course à pied ... à se contrsuire une petite culture athlé et admirer d'autres athlètes. L'instagrameuse s'effaçant devant le triathlète crossman, le junior taquinant l'élite senior ou le norvégien décomplexé. Il réalise alors que les 29'30" sur 10km signifient bien plus que 450 kilo-followers sur l'échelle du mérite et que le selfie quotidien après un 8 bornes en 54', c'est peut-être sympathique quand on a 17 ans et qu'on découvre naïvement le grand bazar numérique, mais que cela ne sert à rien. Pire encore, que ça aliène et alimente l'égrégore du déclin cognitif collectif. Et que cela ne fait pas courir plus vite.



Bonne transition.



Le Joggeur Qui Râle


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