Trophée # Ce traileur si fier de sa blessure ...

Mis à jour : janv. 31

On a les gloires qu'on mérite parait-il, sauf usurpations et faux-semblants. Hélas, tu n'as su ni triompher ou accrocher une place honorable ni même, blasphème moderne du saint-runner,  décrocher le Graal finisher ... qu'importe!

Notre chronique n'aura pas pour objet de traiter la justification par le runner-traileur de sa contre-performance (ou alors incidemment), au contraire. 

Nous nous pencherons plutôt sur le runner-traileur mettant en avant sa blessure comme un vrai trophée, un mérite, un saint-Graal, la révélation par laquelle il conviendrait de passer pour appartenir à une obscure confraternité ... Une mystique incompréhensible. Clinique? 




Le trail - qui est un peu à la course à pied ce que le rugby est au sport collectif (en terme d'esprit ...) - est en voie de dévoiement accélérée. La médiatisation de KJ et la couverture 2.0 du dernier UTMB (avec au passage un retournage de veste idolâtreux vers une nouvelle icône par les runnix - soit les footix du running) sont un peu le zénith de la discipline en terme de rapport attractivité/confidentialité (soit le ratio idéal avant le déclin). Après, ça sera moins bien ... Bref, ici n'est pas le propos qui sera à n'en point douter l'objet d'une prochaine chronique, nous attendons seulement que le mur se fissure encore un peu plus pour ne pas heurter les néo-pleureuses à barbe ...



État des lieux

Le trail, c'est exigeant. Certains terrains riment même avec danger. Les sens sont en éveil. Proprioception et harmonie avec la nature. L'esprit trail sans sponsor. Dame nature n'est  avare ni en ludique ni en splendeur!


Mais voilà, à flâner béatement en flow avec le chant des castors, ou à te prendre pour KJ (du pauvre), le retour à la réalité se montrait aussi implacable que la Loi de la Gravité!

Bref, je fais du .... de la chute libre sur la caillasse. Le runner-traileur n'échappe guère aux dérives narcissiques du coureur d'asphalte lambda. Il en fait trop pour pouvoir briller sur les réseaux sociaux de l'extrême FB), d’où une dérive vers l'excès qualitatif/quantitatif. L'addition est sans crédit mais la note grevée de frais!


Ennemi de la gabegie, autant profiter de la situation pour faire mousser ton réseaux, tes followers, les badauds amateurs de sang, les curieux oisifs, bref la runningosphère 2.0 à laquelle fait désormais partie intégrante (avec en bonus le zèle du débutant dans l’arène - le trail sur l'Internet brasse désormais un public main stream très "criquet") le trail spirit! Le selfie et le compte rendu de sortie anecdotique y sont maintenant des grands classiques de la publication post-sortie! Même la plus-value de la belle photo du spot montagneux ou forestier y est sur la sellette maintenant que crapahuter trois marches est assimilé (urban) trail .. triste époque.


Bref, ta guibole tordue est en gros plan sur Internet avec commentaire mi-déterminé mi-déprimé .. la schizophrénie numérique. Les commentaires pleuvent.




Justement, ces commentaires ...

Un recueil de vide cognitif. Le néo-traileur narcissique blessé fédère ses semblables autour de lui ... savourons le privilège d'assister à une réunion numérique et publique de ce tableau étonnant!


Compassion et empathie molles composent  la couverture nuageuse de ce ciel d'automne. Il ressort une impression étrange. Un truc d'ado en quête de sensations fortes (en réaction à une victimisation par ailleurs?). Le traileur blessé suscite une forme d'admiration. Le mauvais moment de la douleur passé, le reflux laisse un traileur barbu avec à la jambe un trophée. Un truc qu'on lui envie presque. L’hommage rendu à l'ancien combattant estropié .. le quart d'heure de gloire entrecoupant des journées moribondes ... Le traileur blessé est un dur et ne se plaint pas, il en aurait vu d'autres parait-il. Dur pour lui d’admettre, voir même de seulement envisager intellectuellement que ses jérémiades sont de la pleurniche numérique ... l’intermédiation 2.0 et ses facilités!


Tes semblables semblent t'envier. Ils aimeraient - eux aussi - s'afficher en caporal blessé sur le champs de bataille ... la barbe désormais main stream ne suffit plus à jouer les baroudeurs  façon Mike Horn. Il en faut plus! Délicat quand on est douillet ... alors on admire de loin. Certains seraient même secrètement jaloux de l'attention portée à ton bobo! Tu en joues subtilement, tu savoures cette empathie à ton adresse ... tu es pathétique!


Un "vrai" traileur (en réalité le traileur qu'on qualifiera authentique est très loin de tout cela, il en existerait encore parait-il, même si sur facebook il se fait rare comme un esturgeon dans la seine)  se doit d'être passé sur le billard, d'avoir des cicatrices, de courir blessé pour susciter une admiration factice de groupies décérébrés et  numériques!


Nous n'avons dans le cadre de cette chronique pas pris le soin - par paresse ou par manque d'attrait pour la besogne - de balancer quelques exemples de prose dégoulinante de mièvrerie compassionnelle superficielle, le lecteur aura sans nul doute déjà eu le malheur de voir ses (propres) yeux croiser cette bouille infâme ...




Tu reviendras plus fort, c'est promis ...

Tel Johnny annulant une date pour cause de cancer du renouvellement, Arthur le traileur barbu baroudeur s'est cru obligé de rassurer son public  en alerte. Il fomente déjà son retour. Plus fort, plus fou encore et même pas peur de rechuter!

Arthur vient de "share" sa participation à un jeu concours pour tenter de décrocher un dossard select à un ultra autour d'un lac de montagne ...

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