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Le #Finisher a-t-il du mérite?

Updated: Dec 28, 2019

Peu de place sur un podium ...

Historiquement 3. Insuffisant pour la plèbe courante en quête de toujours plus de reconnaissance, de son dû! Aussi, les organisateurs ont su élargir les honneurs sur certains événements.

Ainsi, un classement par sexe, puis par catégorie, lesquelles catégories ont été éclatées en une nébuleuse de tranches ... Dilution des honneurs pour les puristes forcément aigris dans leur narcisse légitime ou partage autorisant la communion de tous? Fausse bonne question! Hélas, malgré ce grand n'importe quoi que sont devenus les podiums à rallonge (avec larsen et speaker approximatif ...), de trop nombreux runners compétiteurs du dimanche (sens propre vs sens figuré) devaient se contenter des goodies en forme de chinoiseries voir d'un t-shirt comme seule récompense. Sympathique mais vite trop commun. Le marketing ayant horreur du vide et sachant contenter mollement la masse par son ingéniosité, eureka s'écriait-on!

 Exit les podiums et les honneurs méritées. Désormais, l'honneur est inhérent à l'inscription à une course. Il suffisait désormais de s'inscrire, de PAYER son dossard (et accessoirement de finir, quitte à faire 1h59 sur 10km) pour avoir droit au Graal: la médaille et la sacro-sainte qualité de FINISHER!!!




Portrait  robot du finisher (on le caricature un peu pour que tu puisses feindre de ne pas être concerné, nous sommes sympathiques ici!)

 L'important est de participer s'exclame déjà les plus ...lents! Admettons! Pourquoi dès lors es tu si fier de nous montrer ta médaille fabriquée en série  et distribuée comme des quartiers d'orange à la fin de cette course-événement? Les paradoxes te filent la migraine n'est ce pas, dégaine donc ta flute anti-bon-sens ...!

Finisher de TON marathon en 6h34, de TON semi en 2h48 ou de TON 10km en 1h69 (tu fais fort!), mazel tov, il faut que ça se sache! Selfie, clic clac, c'est dans la boîte ... tu comptes désormais tes notifications facebook ... ta cohorte de supportrices est en transe, et toi, tu jubiles! Savent-elles seulement que tu appartiens davantage au clan des tortues qu'à celui des lièvres? Pas de place pour les fables pourtant ici. Les faibles, eux, sont autorisés.

 Tu nous fais chier avec ta breloque et ton chrono de neo-ex-fumeurs de Marlboro! Sérieusement! Tu arbores ton t-shirt du Marathon de Paris (le MdP) à chaque course, à chaque sortie, à chaque selfie! "Moi je" fait textile! Très près du corps.

Bon, tu t'es reconnu ou tu as reconnu un trop proche de toi? Bien. Tentons alors une analyse cognitive de ce fléau exponentiel!

 Digression psychanalytique du cognitif déprimé du Finisher

 Aie ce titre! Sommes-nous titulaire d'un doctorat ou d'une chaire universitaire pour ce faire? Sûrement pas, c'est pour cela que notre bon sens et notre sens de l'observation saine et épargnée prévalent sur ces poncifs pompeux castrateurs de l'intelligence! Oui, nous allons très bien!

Pas assez bon pour le podium (trop gros, trop vieux, trop rien, pas assez compétiteur ...) mais doté d'un ego pas totalement raboté par le diktat de l'esprit running 2.0, tu sens en toi cette envie irrépressible de reconnaissance. Tu aimerais être bien "celui qui"! Nous n'avons pas toujours les moyens de nos ambitions, hélas! Dura lex sed lex, de la nature!

Ton cercle n'y connait rien à la course à pied, aussi la médaille affichée et le sobriquet de Finisher ont ce petit truc d’ésotérique qui te vient en aide et te fait entrer dans le cénacle des sportifs accomplis. "Mon beau-frère fait de la course, il a des super résultats" récite calmement Nathalie au bureau à Eric (4eme en 35'18" d'un 10 km la veille dimanche). Eric, taquin (et lecteur en douce du joggeur qui râle) jette un coup d’œil sur le site de la FFA pour constater sans surprise que ledit beau-frère appartenait au même peloton que lui dimanche. Anecdote. Verdict, 59'58". Il a cassé l'heure! Tel aurait dû être la seule fierté de ce Finisher qui s'étale pourtant sur les réseaux sociaux, la médaille férocement rivée entre ses dents. Rageur! Rageux?

Pour ceux qui savent, tu ne fais soit pas illusion longtemps! Ouf, tu as des semblables, vous vous complaisez hypocritement dans ce contentement lowcost (Marathon de Londres en Ryanair)!




Las d'arpenter les courses régionales sans jamais grimper sur la boite, malgré tes efforts, tu t'es fait une raison. Un minium honnête avec toi même, même carrément pas connard, tu ne sais te contenter d'être le finisher de course sans vrai relief! Aussi, quant à finir hors de la "boite", autant faire ça bien.

Ta résolution sera de savoir apprécier de finir un parcours, mais un parcours délicat, compliqué, impliquant! Trail de 50 km et plus si affinités par exemple. Tu vomis la joie du marathonien ego-centré estampillé finisher de par le monde ... trop vu. Trop facile (tu es devenu toi même un brin élitiste, dis donc!).


Ainsi, insatisfait et sentant l'arnaque de la reconnaissance mutuelle mais molle de la plèbe numérique sauce esprit running 2.0, tu as décidé de devenir un Finisher de grosses courses exigeantes pour lesquelles la selection - le tri sélectif - se fait non par sur le prix du dossard ou autres considérations subalternes, mais sur le parcours.... Après tout, être finisher d'un trail de 65 km D+ 1550m, ça a un peu de gueule! Et surtout, ça ne s'achète pas!


Pour les autres, il faudra faire avec les contradictions et le dérisoire!


Le Joggeur Qui Râle

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