Test # Running, illusion et aveuglement collectif | LJQR

Le running est-il source d'illusion et d'erreur de perception collective? A contre courant des études postulant l'élévation mentale et spirituelle par la pratique du running, notre contribution fait le point sur ce phénomène pour démarrer 2021 dignement.





C'est quoi une illusion d'optique ?


On appelle illusion d'optique une perception visuelle qui s'oppose à l'expérience de la réalité qu'on peut avoir par ailleurs.

Les illusions d'optique surviennent naturellement ou sont créées délibérément par des dispositifs qui utilisent certains principes de fonctionnement du système visuel humain. Dans le spectacle, les illusionnistes en tirent parti ; ces perceptions sont aussi les expériences dont les neurosciences disposent pour expliquer la vision.

Du point de vue subjectif, on peut distinguer deux sortes d'illusions. Les erreurs d'appréciation nous laissent persuadés d'un état de chose qui ne correspond pas à la réalité. Les paradoxes visuels font douter de ce qu'on voit ou hésiter quant à l'interprétation. Les études sur la perception affinent ces catégories. Elles distinguent ce qui relève des limites du système visuel physiologique, les distorsions, les ambiguïtés ou l'instabilité d'interprétation, et les paradoxes. (Wikipedia)




Running et illusion


Runner de France et de Navarre, si l'image d'illustration de notre article ne se fige pas après deux secondes de focus, c'est que vous ne pouvez aspirer raisonnablement à courir le marathon en moins de 3h ... bruit de saphir déchirant le sillon! Ceci est une facétie de votre auteur.


Ici il ne s’agira pas vraiment d'illusion d'optique mais d'illusion sociale!




Dans l'illusion de Müller-Lyer, les traits horizontaux ont tous la même longueur. En l'absence de marques, on les évalue différemment.


Selon le contexte, un élément invariable (et par extension un événement) sera perçu et interprété différemment par l'observateur. L'effet de groupe/grégaire renforce l'erreur en confortant le sujet (Expérience de Asch) par la cohésion de groupe.





Quand Bastien-Aristide publie sur sa page facebook officiel - ainsi que sur quelques groupes dédiés au running - sa sortie quotidienne (en l’occurrence et par exemple un 11km en 1h43min agrémenté de la capture @Garmin qui va bien et LE selfie du #Nopainnogain qui va avec) et qu'il collecte pour cela pouces bleus et bienveillance putréfiée dans la veine de "t'es une machine", "belle session" ou autre "sa a piquer mais ca va payer mon pote!" (liste hélas non exhaustive), une illusion sociale se crée.



Une illusion sociale qui n'a d'optique que l’aveuglement collectif suscité


Le runner est un aveugle dans un monde de sourds. Héros quotidien de l'exploit qui n'en est pas un, il se répand sans pudeur sur les réseaux sociaux en quête de sa dose quotidienne de reconnaissance numérico-sociale, à défaut de mieux dans sa vraie vie (sentimentale, sexuelle que sais-je, professionnelle mais surtout sportive). Ne chargeons pas trop la barque, c'est au fond assez triste. La vie urbaine et ses pathologies?


Conforté et même confirmé dans sa qualité par une audience abstraite composée d'Autres lui-même régis par le même schéma, le runner a créé un microcosme, un univers parallèle et son corpus de règles, valeurs, et même ses divinités et interdits! Une société bis en pire. L'enfer c'est les autres en soi ...


Individu atomisé du tableau périodique, le runner se fédère à son semblable par la covalence. Le dénominateur très commun de l'égo mou qui se nourrit et se satisfait vainement de miettes de la gloriole portant promise par les réseaux sociaux!


La névrose guette et désormais le moche est beau, l'impudique est public, l'insignifiant est inspirant, le moribond respire la santé ...


En roue libre, le runner et avec lui ses kilo-semblables du Net gesticulent dans le néant de leur paradigme décati. Le seul exploit accompli est l'abrogation pure et simple de la pudeur, de la rigueur et du sérieux (dans son acception la plus large) ...


Parachevant l'uploadisation du runner 2.0 en runner3.0, Bastien-Aristide et ses semblables sont désormais fiers d'étaler leur insignifiance, vindicatifs et militants du Rien à destination de Tous (en réalité à personne d'autres qu'à eux-mêmes).


Ainsi, et désormais, le réel ne se vit qu'à travers la médiation numérique de l'Autre (son semblable pléthorique et automate à pouces bleus et bons mots).


Le Runner 3.0 s'est érigé via cette matrice en spectateur de lui-même. Parfois, il se like lui-même. Souvent. Aveuglé tel Narcisse dans sa flaque croupie, l'illusion sociale devient peu à peu d'optique! Le leurre s'inscrit dans la chaire, dans les sens ...


Je vous laisse, Marie-Géraldine vient de débuter un LIVE de sa sortie en forêt de Meudon, la dernière fois elle s'est vautrée dans la boue après avoir été effrayée par l'aboiement d'un Border Collie ^^ ... J'en ai encore mal au bide!



Bon atterrissage.

Bonne chute.


Le Joggeur Qui Râle




 

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