Tendance: Courir le cul nu | LJQR

Phénomène de mode ou exhibitionnisme isolé ? Les selfies-cul et autres étalages de chairs se multiplient sur les réseaux sociaux et il n’est pas rare désormais de voir le trailer « minimaliste » défier la concurrence dans le plus simple appareil au sein des pelotons du dimanche matin !


Au-delà de la pudeur et de la morale, qu’en dit la LOI ? Et la psychiatrie ?

Le droit positif


(réglementation applicable)

Rassurez-vous, nous ne vous étoufferons pas avec un cours magistral de droit pénal, tout au plus quelques rappels et précisions.

Avant 1994, le droit pénal français condamnait l’outrage public à la pudeur (article 330 du code pénal ancien). La dénomination du délit laisse entrevoir la connotation morale de l’interdiction.


O Tempora, O Mores …

1994, exit l’outrage public à la pudeur, place à l’infraction d’exhibition sexuelle (article 222-32 du code pénal) ! La société plus libérale assouplie plus qu’implicitement les mœurs et ses comportements ! Ce comportement postule l’exécution en public (…) d’actes sexuels susceptibles d’outrager la pudeur (on retrouve notre pudeur à ce stade) d’autrui. Exécution active (sexualité) ou passive (exhibition d’une partie du corps à caractère sexuel si elle est volontaire).

Le simple fait de se dénuder ne rime désormais plus nécessairement avec infraction pénale. C’est l’époque. Avalanche de «cul » sur nos écrans et dans nos pelotons ? Les comportements sont assurément des questions de fait que le juge apprécie le cas échéant. Individuellement, le quidam jugera bien souvent à l’aune de la Morale, le spécialiste à la lumière de la psychiatrie.


Que disent les sciences humaines ?


On aime tous se dénuder (plus ou moins au retour des beaux jours). Marcher pied nu dans l’herbe ou faire tomber la chemise participent assurément d’un désir de contact avec la nature. Certes.

Nous ferons ici davantage allusion à ces trailers très désinhibés ayant tendance à montrer leur cul en haut des cimes avec l’immortalisation numérique du selfie ! Un cul faisant de l’ombre au Mont-Blanc est-il le bonheur du narcissique-histrionique ? Le porte-dossard est-il la feuille de Vigne des Adam et Eve du nouveau Monde ? Cette tendance à parader le cul à l’air, si possible en public (soit directement, soit via la diffusion de « l’outrage » sur les réseaux sociaux), a un nom en psychologie …

L’apodysophilie

Ou ce besoin urgent et insistant de se déshabiller, d'exposer sa nudité aux yeux des autres dans des lieux inappropriés, pour attirer l'attention, répondre à un besoin, soulager une tension voire une souffrance.

La démocratisation du RUNNING / TRAIL offre un fabuleux terrain d’expression à l’exhibitionniste (exhibitionnisme et apodysophilie ne se recouvrent pas totalement en terme pathologique) délaissant le short mais gardant souvent chaussures et ...chaussettes ! Certaines traileuses délaissent même le CamelBak au profit du CamelToe …

Pis encore, l’explosion des réseaux sociaux dédiés au trail/running a permis une déclinaison « 2.0 »

très complémentaire du trouble. Le privé et l’intime pouvant d’un clique se propager dans le public … Ou les belles perspectives de l’apprenti exhib’!

En conclusion, la frontière entre le comportement sain (tomber le t-shirt pour prendre le soleil), contestable (le besoin de se « montrer ») et répréhensible (montrer sa bite!) est parfois ténue. La Morale et la Pudeur n’ayant plus réellement droit de citer dans le monde Moderne du Progrès, ne demeure plus que la Loi laxiste pour épargner à nos âmes ce spectacle de fin de civilisation.



Le Joggeur Qui Râle




Article précédemment publié sous un autre pseudonyme et pour un autre média

 

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